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Le Vendée Globe 2004 ... vous trouverez sur ce blog un suivi de la course en marge du discours officiel avec un article quotidien du 16 décembre 2004 à fin mars 2005.

 

Bonne lecture à tous ...

 

 

Mardi 8 mars 2005

Dans ce Vendée Globe Marc Thiercelin (Pro-Form), qui vient de terminer hors course ce week-end, m'a un peu donné l'impression, comme me l'a soufflé mon pote Bernard, d'avoir 'craqué' ... si je me permet une telle affirmation ... c'est que certains faits étayent cet opinion ... voici mon analyse de la course de Marc.

 

 

La course et ... le hors course de Marc Thiercelin

(Sous-titre : histoire de rêves brisés; celui de Marc et accessoirement par ricochets ... l'un des miens)

 

Pro-Form au près sous une pluie battante … un petit air de nostalgie

 

Marc a monté son projet avec la ferme intention d'être aux avants postes de la course et de faire mieux que second comme lors de sa première participation au Vendée Globe en 1996-1997 (course d'ailleurs sur laquelle il avait dit qu'il ne reviendrait plus à l'issu de sa seconde participation, mais c'est réellement un petit détail : il est reparti pour ce troisième Vendée Globe avec une faim de victoire).

 

Dès les premiers jours de course, Marc s'est retrouvé décroché n'arrivant pas à tenir le rythme fou imposé par les premiers (Josse, Riou, Le Cam, Golding, Jourdain ... du beau monde, d’ailleurs il n’est pas le seul à avoir été largué !). Puis sont arrivées les avaries dont ce grain mal négocié qui lui vole son balcon avant et son bout dehors au large de l'Afrique du Sud (voir l'article et les photos)... Marc reçoit un sérieux avertissement et je crois avoir pu déceler à compter de ce moment comme une légère fêlure dans sa volonté. Le doute en lui commence à faire un travail de sape. En particulier j'imagine qu'à ce moment là un petit goût amer lui remonte dans la bouche, un reflux d'une déception qu'il avait essayé d'effacer en franchissant la ligne de départ aux Sables : le coup vache que lui a fait la direction de course, celui de casser son Vendée Globe avant même le départ en plaçant des portes dans le sud (LIEN), points de passage obligés pour garantir la sécurité des skippers mais qui littéralement faisait voler en éclats son beau rêve ... Ensuite le coup de grâce n'a pas mis longtemps à arriver : dans l'Indien le gréement de Pro-Form donne des signes tangibles de faiblesse (c'est un mal structurel de ce bateau qui détient le record du nombre de démâtages avec ses précédents propriétaires ... il ne faut pas plaisanter avec ces trucs là !), problème auquel s'ajoute les petits bobos que tous les concurrents connaissent à mi-course (centrale électronique défectueuse, problème de liaison satellite, plus de gaz pour manger chaud ... dans le cas Marc).

 

Dès lors la fêlure se transforme en doute existentiel ! Pour la première fois de sa carrière de marin, Marc pense puis décide d'abandonner une course. Il fait escale en Nouvelle Zélande, remet Pro-Form en état et repart (car le Marc fini toujours ce qu’il a commencé) en se promettant de laisser sur la mer un sillage différent ... le sillage d'un homme blessé mais qui va profiter du privilège d'être en mer sur un bateau d'exception, il promet même de nous faire partager cette nouvelle aventure ... une page est tournée ... Mais de ce nouveau voyage, de cette relation plus intime avec les éléments, malgré les efforts de sa sympathique attachée de presse Delphine Dusserre (Note 1), nous ne sauront presque rien au point de douter qu'il s'est passé quelque chose, à moins qu'un livre ? ...

Bref cette généreuse idée de partager des émotions différentes, celles d'être sur l'eau hors course et de porter un regard nouveau sur son tour du monde restera à mon très grand regret un voeux pieux … alors que d'autres concurrents ont su très bien le faire, même en état en course, suivez mon regard ...

