Je me faisais la réflexion que depuis l'arrivée des 3 premiers les médias avaient franchement délaissé le Vendée Globe.
Lorsque les journalistes se fendent d'un papier sur le Vendée Globe c'est surtout pour parler de la prochaine édition (abordant au hasard : le nouveau projet de Vincent Riou, la vente du bateau double vainqueur (PRB) ou encore la future participation du vainqueur 2000 j'ai nommé Michel Desjoyaux ou le possible retour d'Ellen) ... comme si le Vendée Globe était purement et simplement fini alors qu'il reste des concurrents en course !
L'info se fait plus rare c'est un fait, les autres évènements nautiques sont au RDV (Orange ou L'Oryx Quest) mais quand même, ces journalistes qui nous rabattent les oreilles de leur "l'accueil des Sables est extraordinaire pour tous les concurrents du Vendée Globe" et bien eux ne font pas cet effort et ils ne sont pas les seuls !
Les skippers eux-mêmes font des déclarations de bonne intention comme Vincent Riou ou Joé Seeten qui disait lors de sa dernière nuit en mer "japprécie chaque instant, en repensant aux bons et aux mauvais moments de cette belle épreuve. Cest un grand bonheur et il faut continuer de suivre cette course pour tous les marins encore en mer". Malheureusement souvent cela reste des paroles en l'air car les obligations créées par les médias ou les sponsors viennent les contredire. Et les faits eux ne mentent pas : peu de skippers sont là pour accueillir les derniers.
Heureusement je ne suis pas seul à lutter contre cette "pensée unique des vainqueurs". D'autres internautes rendent compte à leur manière des arrivées. J'ai déjà parlé de Ryme, et bien voici des photos persos prises par d'autres passionnés des dernières arrivées :
- http://www.seaandsail.net/ par Matthieu Dumont
- ou http://vg2004.phpnet.org/album/index.php?cat=6 par Atlantide_pika
C'est vrai que ça respire l'amateurisme (ne serait-ce que pour dénicher l'adresse des sites Internet, j'en ai bavé croyez-moi !) mais qu'est-ce que c'est bon ...
Une info pour les supporters de Charles Hedrich arrivé dans la nuit de Lundi à Mardi à Lorient après son tour du monde en marge du Vendée Globe :
Dimanche 27 février à partir de 18h le village de St Nicolas de Véroce (74) fête Charles Hedrich.

Vous êtes les bienvenus pour entourer Charles lors de son retour à la montagne prélude à la réalisation de son 3ième objectif : lascension de lEverest !
Pour cet article je suis la formule mise en place en ce début de semaine :
- de l'info dans le premier paragraphe
- un peu plus d'expression libre dans le 2d paragraphe
Du côté des pros :
- PYL, le journaliste de l'Express doit préparer sa saison en mini 6,50 ... plus un mot depuis plusieurs jours. Il nous avait pourtant fait miroiter à demi mots une suite à son Vendée Globe ... mais pour l'instant je ne vois rien venir.
- Olivier P., le journaliste du Nouvel Obs doit se remettre de ses émotions suite à ses reportages sur leterrain sur le Tsunami en Asie car il a arrêté son Vendée Blog, qui plus est sur une pirouette : un hommage à la performance de Lady Ellen.
En résumé : ils s'endorment sur leurs lauriers.
La semi-pro :
- Olivia tient bon avec un peu moins de régularité mais elle est pour l'instant toujours vaillamment fidèle au poste / aux posts même si elle est en congés cette semaine.
Les amateurs :
- Ryme, dont je viens de découvrir le site ne faiblit pas (vive la préretraite ?). En plus de ses notes à l'attention de sa compagne suisse il met aussi en ligne ses photos ... un moyen extra pour vivre les arrivées du Vendée Globe par procuration !
- et moi je tiens encore le rythme fou d'un article par jour, et avec du contenu s'il vous plait, ... ce n'est vraiment pas raisonnable !
Après plusieurs semaines de fréquentation assidue de ces blogs, je me suis permis de donner mon avis les concernant sur le forum Gens De Mer, je le retranscrit ici :
"Il y a de cela quelques temps j'avais posé ici une question : que pensez-vous des blogs sur le Vendée Globe ? Je vous avais aussi promis ma réponse, la voici.
