Le grand évènement de cette semaine c'est la Course avec un grand C, dans toutes ses dimensions : la météo, la tactique, le classement. Car il semble bien que la victoire du Vendée Globe soit jouée à 18 jours seulement du départ (pour rappel le tour du monde risque quand même de durer autour de 90 jours au total, soit encore 70 jours à pester et ruminer pour les déçus !). Une semaine qui m'a tenue en haleine et dont voici le résumé. Les articles du 1ier thème sont conseillés aux accros de la "voile de compétition" (et déconseillés aux autres).
Bonne lecture à tous.
Thème 1 : Résumé dune semaine HISTORIQUE !
Toujours aucun abandon : 20 au départ le 7 novembre, 20 à régater sur l'eau 3 semaines après. La tête de course vient de boucler le premier quart du parcours à une vitesse hallucinante au portant jusqu'en début de semaine avec un pot au noir peu actif. Le tournant a eu lieu cette semaine ... jugez plutôt.
La situation météo : l'anticyclone de St Hélène se ballade en Atlantique sud. Début de semaine : l'anticyclone est coupé en 2 les leaders arrivent à se faufiler dans un trou de souris entre les 2 bulles sans vent. Milieu de semaine : l'anticyclone gonfle bloquant les poursuivants pourtant parti chercher leur salut en longeant la côte brésilienne. Pour couronner le tout l'anticyclone se décale vers le sud bien sagement posé au dessus de la tête des retardataires pendant quun front froid propulse les leaders à fond la caisse. Lanticyclone de Ste Hélène a joué les gardes barrière et il sera encore là au retour lors de la remontée après le Cap Horn !
Le groupe des 6 premiers
Les 6 de la semaine dernière sont toujours devant dans un ordre inchangé : Le Cam, Riou, Jourdain, Josse, Golding et Thomson. Ils ont joué une partie d'échec planétaire toute la semaine avec un anticyclone en guise d'adversaire. 2 grands gagnants qui sont arrivés à se faufiler dans un souffle d'air, certainement en tirant pas mal sur la bête pour assurer leur option : Le Cam et Riou. Les autres se sont accrochés mais le souffle d'air s'est épuisé sur les pas des 2iers et 4 déçus viennent de se prendre au moins 1j de mer (300 miles) dans les dents. Les 2 leaders naviguent à vue l'un de l'autre (200 m un matin au réveil : ils ont même faillit se rentrer dedans, en solitaire vive les radars !). Les 2 zigs vont donc pénétrer dans ce grand sud, que ni l'un ni l'autre n'ont jamais abordé en solitaire. Forts d'une confortable avance sur le reste de la flotte, ils trouvent tout les 2 cette situation idéale :
Jean Le Cam (je déforme à peine ses propos) "jamais vu un coup météo pareil, on leur à mis une pastille" (le Monsieur à quand même un peu d'expérience des régates : il a remporté 3 fois la solitaire du Figaro)
Vincent Riou (idem je déforme à peine ses propos) "c'est pas mal on est 2 potes, on va pouvoir allumer tout en restant plus raisonnable qu'avec une bande de 5 ou 6 énervés incontrôlables où chaque jour un taré différent de la bande appuie à fond sur le champignon".
Josse et Bilou ont eu chaud aux fesses mais sont passés in extremis. Pour les 2 anglais Thomson et Golding l'addition est encore plus saléé mais ça finit par le faire.
La suite pour eux : Jetons nous à l'eau : le vainqueur du Vendée Globe sera donc Le Cam ou Riou, ils font un sans faute depuis le début y a pas de raison pour que ça ne continue pas. Quand à la 3ième marche du podium
Bilou Jourdain estime, qu'il faudra se montrer patient avant de revoir les deux fuyards : « Il va falloir attendre l'Australie maintenant... ».
Derrière : La seconde division
En plein cur anticyclonique, leurs voiles battent dun bord sur lautre au gré des résidus de houle, le tout sous un soleil rageur
Le triple effet qui consiste à se retrouver dans des calmes, de voir partir les premiers et de voir revenir les suivants est cruel. Très Dur, très très dur pour le moral ...
La suite pour eux : Ils sont à priori condamnés à jouer en deuxième division ... jusqu'à la fin du Vendée Globe.
Encore derrière : la 3e division, celle des aventuriers
Ils sont 5 (un quart de la flotte !), ils n'étaient pas venus pour la régate et bien ils sont servis : à ce rythme denfer je les vois bien arriver aux Sables d'Olonne un mois après les premiers.