 

Voilà l'histoire de Marc dans ce Vendée Globe. Cette fois il nous a soutenu mordicus qu'il ne reviendrait plus sur cette épreuve du Vendée Globe. Il le disait d'ailleurs déjà au moment de son abandon, Marc Thiercelin (Pro-Form) "Il y a un moment où il faut savoir s'arrêter, c'est trop de boulot en amont, de sacrifices".

Le partenariat avec Pro-Form court encore sur l'année 2006. Ensuite peut-être le reverra t'on sur le circuit Figaro où il anime le plan d'eau avec des options météo toujours très osées ou encore sur d'autres courses comme le Tour de France à la Voile où il aime monter et conduire des équipages originaux comme un équipage 'Show Business' (potes acteurs, styliste ou autres artistes). Initiatives qui d'ailleurs ne sont pas toujours vues d'un bon oeil par le 'milieu' (dont, au passage, Marc ne se réclame pas).

 

 

Le bateau

Je voulais juste ajouter 2 mots sur le bateau. Ces remarques sont assez symptomatiques de la démarche de Marc, aussi bien dans sa préparation du Vendée Globe que dans "l'exécution" de son tour de monde.

 

Marc Thiercelin et Hervé Laurent 2 grands marins … malchanceux sur ce Vendée Globe (ici au coude à coude sur la ligne de départ)

 

Marc n'a pu jeter son dévolu que sur un ancien bateau (l'ex Whirlpool de Catherine Chabaud). Il l'a optimisé : nous avons parlé du gréement qui a été l'objet de tous les soins vu son passé mouvementé mais Marc a surtout fait une chasse au poids drastique au point de faire du bateau un ermitage (confort réduit à son strict minimum et ... 1 Ipod avec 3.000 morceaux de musique, une discothèque complète ... sans le poids des CD).

 

Dans la descente de l'Atlantique à un rythme d'enfer comme jamais (du portant jusqu'à Saint Hélène !!!), Marc a découvert son engin dans la brise avec les vagues dans les fesses. Et il c'est avéré qu'il le trouvait ... dangereux ! Ceci est vraiment révélateur : à la fois d'un manque de préparation technique sur la bateau (équilibre du plan de voilure, reculer les poids, efficacité des appendices ...) mais aussi de l'état d'esprit de Marc. Clairement c'est le signe d'un manque de confiance en soi et dans le bateau, sentiment aggravé par le fait que ces conditions de portant musclées sont celles qui règnent dans le Sud, conditions que Marc devait aborder pendant quasi 1 mois (il le sait bien lui qui y a déjà été plusieurs fois). Ce manque de confiance trouve certainement sa source dans le bonhomme qui n'avait pas encore le mode d'emploi de l'engin, du moins c'est ce que je pense. Mode d'emploi qu'heureusement Marc semble avoir, au moins partiellement, trouvé par la suite. C'est en tout cas ce que tendent à prouver ses communications car il n'a plus jamais fait état de ce sentiment d'un bateau 'dangereux' au portant.

 

Enfin dernier point concernant le bateau ... encore un truc qui appui là où ça fait mal. Marc avec sa chasse au poids comptait bien disposer d'une arme redoutable dans le petit temps, d'un engin capable de profiter du moindre souffle pour se déhaler et rivaliser avec les bêtes de dernière génération. Dans la remontée chaotique de l'Atlantique tel que l'on vécu les concurrents de tête et bien le schéma météo était idéal : cette arme aurait très bien pu marcher. Ce 'concept' il a d'ailleurs pu le valider : Pro-Form marche bien dans les conditions légères... sauf que c'était désespérément un coup d'épée dans l'eau : Marc était alors tout seul et tragiquement hors course, ... au lieu d'être à la lutte avec les autres concurrents !

 

 

Note 1 : Delphine D. est la seule abonnée professionnelle à la liste de distribution Nam (titre peut-être à partager avec un ami de Jean-Pierre Dick qui s'était inscrit sur la mailing liste avec son e-mail @virbac.com)

 

 

Lundi 7 mars 2005

Décidemment il faut de tout pour faire un monde ... Voici les paroles de 2 skippers à l’arrivée, paroles que je mets en regard et que je vous laisse méditer :

 

- Vincent Riou à l'arrivée (en substance) "dans 4 ans je repartirais bien sur un bateau neuf. J'aime courir contre d'autres concurrents sur l'eau, le Vendée Globe est une course extraordinaire". Et son sponsor l'a entendu : mise en vente du bateau PRB double vainqueur du Vendée Globe moins d'une semaine après l'arrivée et dans la foulée décision de lancer la construction d'un nouveau coursier des mers qui sera au top en 2008 !

