Voici d'autres photos. Les premières sont de Jean Pierre Dick et l'autre est de Raphaël Dinelli.
Les photos de Jean Pierre, je les ai sélectionnées car j'avais un à priori au début du Vendée Globe sur lui (méditerranéen, a casse son mat dans les courses précédentes, ...). Je pensais que ce marin poussait trop sur la machine et qu'il n'avait pas l'expérience nécessaire pour réaliser une telle course.
Mon comportement a changé au fur et à mesure de son Vendée Globe. Suite aux problèmes rencontrés durant son périple (problème de moteur, mains dans un triste état, casse de la bôme, réparation, ...), je me suis dit que finalement il méritait sa place parmi les légendes ayant réussit à faire un Vendée Globe. J'ai même été voir sa rentrée dans le chenal et écouté ses commentaires après son tour de l'Antarctique.



La photo de Raphael représente exactement ce que je pense de ce genre de course. Il ne faut regarder que ces yeux. Pour faire partie de ces grands marins, il faut le mériter, prendre des risques, se faire peur parfois, ....

Il ne s'agit pas de photos du dernier Vendée Globe mais du premier. En effet, ceux qui me font rêver, ce sont les pionniers, ceux qui veulent vivre une aventure avant de réaliser une course ou un record.
Pour cela j'ai choisis la photo de Lamazou qui a remporté le premier Vendée et VDH sur Adrien lors du Global challenge.
La photo de Titouan me fait réfléchir sur les dernières aventures humaines qu'il reste en voile : tour du monde en solitaire et sans assistance traversant entièrement les trois océans (Indien, Atlantique et Pacifique) du nord au sud et d'est en ouest, tour de l'Antarctique en solo contre vent et marées avec départ de France en mai, global challenge en multicoque et en solo, ...

La photo de VDH représente a la fois la déception d'avoir démâté mais également la force de repartir de nouveau pour établir un record.

Je me prends de temps en temps à rêver de ces marins lors de leur découverte des mers du sud, milieux a la fois fascinants, mystérieux et dangereux. Ressentir en partie leur sentiments lors du passage d'un cap et le plus fameux d'entre eux : le Horn.
Ces pionniers me font rêver alors que la plupart des marins actuels ne pensent plus aventure mais régate et victoire.
Par exemple, pour les courses comme le Vendée, ceux qui me font rêver sont les derniers et non les premiers. En effet, ce sont ces skippers qui passent le plus longtemps sur l'eau, dans les mers du sud, ...
Ils sont également moins médiatisés donc moins sollicités lors des vacations. Les quelques jours durant lesquels on n'a peu de nouvelles voire pas me fascinent car ces marins redeviennent solitaires durant quelques jours dans la tête de ceux qui les suivent par le biais des vacations et des dossiers de presse, alors que ceux dont on a des nouvelles quotidiennement disent beaucoup de choses (même s'ils en gardent pour eux et leur équipe à terre).
Bref les photos choisies ne sont pas des photos de joies ou de victoires mais des photos permettant à chacun de réfléchir sur les aventures actuelles et sur les personnes qui les ont faites. Aventures que peu d'entre nous réaliseront dans le futur (d'où un rêve réalisé par l'intermédiaire des livres et des vacations de ces marins).
Vous vous souvenez de Benoît Parnaudeau à bord de Max Havelaar ? Un gars exemplaire dans ce Vendée Globe, parti sans aucune ambition au classement, juste l'envie de faire un beau tour en mer sous la bannière du commerce équitable et il l'a fait ... j'en ai déjà un peu parlé ... aujourd'hui c'est la suite de ces articles (ici le premier pour son arrivée et ici le second datant d'hier).
Benoit incarne mieux que personne l'esprit du (premier ?) Vendée Globe
Alors que les 2 derniers concurrents s'apprêtent à franchir la ligne, je me demandais qui mieux que Benoit incarne dans ce Vendée Globe la passion que j'ai, et peut-être vous aussi, pour la mer ?
Le mot n'est pas trop fort : Benoit Parnaudeau a incarné pour moi tout au long de ce Vendée Globe toutes les dimensions qui font la richesse de la vie en mer, et cela en nous rapportant fidèlement tous les jours ses moments de joie comme ses pires moments de doute, de peur, de souffrance. Il serait trop long de faire une explication de texte, surtout que l'animal a été prolixe, autant voire plus que moi ;-). Rien qu'avec ses messages envoyés quotidiennement au comité de course il y a de quoi faire une thèse entière (j'invite d'ailleurs les étudiant à se lancer, ce serait à n'en pas douter passionnant !). Voici quelques illustrations pour donner corps à cette 'incarnation'.