- Olivier P. blog du Nouvel Obs : j'ai pas accroché, sa connaissance encyclopédique du sujet et son style très littéraire ont eu sur moi un effet soporifique sans précédent sur un sujet qui me passionne autant. Je ne suis jamais arrivé à lire plus de 2 articles de rang ! Comme quoi la manière compte souvent autant que le fond.
- blog d'Olivia : ce blog reproduit les communiqués de presse de l'organisation du VG (inaccessibles par ailleurs) et Olivia a été très régulière jusqu'à ces derniers jours ... je lui tire mon chapeau. Sur le fond rien à dire car il s'agit de la com officielle relativement bien faite : résumé de la journée et surtout extraits des vacations. Ce blog présente l'avantage d'être un 'historique à plat' de la course.
- blog de l'express par PYL : ce blog est de loin le mieux. PYL présente des infos un peu en marge du VG avec un oeil de journaliste/régatier qui fréquente 'le milieu'. Son seul défaut : un peu trop 'politiquement correct' ... ben il peut quand même pas cracher dans la soupe !
- blog de Nam : je ne porterai pas de jugement sur les articles. Je dirai juste que certains articles font la part belle aux relations de l'auteur avec les informations nautiques 'officiels' ... Peut-être peut-on reprocher que parfois ce soit au détriment d'un contenu sur la course."
NOTA : je n'avais pas encore assez fréquenté les pages de Ryme pour avoir une opinion sur ses écrits mais ceci n'est plus exacte aujourd'hui 25 février : j'ai lu le reportage et l'interview de Charles Hedrich à son arrivée à Lorient par Ryme ... c'est le pied ... voir l'article précédent : http://nam.over-blog.com/article-136324.html.
Pour tout savoir sur l'arrivée de Charles Hedrich à Lorient après son tour du monde en marge du Vendée Globe en 128 jours. Je vous conseille la lecture du reportage et de l'interview exclusive de l'envoyé spécial de Nam sur les lieux j'ai nommé Ryme. Qui ne fait pas les choses à moitié car non seulement il a accepté de passer une nuit blanche mais en plus il vous offre un magnifique diaporama (cliquez en haut à droite).
Allez Ryme, vas-y il y a encore 5 concurrents officiels et 2 hors course ... ça nous promet plein démotions, de belles photos perso darrivées aux Sables.
J'espère que Ryme ne m'en voudra pas mais comme le lien sur son site n'est pas 'fixe' (il change à chaque nouvel article et il est aussi prolixe que moi l'animal) et bien je reproduis ici l'intégralité du texte dont vous pouvez retrouver la version originale à ladresse http://perso.wanadoo.fr/remy.peyrard/remy/commentaires2004.html (moyennant un peu dascenseur !) ou encore là http://spaces.msn.com/members/lautrevie/Blog/cns!1p0okZR2LqavdDb1wL1Gmnyg!429.entry. Bref l'article est ici mais je ne suis par l'auteur de cette merveille, j'ai juste réalisé une mise en page Nam.
