Vainqueur de ce Vendée Globe 2004, Vincent Riou (PRB) avouait à l'arrivée "on est comme on est et jai du mal à retranscrire mes émotions, à trouver les mots justes".
Aucune raison de lui en vouloir on ne peut pas être 'excellent' partout. En plus malgré son manque d'aisance dans la communication et bien il se plie quand même de bonne grâce à l'exercice. Après avoir participé à la Star Academy en direct et en pleine mer depuis son bateau (LIEN vers site de PYL), s'être prêté avec application à toutes les vacations avec le PC course; maintenant revenu à terre il continue la tournée des popottes : rencontre à Rennes sous la bannière de Ouest-France ou encore ... un chat avec les lecteurs du Monde. Sûrement que son envie de repartir pour un 2d tour dans 4 ans, à bord d'un bateau flambant neuf cette fois, n'est pas étrangère à cette démarche ... en tout cas l'animal aborde les grands sujets de cette course planétaire et ne parle jamais pour ne rien dire ... et ça j'apprécie beaucoup !
Voici une petite sélection des échanges entre les lecteurs-internautes du journal Le Monde et Vincent Riou (PRB), échanges qui ont eu lieu sous la forme d'un chat en direct sur le site du Monde (in LEMONDE.FR | 11.02.05 | 17h37).
Sur cet article je vous propose une nouveauté :
- aujourd'hui les propos du Monsieur 'brut de décoffrage'
- demain mes commentaires perso et avisés autour de ses propos.
A vous de me dire laquelle de ces 2 formules à votre préférence ?

Portrait de Vincent Riou (PRB) à l'arrivée dans ses beaux vêtements (lire l'article d'hier)
Conseil à un débutant
Piper28 : Félicitations Vincent, quelle performance ! Quel est le plus important, ce sur quoi un débutant devrait se concentrer ?
Vincent Riou : Le seul conseil que je puisse donner aux marins, c'est de faire des navigations à leur niveau de pratique, afin qu'ils gardent toujours l'aspect plaisir dans le bateau et dans la voile.
Mon secret : la préparation
Coucou : Vous avez dit que vous feriez tout pour éviter de monter dans votre mât. L'avez-vous réellement évité ? Quelle fut la situation la plus limite que vous avez vécue ?
Vincent Riou : Non, je ne suis jamais monté au mât pendant la course et je dois être l'un des seuls. Pour ce qui est des situations critiques, je ne pense pas en avoir vécu pendant ce tour du monde ... La préparation du bateau et du bonhomme. Une grosse partie de la réussite est là.
Energie renouvelable
Sloup : Que pensez-vous d'interdire les énergies autres que renouvelables (solaire, etc.) pour ajouter un défi technique, écologique et relancer la compétition ?
Vincent Riou : Moi, je n'ai rien contre.
Commentaire Nam : chouette si les marins sont OK ... reste plus qu'à se donner les moyens !
Assistance
Leonjo : Sans rien retirer à votre exploit remarquable, ne pensez-vous pas qu'être en contact permanent avec une équipe logistique dénature un peu le mythe de la course en solitaire autour du monde ?
Vincent Riou : Je ne pense pas, même si j'étais personnellement très peu en contact avec mon équipe, car j'ai voulu faire ce tour du monde en autonomie. Les contacts les plus nombreux que j'ai eus ont été avec ma famille ... Ils m'ont encouragé en gardant le moral pendant ces 87 jours.
Joé Seeten le bricoleur génial de safran, dont je vous invite fortement à relire les exploits, vient de franchir la ligne des Sables. En plus il est le premier concurrent à avoir remonté une partie du chenal sous grand-voile haute ... quelle émotion ... tous les marins de ce Vendée Globe ont cette volonté de bien faire jusqu'au bout ... bravo Joé ! [ça me rappelle une chanson de Souchon/Voulzy dont le couplet touchant témoigne "le bonheur c'est simple comme une entrée de port à la voile"].
Vous avez compris qu'à l'arrivée de certains concurrents chers à mon coeur je me fendais d'un hommage ... et bien pour Joé c'est l'article cité précédemment qui remplit ce rôle et je vais vous parler ici d'un sujet plus futile et 'grand public', voir limite 'people' par certains côtés ... la mode. [j'espère que Conrad que je ne connais pas bien ne m'en voudra pas ... d'ailleurs je réparerai l'erreur dès mercredi en parlant de ses multiples ascensions du mat !].
Quel rapport entre la mode et le Vendée Globe me direz-vous ? Et bien laissez-moi vous expliquer ...