Jaime bien cette photo de Benoit à larrivée : après un tour du monde en solo
le dur retour à la réalité du XXIième siècle sillustre par les horribles cages à poules (lanimal aux grandes oreilles est interdit de cité chez les marins) bien visibles en arrière plan. Avec Benoit qui porte un message un peu écolo sur les bords, le contraste est saisissant. Dun côté son exploit et lesprit dans lequel il la fait et de lautre cet amer remarquable de la civilisation moderne.
Le plaisir simple d'être en mer
Je ne résiste pas à la tentation de vous citer in extenso un message de Benoit, un pur bonheur ... "Je me rends compte que le bateau est costaud. Ça donne confiance. Je lui parle, je lencourage. Il y a un perpétuel dialogue entre nous. Quand il souffre, il craque, ou produit des bruits anormaux. Je suis toujours à laffût du moindre son que je ne connais pas. Et quand il est content, leau qui glisse sous sa coque le fait ronronner."
Voilà le plaisir de naviguer à l'état brut : tous les sens se mettent en éveil. Benoit parle ici de l'ouie mais pour qui l'a vécu il est facile de décliner ces émotions procurées par la vie en mer pour d'autres sens comme la vue ou encore le goût ou l'odorat qui en mer accèdent à une autre dimension celle de l'hypersensibilité, faute de stimuli ...
Partir autour du monde c'est aussi partir à sa propre découverte, faire une expérience initiatique : apprendre à se connaître soi-même
Ses propres limites ... physiques lors de la navigation dans le sud
Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) : « Hier, cétait un temps à grain, avec 60 nuds et des pentes pas possible où le bateau enfournait quelque fois jusquau mât. Jétais sous 4 ris et la trinquette. Ce quil faudrait, cest daffaler la grand-voile avant les passages de grain. Mais ce nest pas possible, cest trop dur à renvoyer après
». Face aux éléments naturels, à leur force titanesque, l'homme est tout petit, son arme : trouver l'équilibre ... une sacrée école de vie !
Ses propres limites ... mentales en lutant contre sa peur au milieu des champs d'icebergs
Benoît Parnaudeau (Max-Havelaar) à l'entrée du Pacifique Sud "Je me suis retrouvé dans la pétole (zone sans vent). Pour continuer de progresser, jai été obligé de me bagarrer pendant plusieurs jours contre ma conscience et les éléments pour accrocher un flux de sud-ouest, qui ma emmené au sud dans les cinquantièmes (là où les concurrents précédents ont signalés des icebergs, ndlr). Jétais devant un choix : jy vais, jy vais pas ? Cela a été un combat pour faire avancer le bateau dans des endroits où je ne voulais pas aller. Un combat contre mes peurs" (in les chroniques de l'Huma 8 janvier 2005) ou encore dans l'un de ses célèbres mails quotidien à l'organisation "Je suis relativement sud (Note 1) et j'arrive dans l'endroit des glaces ... mais je n'avais pas trop le choix. Je sors toutes les vingt minutes pour faire un tour d'horizon. Ce serait de belles conditions pour faire de la voile mais je flippe... Je n'arrive pas à me dé-stresser". Et oui l'homme est un animal pensant et souvent beaucoup de choses se passent dans sa tête !
Ne pas croire que Benoit était sur le Vendée Globe juste pour l'aventure ... il est aussi un compétiteur dans l'âme
Benoît Parnaudeau (Max-Havelaar) « J'ai eu une frayeur dans le Sud. Le bateau s'est couché. Il a tenu. Ça m'a donné confiance pour aller plus au sud encore. Du coup, ma route était plus courte, avec plus de vent. J'ai rattrapé Anne et j'ai couru avec Bruce ». Et Benoit ajoute à son arrivée "après les glaces étaient vraiment très nombreuses et cela ma calmé". Voilà ce délicat mélange aventure/régate qui faisait tout l'intérêt et l'esprit des premiers Vendée Globe était bien présent dans cette édition 2004 dans la course de Benoit. Et quand il était trop éloigné des autres concurrents pour régater avec eux, Benoit régatait contre des chimères : aller aussi vite que Titouan Lamazou vainqueur du premier Vendée Globe ou encore battre le temps du basque Didier Muntduteguy sur le même bateau dans l'édition précédente, Benoit en était dailleurs le préparateur. Le Vendée Globe est bien une course ... même pour les 'retardataires'.
Benoit c'est aussi ...
Un amoureux transit à qui sa douce, laissée sur le quai pendant 4 mois, a beaucoup manqué
Tout au long de son tour du monde Benoit n'a eu de cesse d'avoir des pensées pour Anne-Maï, allant même jusqu'à dire sur la fin lorsque la solitude se faisait pesante, qu'il avait envie de revoir du monde et de pouvoir à nouveau dire "je t'aime".