Lundi 22/02/05 107ème jour de course / Je voudrais te dire : J'ai fait cette nuit un rêve étrange
J'ai rêvé que Madame Patricia Hedrich m'avait informé de l'arrivée de Charles Hedrich à Lorient. "Rendez-vous à dix heures à la villa Margareth. Trouvez la villa Margareth à Lorient, rien de plus simple... un tout à la base de la marine Nationale qui m'indique gentiment que je devrais voir direction l'Armor plage au port de Kernevel. La villa Margareth est un très joli bistro sur le port de plaisance, dans une ancienne villa bourgeoise. Comme c'est un joli rêve, Patricia Hedrich est là, avec ses enfants, sa mère, et des amis de Charles. Les conditions météos particulières que connaissent les concurrents dans le golf ont également retardé Charles. Il ne sera là que vers 19H. En attendant les enfants jouent comme ils peuvent sur la plage, et nous allons partager un plateau de fruits de mer. Comme dans les rêves, il n'y a pas de suite logique mon rêve reprendra à 20 heures avec un casse-croûte en commun, et Monsieur Hedrich Père qui se joint au groupe. Patricia, depuis le matin se bat avec un agenda. A croire qu'elle rédige le livre de bord depuis la terre. Il s'agit d'organiser un rendez-vous entre un hélicoptère et des cadreurs, de trouver de l'éclairage pour les mêmes journalistes. Un Lorientais passe saluer. Une étudiante fait un TPE pour son Bac et va avoir l'exclusivité de sa vie. 01 heures trente. Patrick Favre skipper pressenti, mais qui n'a pas pu prendre le départ de ce Vendée Globe et trois journalistes de TV Breitzh viennent prendre un dernier pot. Patricia partie avec les préparateurs du bateau et son fils aîné sur un Zodiac nous appellent, Charles entre dans la baie de Lorient. Comme dans tous les beaux rêves, on nous distribue des coupes vents blancs "Objectif 3 Première Mondiale" et nous embarquons, amis de longue date, enfants et étudiante sur un Zodiac blanc. Après une vingtaine de minutes, à 02h09 précisément nous distinguons un voilier tout blanc, sans marque de sponsor. Pourquoi dans les rêves tout est toujours tout Blanc ? Dans mon rêve, même certaines routes bretonnes étaient blanches, de Givre et de neiges mêlés.
02 Heures trente cinq arrivée au ponton. Patricia Hedrich me présente à Charles, et je balbutie quelques mots de félicitations au nom de la communauté des internautes, dont je suis le seul représentant ce soir. Charles en retour dit qu'il a beaucoup apprécié le soutien, les mails et les sites perso des internautes. Et voilà le petit cortège regagnant, les chaudes salles de la Villa Margareth. Tout est incohérent, dans un rêve ! Même un bistrot qui ferme à 21h mais dont le patron resterait éveillé toute la nuit pour entretenir une douce chaleur au travers d'un poêle Gaudin. Dans mes rêves aussi, je peux écouter l'interview et même y participer, partageant une bière autour d'une table ronde avec le skipper. Les habitués des arrivées Aux Sables relèveront les incohérences.
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- Quand on s'appelle Charles Hedrich, patron d'une entreprise de chasseur de tête qui marche, pourquoi se retirer et se lancer dans un Vendée Globe?
Par amour de la compétition. J'étais déjà pilote de moto sur le Dakar et autres raids. Je ne gagnerais jamais le Dakar par ce que je ne suis pas assez "top". Le pilotage d'une moto demande un apprentissage qui doit démarrer très tôt. Et je n'ai pas commencé assez tôt pour être tout en haut. J'ai les réflexes et la connaissance pour être un bon, mais je ne serais jamais un tout bon.
- Alors vous voulez gagner un Vendée Globe ?
Non, j'aimerais bien en refaire un (Patricia m'avait dit qu'il aurait bien voulu mettre le clignotant à droite et refaire un tour de la calotte glacière), mais je ne serais jamais au top financièrement et techniquement. Je pourrais me placer, jamais gagner. Par contre la voile me semble être un domaine à m'a porté et j'aimerai bien me lancer à la conquête de record en trimaran solo ?
- Battre le record de Mac Arthur ?
Non Pas dans ce sens. Mais il y a de nombreux autres records à battre.
- Vous êtes parti précipitamment et en délicatesse avec le propriétaire de votre bateau. Où en êtes-vous ?
Je viens d'obtenir à mon profit la saisie conservatoire du bateau. Les mouches ont changé de cul d'âne.
- Alors racontez-nous votre Vendée Globe ?