Photo prise par Joé, en mer dans les Alizés lors de sa remontée de l'Atlantique.
Pour donner l'échelle du poisson volant Joé a eu la bonne idée de mettre sa chaussure à côté de l'animal. C'est un procédé courant, voici une photo prise l'été dernier sur une plage de la baie de St Florent ...
des boulettes (à ma connaissance mélange de posidonie et de fibres de palmiers) et la sandale de votre serviteur là aussi pour donner l'échelle car je n'en avais jamais vu d'aussi grosses de ces boulettes (pour info cette photo est prise avant le nettoyage des plages car les vacanciers en mal d'eau salée ne tolèreraient pas ces 'déchets naturels', ils préfèrent de belles plages à la propreté irréprochable et ... 'artificielle' !).
Revenons à nos moutons c'est-à-dire à la mode, c'est le cas de le dire puisque dans le domaine de la mode, comme dans beaucoup d'autres domaines malheureusement, c'est bien de moutons de Panurge dont il s'agit ... et je ne fais pas exception : vous avez remarqué ma sandale 'has been' qui tranche singulièrement avec la chaussure high tech de Joé ... et c'est bien là que je veux en venir.
Joé, comme beaucoup d'autres skippers, possèdent des équipements en particulier vestimentaires 'sur-mesure' pour ses activités de tour-du-mondiste. Et grâce aux nouveaux moyens de télécommunications nous sommes aux premières loges pour admirer ces tenus vestimentaires. Alors quand on sait qu'il y a quelques années les vestes de quart Aigle (type CopeLand pour être exact) ont fait un tabac chez les terriens car elles sont belles et en plus on se sent bien dans un vêtement qu'on sait capable d'affronter le mauvais temps (genre passage pluvieux estival ... faut pas pousser quand même) et bien je pense qu'une nouvelle aire est en train de voir le jour pour les vêtements de mer. Avec les appareils photos ou les caméras numériques embarqués tout est possible pour promouvoir ces articles en situation d'autant que les produits sont de plus en plus présents dans les canaux de distribution, par exemple j'ai pu acheter les mêmes chaussures que Joé en fin d'été dernier en soldes dans la Coop Maritime d'Etel rive gauche ... mais j'ai aussi vu ces chaussures il y a quelques semaines dans une grande surface de sport à 400 km de la mer la plus proche.
MA chaussure : et ouais la CLASSE je suis habillé de la tête aux pieds comme Joé !!!!
C'est pas tout à fait vrai mais rien ne m'en empêchera dans les prochaines années ... de nouveaux horizons s'ouvrent pour les marchands d'autant que les mannequins sont déjà tout trouvés ...

Sébastien Josse ... ... plutôt beau gosse, non ?
Et des athlètes de cette trempe, au teint légèrement halé et bien il y en a pléthore, n'est-ce pas Mesdames ? Ne faites pas les innocentes, j'ai vu vos regards se tourner ! Je pourrais citer sur ce Vendée Globe : Marc Thiercelin ou Raphaël Dinelli et hors Vendée Globe on peut citer sans hésiter le beau Thomas Coville (skipper de Sodebo en course sur Qatar 2006 dans l'Oryx Quest).

Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) et Conrad Humphreys (Hellomonto) se livrent une vraie bagarre en vue de la ligne, reproduisant un peu le schéma tactique de l'arrivée des 3 premiers : Joé Seeten a essayé de venir cherche la bascule de vent à proximité de lanticyclone comme Vincent Riou (mais avec un peu moins de réussite), Conrad H. lui essaye de couper le fromage à l'anglaise. Ils sont attendus ce dimanche aux Sables-d'Olonne.
Tout 2 ont des bateaux qui sont loin d'être à 100% de leur potentiel et cette arrivée est dure pour les nerfs, voici un petit résumé de leurs handicaps :
- Joé Seeten manque cruellement de voiles davant qu'il a explosé ou perdu pour l'essentiel dans la descente de l'Atlantique. Pourtant conscient de la difficulté de se battre avec ce handicap Joé a fait le maximum pour économiser ses voiles d'avant restantes dans le Sud. Mais cela ne suffit pas : il s'est traîné péniblement à proximité de la bulle anticyclonique.
- Pour Conrad les problèmes sont encore plus graves. Depuis quelques jours, il est dans lincapacité de démarrer son moteur. Il a donc éteint tous les instruments du bord et navigue en 'aveugle' à l'ancienne, sans instrument, ni météo, ni classements. Il barre entre 15 et 16 heures par jour ... ça vous rappelle quelqu'un ? "Jai attaché ma barre avec un système de bouts qui permet de tenir un cap tant bien que mal à condition davoir un minimum de pression dans les voiles". A cela s'ajoute son problème de quille plus ancien mais qui s'est aggravé "j'ai aussi perdu toute pression dans les vérins de quille la nuit dernière. Je lŽai donc fixée une fois pour toutes. Je manquerai un peu de stabilité si le vent se lève mais cela devrait marcher...".
Suite de la saga « en mer on ne va pas toujours où l'on veut »
Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) "Jai actuellement 2,3 nuds de vent
. Jai connu une journée épuisante. Je me suis endormi de fatigue et quand je me suis réveillé, le bateau avait fait demi-tour. Il ma fallu 6 heures pour revenir dans la pétole à mon point de départ ! Cest beaucoup plus fatigant de naviguer ainsi que dans la brise. Il faut être dessus tout le temps, attentif aux réglages, au matossage, etc. Les fichiers météo ne sont pas fiables."
Cette saga est définitivement inépuisable ... à bientôt certainement pour un autre épisode...
Au départ de l'Oryx Quest à Doha au Qatar (cliquer ici pour une présentation de la course), Olivier de Kersauson a piqué un coup de sang lorsqu'il a découvert que la ligne de départ passait sur un haut-fond qui ne laissait pas à Geronimo un tirant d'eau suffisant lui qui cale plus que les catamarans ! "Si c'est comme ça, je dégage en Australie..." et bien voilà c'est fait Geronimo dégage vers Perth pour cause d'avarie sur un bras de liaison ! (petite précision savoureuse : avec sa grande gueule ODK était quand même arrivé à faire déplacer la ligne de départ !).
La faute à pas de chance sûrement mais si la casse est arrivée maintenant (ce qui est plutôt bien car imaginez la catastrophe si cette même avarie survient dans les mers du Sud), cette casse n'est quand même pas 'que' le fruit du hasard.