Benoit et Anne-Maï se retrouvent à larrivée
Une méthode infaillible pour arrêter de fumer
Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) : « Aujourd'hui (jeudi) est un grand jour. Eh oui, j'arrête de fumer : il reste une clope a bord, qui la veut ? Depuis le temps que j'en rêvais, halte à l'esclavagisme de la cigarette. Si y en a que ça intéresse, on peut arrêter ensemble. Bon courage ! ». A l'arrivée Benoit déchante un peu "Arrêter de fumer en course nétait pas une très bonne idée; la cigarette permet en mer de réfléchir à deux fois avant de faire une bêtise". Mais au final lors de la conférence de presse Benoît confirme que pour lui c'est fini le tabac « Une bonne clope m'aurait bien aidé à faire passer le stress. Je n'ai plus fumé depuis le cap Horn (ndlr, en fait il semble que des gens bien intentionnés aient caché des clopes un peu partout et que Benoit ai pu fumer encore longtemps après 'sa' dernière clope). Mais je suis content, sinon je me serais pourri les poumons comme un âne ! ». Vous voulez arrêter de fumer ? Suivez l'exemple de Benoit ... faites le Vendée Globe !
Le projet Quai 17
Benoît est le gérant de Quai 17 Challenges, une coopérative installée à La Rochelle. Il y construit avec des jeunes en difficultés un prototype de 6,50m, bateau de course de la classe mini, type de bateau sur lequel Benoit a participé à la Mini-Transat (renommée récemment en Transat 6,50), comme d'ailleurs beaucoup d'autres concurrent des Vendée Globe (c'est le cas par exemple de Karen L. encore en mer). À terme, Benoit espère créer un centre de préparation pour la course au large.
Enfin pour les courageux qui auraient atteint la fin de cet article sachez qu'il y a quelque chose qui me rapproche de Benoit : il lui manque un oeil, comme à moi. Cela ne change pas grand chose dans la vie de tous les jours, le seul handicap léger c'est que sans vision binoculaire (avec les 2 yeux) et bien on ne voit pas en relief et sur un bateau le relief c'est utile par exemple pour bien régler les voiles ... voir où se situe son creux, devinez les mouvements de penons. Pour vous faire une idée de ce très léger handicap : essayez de fermer un oeil et faites quelques gestes simples comme par exemple remettre un capuchon sur un stylo ... Vous allez vous rendre compte que vos gestes deviennent gauches ... il vous manque une dimension : la profondeur reconstituée par le cerveau à partir des infos en provenance des 2 yeux décalés de quelques centimètres.
Note 1 : Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) a dû se décider à mettre du nord dans sa route pour passer la première porte placée par l'organisation dans le Pacifique. Benoît le rochelais a même été relevé à seulement 28 milles de la position la plus sud de Jean Le Cam dans ce Vendée Globe 2004 (et dieu sait que Jean a sacrément coupé le fromage pour engranger des miles d'avance qui ont fondus comme neige au soleil dans un trou de vent juste après avoir franchit le Cap Horn !).
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. Révision 1.0 du 11/03/2005 : cet article aurait dû paraître 'automatiquement' en ce lundi 7 mars à la suite des autres articles sur Benoit mais la technique en a décidé autrement donc je le publie à la date de ce jour et comble le 'trou' de lundi avec un tout petit article.
J'ai oublié de parler d'un marin dans mon texte "La vie des forums depuis le Vendée Globe 2000" ... un vrai marin navigateur qui a été l'un des piliers de ce forum du VG 2000.