Thème 2 : les brèves
Le Vendée Globe ? Un « Jeu déchec » planétaire je vous dit !!! (brève de transition avec le thème précédent)

Imaginez vous êtes à la barre dun 60 pieds, en route pour un tour du monde, il vous faut : faire avancer le bateau, lentretenir en vue du grand sud, manger, dormir, soigner vos bobos, communiquer régulièrement avec la terre pour que votre sponsor soit content, suivre lévolution de la météo sur les sites Internet publiques pour définir votre trajectoire
tout ça tout seul ! En plus il y en a dautres qui font pareil juste à côté
vous devez donc suivre leurs trajectoires et vous placer tactiquement par rapport à eux. Ben oui en plus du « quotidien » du bateau vous devez pendant plus de 3 mois jouer à un jeu déchec géant sur ordinateur, les positions de vos adversaires sont réactualisées toutes les 4 heures ! Voir la photo jointe : lécran du PC de Conrad Humphreys à bord dHellomoto.
Devant 4 copains d'école
Riou, Le Cam, Jourdain et Josse occupent les quatre premières places du Vendée Globe : quel est leur point commun ?
Ils se connaissent et sentraînent ensemble ! Et oui une preuve de plus de l'excellence du travail effectué dans la « vallée des fous » au centre d'entraînement des figaristes de Port la Forêt, dans le Finisterre Sud, à deux pas de Quimper. Si vous cherchez un stage de perfectionnement à la navigation : allez-y c'est une excellente adresse (la sélection pour y être admis est peut-être un peu rude mais on n'a rien sans rien).
Thème 3 : les bons tuyaux "en direct live" des coureurs (to be continued
)
Sébastien Josse (VMI) : « J'ai découvert un truc pas mal ! J'ai installé ma bannette sur un angle de 30 degrés pour aller dormir. Lorsque le bateau gîte trop, je tombe et je me réveille pour aller manoeuvrer. »
Thème 3 : Sujet pour l'épreuve de philo du baccalauréat 2005
Alex doit monter à nouveau dans son mât aile pour décrocher le spi. « Je pense que je vais devoir monter deux fois. Jattends que la mer soit plus calme pour le faire ». Alex a promis quil ne ferait pas cette escalade périlleuse sans prévenir avant son équipe à terre.
Sujet de la disserte de philo, exprimez-vous sur le sujet suivant : dans quelle mesure les moyens modernes de communication facilitent-ils la vie de l'entourage des coureurs resté à terre ? Alors avec les nouveaux moyens de communication plus ou moins de stress ? Jattends vos réponses.
Petit comparatif photo pour prendre la mesure de ce qu'est monter au mat.
- photo prise par votre serviteur en août 2004, au mouillage dans l'avant-port de Döelan (Finisterre sud), altitude 5m (le mat en fait 10), le mat de l'Alliance est équipé d'échelles pour monter facilement. Si je ne suis pas monté plus haut c'est juste que j'étais pas rassuré, pourtant je passe pas pour un trouillard ...

- photo prise par Joé en mer sur le Vendée Globe (vitesse estimée >10 noeuds vu le sillage), altitude 20m (le mat en fait 28), la voile est équipée de sangles le long du mat pour monter (voir photo)

A la semaine prochaine,
Thème 1 : la course
Le point sur "la régate" en ce début de 3ième semaine
Ils sont encore tous les 20 en piste, aucun abandon à déplorer pourtant ils n'ont jamais été aussi vite, impressionnant ! Les premiers ont franchit l'équateur jeudi matin dernier soit après 10 j 12 h de course soit une moyenne de 13,3 nuds depuis le départ : une vitesse qu'on n'arrive même pas ça atteindre en pointe sur nos bateaux de croisière.

Plusieurs courses dans la même course (voir photo)
La flotte est définitivement scindée en trois groupes bien distincts. Il est d'ors et déjà impossible aux retardataires de revenir sur le groupe précédent car les 3 groupes naviguent avec un système météo d'écart. En tête : Le Cam, Riou, Josse, Jourdain, Golding et Thomson; dans cet ordre : 4 français, 2 anglais; le vainqueur est parmi eux ... faites vos jeux. A moins que vous ne préférez parier pour le gagnant de la consolante (contenant quelques inconsolables qui ont raté le 1er wagon comme Dick ou Thiercelin) voire parier pour le gagnant du groupe 3 "bateaux vétérans et féminines". A chacun sa course on vous dit. Il y en a même 2 qui sont "hors course" : Norbert le traminot autrichien qui est derrière tout le monde sans concurrent direct et Charles Hedrich qui poursuit sont tour du monde en pirate puisqu'il est partit avant tout le monde.