La casse dûe à ... une choix tactique d'Olivier de Kersauzon
Prévisions pour jeudi 17 février 2005 de Richard Silvani (Météo France) : l'anticyclone devrait se déplacer vers l'Ouest. Les bateaux vont donc devoir effectuer plusieurs virements de bord sur la bordure de ce système, en veillant à garder la meilleure vitesse possible sans casser le bateau d'après.
Olivier de Kersauson (Geronimo) suit une route plus près du vent que celle de Doha 2006 (Brian Thompson) qui privilégie la vitesse. Le VMG (vitesse de rapprochement au but) du trimaran est donc supérieure à celle du catamaran et lui permet de reprendre une avance confortable. « En descendant plus au sud, nous avons fait un choix très différent de celui de Geronimo, explique Brian Thompson. Cela nous évite de cogner péniblement dans les vagues et nous permet d'entrer sur « l'autoroute du Sud » le plus vite possible. »
2 tactiques différentes
on voit le résultat.
Petite morale de l'histoire ... la prise de risque
Pour naviguer à la voile en compétition et arriver de l'autre côté bien classé : le plus dur, ça se confirme, c'est de savoir doser le risque.
Si vous ne prenez pas assez de risques vous êtes vite largué, bloqué à la traîne dans un autre système météo. En prenant trop de risques vous vous retrouvez vite hors jeu, contraint de mettre le clignotant pour dégager vers la terre la plus proche ! Rien que sur le Vendée Globe les exemples sont nombreux : Hervé Laurent ou Alex Thomson qui descendent dans la baston et le paye par une casse éliminatoire, Sébastien Josse qui percute un iceberg en suivant Le Cam (miraculeusement épargné lui) au milieu des glaces dérivantes, Mike Golding qui à trop vouloir couper le fromage au près en vue de l'arrivée dans le Golfe de Gascogne finit lui aussi par payer cher ... en perdant sa quille ... circonstances et avarie finalement très proches de celles de Geronimo ... Ne jamais oublier que le "matériel à une mémoire" et que ce qu'on lui fait encaisser le marque et finit par le faire craquer ! Bruno Peyron sur Orange II le confirme lui aussi à sa manière quand il dit que pour gagner le Trophée Jules Verne "il suffit juste de savoir appuyer au bon moment sur le frein" en d'autres termes doser les risques.
A contrario sur un tour du monde, et comme vous l'aurez compris dans toute course au large les facteurs de risque sont déjà si nombreux par nature que finalement la sécurité peut s'avérer payante : voir la victoire de Vincent Riou (PRB) qui a toujours refusé de couper au plus court dans les dépressions au milieu des champs d'icebergs. Le summum dans le genre étant quand même atteint par Bruce Schwab (Ocean Planet) (voir Note 1 en base de page).
Voilà une belle leçon de vie : pour obtenir un succès, atteindre la consécration
nous ne sommes pas contraint à "passer en force".
Geronimo reprendra t'il la course ?
Et oui parce que figurez-vous que même si Geronimo fait un grand détour et s'arrête pour réparer et bien l'organisateur qui n'a qu'une crainte c'est que cette régate finisse en eau de boudin faute de combattant a autorisé les escales, extrait du règlement :
Toutefois, un bateau victime d'une avarie ou devant demander assistance pourra le faire moyennant des pénalités, à condition qu'il s'arrête au moins 24 heures et ne tire aucun avantage de cette escale.
Note 1

Bruce Schwab (Ocean Planet) : « la mer est vraiment mauvaise avec une houle de nord et une houle dest. Le bateau tape énormément et cela me gêne de lui faire mal en ce jour de Saint-Valentin (ndlr lundi 14 février 2005). Aussi, jai décidé aujourdhui de ne pas lui faire de mal ! » et du coup Bruce fait une trajectoire très 'exotique' remontant l'Atlantique le long des côtés africaines ... je me demande bien comment il va ensuite sortir de ce guêpier. Mais moyennant quoi, si mes souvenirs sont bons, il va devenir le 1er américain à finir un Vendée Globe ... pas rien quand même !
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. Révision 1.0 du 19/02/2005 : ajout du paragraphe « Petite morale de l'histoire ... la prise de risque » + carte et phrase de Bruce Schwab.

Je trouvais que Patricia, qui a pourtant les clefs de la maison, ne donnait plus beaucoup de nouvelles sur le blog de son mari Charles Hedrich parti autour du monde en marge du Vendée Globe ... et pour cause ... elle travaillait d'arrache pied à faire un site officiel que vous pouvez retrouver à l'adresse : http://www.charleshedrich.com/
PS : DomH était aussi en attente des positions pour mettre à jour ses superbes cartes, retrouver les dernières positions communiquées sur http://hausser.ch/IMG/jpg/Objectif3_VG2004-2005.jpg