Il s'agit de "Micmarin", un belge de Bruxelles, qui a su pendant tout le Vendée Globe nous faire part de ses jugements de professionnel en parlant des navigations des différents skippers. Mais il a surtout su nous raconter le début de la réalisation de son grand rêve : "faire le tour du monde sur son voilier le plus lentement possible"... Il nous a raconté la réalisation des travaux sur son bateau avec un réalisme et une poésie attachante. Pour les accrocs du VG2000, il était et reste une "figure" de ce forum et un exemple.
J'ai eu le plaisir de passer un "week-end végéen" en sa compagnie (et celle d'une dizaine d'autres forumosaures) chez nos amis Nestor et Maorie à Avignon en Novembre 2001.
Le 07 juillet 2002, il a quitté Ostende direction l'Ecosse à bord de "La Miséricorde".
Il a écrit ceci en parlant de son départ :
"11 heures, un peu de famille sur le ponton, quelques amis du port, de la joie, des aux revoirs, des souhaits de bons vents et des grands signes de la main.
Je largue les amarres et en route.
Sept mots, qui sonnent dans ma tête : « je largue les amarres et en route ». Sept mots ce nest pas beaucoup, mais ils réalisent un rêve. Finalement, ce nest pas si compliqué, il suffisait donc de sept mots pour que mon rêve devienne réalité, jaurai mis une quinzaine dannées à le comprendre, comme quoi tout est possible, il ne faut jamais désespérer, tenir bon, ne pas se laisser détourner du chemin que lon simpose, pas de concession ou si peu, de la ténacité."
Pour suivre ses voyages, il a créé un site Internet où nous pouvons lire son livre de bord où il nous apprend beaucoup de choses sur la vie des oiseaux notamment... et ceci d'une manière très attrayante.
L'adresse de son site est : http://www.lamisericorde.free.fr
Une très belle histoire, un beau rêve qui se réalise.
Lani
Le concours "photo commentée" est rouvert pour désigner la plus belle photo prise en mer par les skippers accompagnée d'un petit texte (explicatif/poétique ou autre) sous votre plume. Envoyez-moi vos propositions par mail, je publierai l'article sur le blog, tel quel.
Le gagnant sera désigné par l'ensemble des lecteurs : ce sera la photo qui aura reçu le plus de commentaires; solution simple, efficace et accessible à tous pour voter !
Le premier prix est le livre d'Ellen Mac Arthur (cadeau de Noël reçu en double)... dédicacé par ma pomme si vous le souhaitez.
Précision :
- les photos amateurs des spectateurs du Vendée Globe sont aussi autorisées à concourir.
- le concours est ouvert à tous excepté à moi-même, le nombre de contribution n'est pas limité pour une personne.
Pour vous lancer voici quelques suggestions de belles photos, à vos plumes ...

Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) ... aime les couchers de soleil
http://www.vendeeglobe.org/picpopup.php?L=FR&T=photos&theme=0&linkedfrom=0&I=2569
http://www.vendeeglobe.org/picpopup.php?L=FR&T=photos&theme=0&linkedfrom=0&I=2496
DominiqueWavre (Temenos) aime ... le gros temps
http://hausser.ch/breve.php3?id_breve=86
http://www.vendeeglobe.org/picpopup.php?L=FR&T=photos&theme=0&linkedfrom=0&I=2341
http://www.vendeeglobe.org/picpopup.php?L=FR&T=photos&theme=0&linkedfrom=0&I=2259
http://www.vendeeglobe.org/picpopup.php?L=FR&T=photos&theme=0&linkedfrom=0&I=2202
Et Ryme ... aime et suit le Vendée Globe depuis la terre
http://spaces.msn.com/members/lautrevie/