 

- Benoit Parnaudeau à l'arrivée (lors de sa conférence de presse) "Je n’ai pas de projets de course en vue. Je ne me sens pas dans la peau d’un coureur océanique. Et comment prôner le commerce équitable pour des gens qui gagnent un euro par jour et se faire construire un bateau qui vaut des millions ? … " (pour la somme, j'apporte un léger rectificatif : le budget est quand même plus proche de quelques milliers d'Euros; les millions c'est à la Française des Jeux ou sur TF1 à moins qu'on parle en milions de francs bien sûr ... voir la confirmation sur cet article http://nam.over-blog.com/article-207042.html)

Dimanche 6 mars 2005

A l'arrivée de Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) en 10ième position de ce Vendée Globe 2004, je me suis lancé, comme à l'accoutumé, dans un petit hommage à l'homme et à son projet original, il le mérite amplement. Il se trouve qu'après vous avoir présenté très rapidement Benoit et surtout parlé du bateau dans un précédent article, j'avais prévu de pondre un second article sur l'homme. Repoussé une première fois pour donner la parole à Lani cet article n'a pas encore vu le jour ... car figurez-vous que j'ai énormément de choses à dire et pour l'instant je me heurte à la difficulté de coucher mes (trop ?) nombreuses réflexions sur le papier ... d'autant qu'elles ont tendances à prendre un sérieux embonpoint au fil du temps, embonpoint qui, je l'ai remarqué, est difficilement compatible avec l'attention légitimement volatile de mes lecteurs (je rappelle que Nam est un site ... perso, ce qui change le comportement de son auteur comme celui de ces visiteurs, j’en suis persuadé).

 

Pour me donner le temps de trouver la meilleure solution pour vous faire partager mes riches sentiments à l'égard de l'exceptionnel Benoît Parnaudeau, je vous propose aujourd'hui juste une photo commentée ... Photo qui clos le thème sur le bateau de Benoit, sujet abordé pour l'essentiel dans le premier article cité en hyperlien plus haut. Et photo qui introduit bien le bonhomme : à mes yeux et pour faire bref - c'est le challenge de mon / mes prochain(s) article(s) - ce bonhomme, Benoit, incarne mieux que quiconque l'esprit du Vendée Globe.

 

 

Pourquoi j'ai choisit cette photo d'arrivée où le bateau n'est pas fièrement sous voile ? Que nous apprend t’elle ? Elle témoigne de la réalité du projet de Benoit. Max Havelaar, le sponsor (association pour le commerce équitable) dont le nom figure sur la coque de Benoit, est en grande partie effacé ... Là aussi, comme vu hier avec le chariot d'écoute de grand-voile que de différences entre un bateau de pro (par exemple celui aux couleurs de Bonduelle dont la déco psychédélique jaune a magnifiquement résisté à un tour du monde) et la déco de Max ou de simples lettres colées sur la coque n'ont pas tenu sur le même parcours. D'ailleurs au passage vous noterez que les efforts sur bâbord ont du être plus violents que ceux sur tribord car le nombre de lettres restantes de chaque côté n'a rien à voir (cf. les photos sur le site de la course) comme par exemple celle-ci. Là aussi c'est vraiment très révélateur : les communicants 'officiels' tous autant qu'il sont ne nous montrent/ne nous rapportent délibérément les choses que sous un angle précis : le nombre de photos de Max prises puis diffusées n'a rien à voir entre les 2 bords (je dirais 10 contre 1) ... ne soyez pas naïfs la communication des médias est toujours 'dirigée' selon un axe bien précis quitte à gommer complètement les réalités comme ici (Benoit n’est pas un concurrent comme les autres, le tour du monde reste une aventure y compris pour le matériel … !!!). Cette orientation est visible aussi sur le même thème des décorations (je serais même tenté de dire qu’elle atteint là son paroxysme) avec les 2 faces du trimaran Castorama / B&Q d'Ellen. L’information en général, et l’information nautique en particulier, est un bien de consommation comme un autre … avec son packaging !