Quand je me suis lancé dans le projet Vendée Globe, je ne savais pas ce que c'était qu'une trinquette. Pour la qualification du Vendée Globe, je suis parti sur la Transat Anglaise alors que je n'avais jamais envoyé une voile d'avant. Et même en course, on ne peut pas s'entraîner à faire une quinzaine d'empannages à suivre. En moto, on répète des passages, des techniques. Là je n'ai pas eu le temps. Mais j'apprends vite. A la suite des ennuis avec mon charmant propriétaire, qui aurait bien voulu louer une deuxième fois le bateau, à un autre concurrent (je n'ai pas eu de nom juste dans murmure Tolkien ? ndlr) j'ai eu un entraînement insuffisant. Le bateau a été très bien préparé, mais insuffisamment testé. Je n'ai pas eu le temps de terminer mes préparatifs. Je suis parti sans un gramme de protide. Juste dix litres d'huile, des Kilos de miel et des pâtes. Mais les pâtes au miel... au bout d'un moment... on s'en lasse. De toute façon depuis l'équateur, je n'ai que des pâtes ! il m'en reste 10 kilos. (Sourire, car chez Charles le sourire est une deuxième nature, rictus figé au coin de la lèvre dès qu'il vous adresse la parole, ou vous écoute.) En partant j'ai été obligé de faire le tour des eaux territoriales françaises et espagnoles, car j'avais peur que mon charmant propriétaire (décidément il doit être vraiment charmant. je devrais peut-être le rencontrer... ouïe pas taper) me fasse arraisonner. Le charmant propriétaire a fait couper les communications satellites. Je n'ai pu avoir de fichier météo que par le téléphone de secours qui était ma propriété. Au début, j'étais donc forcément handicapé par rapport aux autres concurrents en distance de parcours, et en moyens météo. Mon plus grand regret est que la direction de course m'ait totalement ignoré.
- A quoi ressemble le grand sud ?
Pour mon premier jour dans le grand sud, j'ai chaviré. J'étais tout de suite au parfum. J'étais à l'intérieur. J'ai entendu un énorme grondement qui approchait et le bateau s'est couché. Je nai pas eu peur pour moi. On sait que le bateau flotte. Et même s'il ne flottait plus on a deux canaux de survie. On s'enferme dedans avec de l'eau et de la nourriture. Non j'ai eu peur pour le bateau, peur de la casse, car pour moi c'était la fin de mes projets. Et puis on attend. Un moment d'ailleurs, ça ne va pas si vite que ça, que le bateau se remette à l'endroit. Pour moi ça a été une constante. Que le bateau revienne en excellent état. Et il est en excellent état, à part un étai de solent. Pas grave ajoute le préparateur en plaisantant, de toute façon tu n'aurais pas su le remonter. Pour le reste pas de problèmes particuliers dans le grand sud. Des empannages sauvages quand même. C'était ma hantise par ce qu'on a toujours peur de casser. J'avais m'a retenue de baume toujours tendue au maximum à cause des conditions particulières dans lesquelles je faisais cette course. Un empannage sauvage c'est une heure et demie de manoeuvre. D'abord tu t'habilles, par ce que tu ne vas pas sortir en pyjama rose. Ensuite tu t'attaches, car le bateau gîte entre 45° et 60°. Tu vides les ballasts d'un côté et transfert de l'autre. Car tu as trois tonnes qui poussent du mauvais côté et il faut d'abord retrouver une assiette convenable. Ensuite tu reprends ta voile et tu vois si tu ne dois pas refaire un empannage. A chaque fois que j'ai eu un empannage sauvage c'est la centrale (des pilotes Geneviève, la partie informatique qui intègre données vents, route, vitesse, pour maintenir le cap du bateau) C'est la centrale qui a lâchée? Et ça mon charmant propriétaire devait le savoir qu'il y avait un problème sur la centrale ? D'ailleurs à la fin j'ai débranché les instruments pour être plus stable.
- Comment avez-vous géré le sommeil ?
Pas de problème, je dois avoir une adaptation naturelle... Ah si... J'ai eu aussi un problème de maux de tête au début de la course Ah le monstre n'est pas parfait ! Ndlr). Je me suis dit mais Charles qu'est ce qui t'arrive, tu n'as jamais eu ça. Un truc auquel je n'avais pas pensé. Je suis parti sans oreiller. Et sur un bateau en carbone, même qu'en tout va bien il y a des vibrations en permanence. Et moi ça me faisait vibrer l'intérieur de la tête quand je la posais sur la cloison. J'ai un casque à bord. Un casque léger comme pour le roller, pour monter en haut de mât. Je l'ai mis et n'ai plus eu de maux de tête. Ca arrêtait de vibrer à l'intérieur.
- Et les glaçons ?
Je n'ai pas eu de problème non plus. En raison de mon statut particulier, je suis passé bien au nord. Mon point le plus haut dans le sud, c'est le cap Horn, mais là on ne peut pas faire autrement.