 

 

A bientôt pour la suite.

 

___
. Révision 1.0 du 7/03/2005 : ajout des liens URL

Samedi 5 mars 2005

Chers tous,

 

Petit contre temps, l’article de Benoit Parnaudeau partie 2 paraîtra plus tard, avec contrairement à ce que j’ai affirmé hier … une photo.

Aujourd’hui Lani nous propose un petit historique de la vie des forums autour du Vendée Globe. Un cours d’histoire faisant la part belle aux liens forts qui peuvent naître sur Internet entre les personnes qui partagent la même passion. Une histoire vraie à la limite du conte … il ne reste plus qu’à se réunir tous pour transformer ce conte en conte de fées …

 

Bonne lecture

 

Nam

 

 

Le Vendée Globe 2000 (VG) aura été l'occasion de la création d'une communauté extraordinaire sur le web.

 

Les individus la composant ont fini par s'appeler eux-mêmes des forumosaures, des végéens ou des Accrocs du forum. Je les appellerai donc ainsi dans ce récit. J'écris de mémoire pour l'essentiel et ne donnerai donc pas trop de dates exactes, pour éviter des erreurs…

 

Durant l'été 2000, une société d'informatique a pour mission de mettre en ligne un site internet pour le Vendée Globe 2000-2001 avec un forum de discussion et un tchat à la disposition des internautes. Cette société désigne "Viex" comme webmaster pour le mettre en ligne. Et chose extraordinaire, Viex communique avec nous sur le forum.

 

Dès le mois de septembre, on commence à pouvoir réaliser ce que serait le site au moment du départ de la course, mais tout n'est pas prêt bien sûr. Au moment du départ, les serveurs avouent leur faiblesse et ne répondent pas à la demande… Le tout est vite réparé et c'est parti.

Le webmaster, par l'intermédiaire du forum, nous demande même notre avis sur certains points et il modifia certaines choses pour nous faire plaisir. Je suis persuadé que l'amitié des forumosaures entre eux et l'amitié née un peu plus tard entre les forumosaures, le webmaster et l'équipe du PC course vient de là.

Mais cette amitié n'a pas été instantanée, loin s'en faut… Le pauvre Viex "en a pris pour son grade" de tous les bouts, je l'ai plaint maintes fois. Je me souviens pour les cartes des positions… terribles les attaques envers lui : les cartes ne fonctionnaient pas bien du tout au début.

Au fil des jours, les filles du PC Course, Zack, Gamaluche et plusieurs autres dont je ne me souviens pas des logins, ont pris le relais entre lui et les Végéens sur le forum pour "calmer le jeu" et tenter de nous faire patienter. Puis tout a très bien fonctionné… et le webmaster est devenu "l'Ami Viex".

Sur ce forum, il y a eu plus de 33000 inscriptions… Il est vrai que certains s'étaient inscrits plusieurs fois, mais tout de même, disons 30000 lecteurs différents (chiffre d'une source très sûre).

Bien évidemment tout ce monde n'écrivait pas et certains ne sont certainement venus que quelques fois, peut-être même une seule fois, par curiosité ou par besoin.

Je parlerai donc des habitués du site, les "Accrocs du forum", et là nous étions exactement 94 personnes, s'étant communiqué les adresses internet, voire les numéros de téléphone, voire les adresses postales.

Nous étions une petite "famille virtuelle", légèrement structurée.

C'est venu de l'idée de Garin, qui le 16 décembre 2000 a écrit sur le forum en demandant si réaliser un tableau des logins classés par ordre alphabétique serait envisageable… Et aussitôt, j'ai répondu que j'étais prêt à le faire et à le communiquer à ceux qui m'en ferait la demande par mail… Le "tableau des accrocs du VG" était lancé. Celui-ci s'est vu ajouter les adresses mail et site perso éventuel des participants, puis même les dates de naissance pour certains.