- Le Horn justement, vous l'avez vu ?
Non je suis passé de nuit dans des conditions pas très clémentes. J'ai une anecdote d'ailleurs au sujet du Horn. Je l'ai passé en même temps que Dick et Mac Arthur. Patricia a fait appel aux deux équipes pour savoir si un hélicoptère pourrait faire des images de mon bateau en même temps. La seule réponse est un mail de l'équipe Mac Arthur. Ranges toi, il y a Hélène qui arrive. (ce n'est pas tout à fait les termes du mail dont Patricia m'avait parlé précédemment, mais ça revient au même, ndlr)
- A quoi pense-t-on quand on a passé le Horn ?
On pense que ce n'est pas fini, qu'il reste 35 jours. Et les pires conditions de vents, je les ai eus après le Horn des vents de plus de 70 noeuds. Mais je ne suis pas le seul. J'étais à proximité de Molloney quand il a perdu sa quille. Je l'ai fait savoir tout comme j'étais le plus proche de Wavre quand il a eu son incident dans le pacifique.
- Et dès à présent vous préparé l'Everest ?
Oui mais l'Everest c'est avant tout du mental et du physique. Parmi les trois projets, c'est celui pour qui ceux qui me connaissent ne se disent pas que c'est pure folie. Ce qui n'était pas le cas pour le Dakar et je ne parle pas du Vendée Globe.
-Vous avez déjà fait des expéditions dans l'Everest ?
Oui j'ai déjà fait un ou deux petits sommets... (7 300 et 7 500 mètres m'avait dit Patricia ! ndlr)
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Je voulais te dire, j'ai fait un rêve exceptionnel.
Je vais mettre en ligne des photo perso sur un blog: http://spaces.msn.com/members/lautrevie/
Comme promis hier voici les propos de Vincent Riou (PRB) agrémentés de mon éclairage personnel.
Pour rappel : les propos de Vincent Riou sont issus d'une sélection d'un chat qui a eu lieu en direct sur le site du Monde (in LEMONDE.FR | 11.02.05 | 17h37)
Conseil à un débutant
Piper28 : Félicitations Vincent, quelle performance ! Quel est le plus important, ce sur quoi un débutant devrait se concentrer ?
Vincent Riou : Le seul conseil que je puisse donner aux marins, c'est de faire des navigations à leur niveau de pratique, afin qu'ils gardent toujours l'aspect plaisir dans le bateau et dans la voile.
Commentaire Nam : tiens tiens ça fait étrangement écho à ce que je reproche tant à la grande Lady Ellen.
Mon secret : la préparation
Coucou : Vous avez dit que vous feriez tout pour éviter de monter dans votre mât. L'avez-vous réellement évité ? Quelle fut la situation la plus limite que vous avez vécue ?
Vincent Riou : Non, je ne suis jamais monté au mât pendant la course et je dois être l'un des seuls. Pour ce qui est des situations critiques, je ne pense pas en avoir vécu pendant ce tour du monde ... La préparation du bateau et du bonhomme. Une grosse partie de la réussite est là.
Commentaire Nam : ça se confirme monter dans le mat c'est vraiment la hantise des marins, Mike l'a assez dit lors des ruptures à répétition de ses drisses pourtant lui qui est un ancien pompier pro la montée à la grande échelle ça le connaît ! A l'opposée de Vincent le record du nombre d'ascensions doit être détenu par Conrad H. Bon c'est vrai que c'est en forgeant que l'on devient forgeron : sa première ascension il l'a fait en course mais tranquille au mouillage près de Cap Town et depuis ... les occasions de remonter sur cette perche de plus de 25 mètres n'ont pas manquées pour le gaillard (pour aller plus loin lire la Note de bas de page 1)
Energie renouvelable
Sloup : Que pensez-vous d'interdire les énergies autres que renouvelables (solaire, etc.) pour ajouter un défi technique, écologique et relancer la compétition ?
Vincent Riou : Moi, je n'ai rien contre.
Commentaire Nam : chouette si les marins sont OK ... reste plus qu'à se donner les moyens !