 

La course se déroulait, les "experts en navigation" qui étaient parmi nous donnant leurs explications plus ou moins techniques sur tout ce qui se passait sur l'eau. En fait le PC course fournissait les positions, la météo, et un minimum de renseignements et le reste se faisait tout seul sur le forum. Il y avait bien sûr une source de renseignements très intéressante : les vacations en direct…

Parfois un d'entre nous donnait un "tuyau" à Viex pour une modification ou une amélioration possible, et celui-ci étudiait la chose.

Les secrétaires du PC Course venaient passer les quelques minutes de libre qu'elles avaient à discuter avec nous sur le forum et le tchat.

Ce tchat a été une chose extraordinaire… un nombre de personnes connectées simultanément parfois impressionnant… on y restait tard, très tard dans la nuit même… à parler de mer, bien sûr, mais aussi d'autres choses.

Et les arrivées se sont succédées aux Sables d'Olonne…

Une première rencontre entre acteurs du forum a eu lieu à Morges, en Suisse pendant la course (je ne me rappelle plus de la date).

Au mois d'avril 2001, un rassemblement d'accrocs a eu lieu à Lancieux, près de Saint Malo.

Le 1 et 2 juin 2001, lors de la remise des prix du VG aux Sables, une partie des accrocs se sont bien sûr rencontrés sur le port.

Les 22 et 23 juin 2001, une bonne dizaine de forumosaures se rassemblent à Moissy-Cramayel.

Au mois de Juillet 2001, un rendez-vous végéen a lieu à Avignon.

En novembre 2001, une dizaine d'entre nous se sont retrouvés à Avignon à nouveau.

 

En plus de ces rassemblements "officiels", il y a eu de multiples rencontres à deux ou trois membres, "en coup de vent" autour d'un déjeuner ou d'une boisson…

Je n'ai pas eu vent que notre "famille virtuelle" ai été source de mariage ou de naissance… et pourtant on y a cru quelques fois…

 

Le site officiel devait fermé, officiellement, mais le PDG de la société gestionnaire, amateur de voile, a bien aimablement décidé de nous laisser gracieusement le forum ouvert. Nous l'appelions "notre fenêtre bleue" ou encore "le phare des accrocs".

 

Courant 2002, le nombre de visiteurs diminuera très sensiblement, par usure ou pour d'autres motifs personnels.

Un autre problème s'est posé : l'ouverture de topics relatifs à la religion et à la politique a causé des "dégâts", car hélas, ces sujets sont toujours sources de conflits.

En décembre 2002, suite à ces topics dévastateurs et certainement pour d'autres motifs, quelques uns des forumosaures ont créés leur propre site internet avec forum (http://gensdemer.free.fr/forum/ )

Finalement le site officiel ne fermera qu'en été 2003… pour des problèmes financiers de la société gestionnaire. Il ne lui était pas possible de nous laisser accès gratuit à ses serveurs, alors que la société était en redressement judiciaire.

Suite à la fermeture de la "fenêtre bleue", Pika a créé son site personnel pour prendre le relais du site et maintenir ainsi le feu du "phare des accrocs" (http://vg2004.phpnet.org/phpBB2/index.php )

 

Depuis cette date, nous attendions tous le site officiel pour prendre le relais… Hélas, le site officiel VG 2004 n'a pas de forum et donc il n'y a pas eu de nouvelle "famille de forumosaures"…

 

Amis "forumosaures", "Végéens" de 2000-2001, je ne pense pas pouvoir vous oublier, même si je ne communique plus avec vous.

 

 

Lanidrac

Vendredi 4 mars 2005

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) était au départ de ce Vendée Globe un parfait inconnu pour moi. Mea Culpa ce n'est pas n'importe quel marin ce Benoit : ministe chevronné, préparateur de 60 pieds Open réputé, Benoit est loin d'être un novice de la course au large ... simplement il vivait dans l'ombre des grands noms de la voile et/ou de leurs projets. Mais avec son tour du monde j'ai découvert un mec en or qui navigue propre, porte un message sympa pour le commerce équitable, a entretenu en mer des liens étroits avec les autres concurrents particulièrement quand ils étaient dans les difficultés et surtout le must : son parcours sur ce Vendée Globe est d'une limpidité étonnante. Ce mec fait plaisir à voir et à entendre, tout son projet est cohérent, par exemple il s'est élancé à bord d'un bateau qui lui ressemble (lire le 1er thème) : simple et éprouvé avec comme seule ambition de boucler la boucle en respectant avec application les règles (Note 1) ... et il l'a fait ! Je vous propose quelques petites réflexions pour mieux apprécier le bonhomme au lendemain de son arrivée en 10ième position de ce Vendée Globe.

 

 

Max Havelaar : un bateau simple et éprouvé

Benoit évoquait dans l'un de ses premiers messages le plaisir d'être en mer, le couple que forme l'homme et son bateau "Je me rends compte que le bateau est costaud. Ça donne confiance. Je lui parle, je l’encourage. Il y a un perpétuel dialogue entre nous. Quand il souffre, il craque, ou produit des bruits anormaux. Je suis toujours à l’affût du moindre son que je ne connais pas. Et quand il est content, l’eau qui glisse sous sa coque le fait ronronner."

Ah être en mer, en symbiose avec un bateau … et quel bateau ! Un vieil engin que certains observateurs au départ du Vendée Globe étaient limite de considérer comme des 'épaves' en comparaison des bateaux flambant neufs ou superbement préparés et équipés comme l'étaient respectivement le Bonduelle de Le Cam ou le PRB de Riou. Ces observateurs pourtant avertis avaient le sentiment à regarder Max Havelaar le bateau de Benoit mais aussi d'autres bateaux (en particulier ceux des 4 derniers dont je parlais pas plus tard qu’hier)  ... que jamais ils ne serraient en mesure de finir leur circumnavigation sans un arrêt au stand !

Pour vous donner une idée de la brutalité et de la véracité de ce sentiment qu'on peut prendre en pleine face en musardant sur les pontons des Sables, je vous propose de comparer 2 photos.

 

Voici le chariot d'écoute de grand-voile de PRB : une belle courbe dessinée pour la performance. Vincent Riou possède là une arme redoutable pour régler la puissance de son moteur (la grand-voile). Avec un chariot pareil il peut maîtriser, contrôler, doser aux petits oignons et en fonction des conditions l'allure dans les 3 sens du terme de son PRB (les 3 sens du mot allure =  vitesse, direction mais aussi beauté).

 

A contrario voilà 'le dispositif' permettant de régler la grand-voile sur le Max Havelaar de Benoit. Pas grand chose à dire : c'est pour le moins rustique, les possibilités de réglage sont élémentaires ! Avantage indéniable : il y a très très peu de chance pour que ça lâche !

 

 

 

Le chrono : une petite déception pour Benoit ?

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) : « Avant de partir je pensais fort à Titouan Lamazou [le vainqueur du premier Vendée Globe, en 1989-90], car nous avons des bateaux de la même époque et qu'il avait fait une belle course en 109 jours. C'est mon objectif. »

A son grand regret alors qu'il était dans les temps lors de son passage au Cap Horn, la remontée de l'Atlantique a été tellement laborieuse que ce chrono pourtant à sa portée n'aura pas été égalé !

 

 

To be continued ... demain la suite pour ceux qui ont aimé ce premier épisode ... mais il sera réservé aux accros car il n'y aura pas de photo ‘aguicheuse’. En effet j’avais annoncé à mes fidèles lecteurs une photo perso de Max Havelaar croisé au large de Belle-Ile en mer du temps où le bateau s’appelait 60ième Sud et était aux mains de Didier Montduteguy (dont Benoit était le préparateur) … mais je n’ai pas remis la main sur cette photo de bel engin rouge au près en train de laisser littéralement sur place … une image inoubliable pour le marin balbutiant que j’étais alors !

 

… A demain et après-demain !

 

 

(Note 1) les instructions de course précisaient que les skippers devaient donner quotidiennement des nouvelles du bord et Benoit s'est astreint à les respecter à la lettre, au propre comme au figuré, en envoyant un mail par jour au comité de course. Résultat ? ... plus de 116 cartes postales du grand large ... un pur bonheur pour les passionnés comme vous et moi fidèlement retransmises sur le site Officiel.

 

 
 
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