Assistance
Leonjo : Sans rien retirer à votre exploit remarquable, ne pensez-vous pas qu'être en contact permanent avec une équipe logistique dénature un peu le mythe de la course en solitaire autour du monde ?
Vincent Riou : Je ne pense pas, même si j'étais personnellement très peu en contact avec mon équipe, car j'ai voulu faire ce tour du monde en autonomie. Les contacts les plus nombreux que j'ai eus ont été avec ma famille ... Ils m'ont encouragé en gardant le moral pendant ces 87 jours.
Commentaire Nam : La seule vraie assistance que l'on peut reprocher aux marins du Vendée Globe 2004 ... c'est l'assistance morale de leurs proches, assistance permise par les moyens de communications modernes. Assistés dans leur navigation ils ne sont pas ! Mais solitaires ils le sont de moins en moins ! Quelle (r)évolution, quel contraste par rapport à un Bernard Moitessier qui a fait un tour du monde 1/2 lors du Golden Globe en 1968 et pour qui le seul mode de communication avec ses proches : c'était d'expédier des bouteilles sur les cargos ! Voilà ma contribution au débat de l'assistance sur lequel certain d'entre-vous me pressaient de me prononcer, débat houleux. Mon avis est sans équivoque : le slogan du Vendée Globe est "autour du monde, en solitaire, sans escale, sans assistance", ce principe mythique est respecté à la lettre pour tous les points sauf le dernier, l'assistance. Le mot est là pour nous préciser qu'il n'y a pas de routage météo depuis la terre, cette assistance "intellectuelle caractérisée". Mais ce terme de routage n'étant pas 'compréhensible' du grand public il a été remplacé par un 'sans assistance' plus vague. En fait assistance il y a grâce aux incontournables moyens modernes de communications ... mais cette assistance n'est significative que dans un domaine : celui de l'assistance psychologique. Une fois le vocabulaire clarifié, je ne trouve rien à y redire.
Note 1 : hommage à Conrad et à ses ascensions répétées ...
Conrad est devenu un vrai gabier digne de la marine en bois grâce à ses ascensions répétées et je sais de quoi je parle car j'ai fait un séjour sur La Goélette aviso La Recouvrance au départ de Brest, je n'ai bien sûr pas pu m'empêcher de grimper au mat via les enfléchures ... émotions garanties !
Comme beaucoup de skipper Conrad avait prévu le coup : la grand-voile dHellomoto est équipée de sangles au niveau du guindant pour faciliter l'ascension. Sangles qui permettent de se tenir et de glisser les pieds.

le mat, les barres de flèche style thonier et les sangles 'échelles' dans la grand-voile de Joé (Arcelor est très proche en 'design' d'Hellomoto)
Lors d'une ascension, épuisé, Conrad était dans lincapacité de redescendre le long du mât et il avoue avoir « pété les plombs », remettant sa réparation à plus tard, cest finalement en glissant le long du hauban quil est descendu. Pour rappel sur Hellomoto comme sur Bonduelle, Arcelor ou d'autres bateaux le hauban est tenu écarté de la coque d'une bonne 1/2 douzaine de mètres par d'immenses barres de flèche partant du pied de mat ... donc une fois en bas on n'est pas encore 'sur' le bateau !

Hellomoto à l'arrivée ... ça vous tente de vous mettre ou bout de la 'perche' ?
Et juste pour enfoncer un peu plus le clou je garde en tête une image symbolique de Lady Ellen lors de son récent record autour du monde ... elle était en train de grimper au mat pour réparer son chariot de grand-voile arraché (lors de sa remontée très mouvementée de l'Atlantique). Tout son tour du monde était résumé sur son visage : la difficulté 'ponctuelle' de l'ascension comme la dureté globale de sa performance pendant 71 jours, elle avait les yeux 'hallucinés', d'énormes gouttes de sueur perlaient à son front juvénile coiffé d'un casque à l'épreuve des balles ... malheureusement je n'ai pas retrouvé la photo sur le Net ... si quelqu'un tombe dessus je suis preneur.
Enfin pour explorer ce sujet de l'ascension au mat sous un dernier angle, je vous conseille la lecture de l'astuce d'Anne Liardet sur le blog (http://nam.over-blog.com/article-35142.html ).