Thème 2 : le pot au noir
Présentation géographique du pot au noir
Zone redoutée des marins depuis les Grandes Découvertes, cette zone de convergence intertropicale où les Alizés de l'hémisphère Nord rencontrent ceux de l'hémisphère Sud, est un endroit peu agréable, un peu près centré sur léquateur, avec des orages terribles, un vent très instable en orientation comme en intensité variant de nul à très fort très rapidement (de 5 à 45 noeuds témoignent certains concurrents), le tout avec une mer désordonnée. Pot au noir, parce que c'était l'endroit choisi par les bateaux négriers, qui emmenaient les esclaves noirs d'Afrique vers l'Amérique, pour jeter à la mer tous les malades et ceux qui ne représentaient pas un bon prix à la vente, allégeant ainsi au maximum le bateau pour s'extirper de cette zone et gagner au plutôt les Amériques. Les anglais appèlent cette zone "Horse Latitude" à croire qu'eux jetaient plutôt les chevaux par dessus bord.
Concrètement la vie des skippers dans ce chaos de vents ... (par Nick Moloney)
Pris dans le Pot-au-Noir pendant trois jours, Nick Moloney a bataillé ferme pour sen sortir au plus vite.
« Je nŽai jamais fait autant de changements de voiles en une journée
15, lŽun après lŽautre. Toutes les combinaisons possibles y sont passées, de grand-voile arisée / trinquette à grand voile haute / spinnaker
Je suis très, très fatigué
Mais je suis enfin de lŽautre côté
JŽai barré toute la nuit. Quand le soleil sŽest levé, il restait quelques grains, puis jŽai touché du vent plus stable. Je suis crevé ! Ces trois derniers jours, jai dû dormir 3 heures en tout. Mes mains sont tout abîmées par les changements de voiles. »
2 utilisations originales du pot au noir
Il n'y a pas de mode d'emploi pour traverser cette zone mouvementée.
L'astuce de Vincent Riou pour anticiper les sautes de vent souvent liées aux nuages dans une nuit d'encre : « Heureusement, il y avait des éclairs pour nous aider à voir un peu le ciel car la nuit était très noire ».
Marc Thiercelin est, depuis le départ, en panne de désalinisateur (appareil embarqué par tous les concurrents qui transforme l'eau de mer en eau potable), il profite des pluies providentielles du pot au noir pour faire le plein d'eau douce. Il a récupéré l'eau accumulée dans sa grand voile pour remplir 4 gros bidons de 25 litres chacun. Quand on vous dit qu'il pleut dans le pot au noir, c'est pas qu'un peu !
De temps en temps on oublie la régate et on part en "marche arrière sous voile", si si !
- dans le golfe de Gascogne Roland Jourdain : (« Sill - Véolia ») : « C'était une belle première nuit ! La mer est restée plate et le vent a gentiment oscillé de droite à gauche. J'ai juste pris une bâche en plastique dans la quille, je me suis arrêté et fais une marche arrière pour l'enlever. »
- dans le pot au noir le même Roland Jourdain (aussi appelé « Bilou ») a vite trouvé l'origine de son manque de vitesse qui était imputable à un morceau de filet de pêche coincée dans la quille. Bilou a mis son 60 pieds face au vent pour entamer une marche arrière afin de se défaire de cet « hydrofrein ». La chasse pouvait reprendre de plus belle.
- Raphaël Dinelli (« AKENA Verandas ») : « J'ai eu une première frayeur cette nuit. Le bateau a percuté quelque chose, probablement du matériel de pêche. Après, il y avait un bruit en permanence dans le fond de la coque. J'ai donc effectué deux marches arrière (bateau face au vent et voile à contre) et j'ai vu une grosse planche d'environ 3 m et des bouts sortir sous le tableau arrière. Je pense qu'elle était coincée sous la quille. Jai cru que javais réussi à enlever tout ce que javais pu prendre dans la dérive ou dans la quille. Je suis reparti et deux ou trois heures plus tard jai entendu comme un bruit bizarre en fond de coque. Jai refait une marche arrière et là, une planche en bois est sortie de dessous le bateau. »
- Jean-Pierre Dick s'est fait de belles frayeurs ce matin à la barre de son Virbac-Paprec. Après avoir constaté qu'un filin de dix mètres s'était bloqué dans sa quille, il a tenté de le décoincer en faisant marche arrière. En vain, l'obligeant alors à se mettre face au vent et à plonger sous son bateau, avec des palmes et un masque pour couper l'intrus.
Toutes ces mésaventures sur une descente de lAtlantique seulement. Faut dire que leur quille descend à 4,50 m sous leau
ça ramone (et encore cest la limite de la jauge, je suis sûr que les architectes navals (?) rêvent de faire bien pire pour gagner en performance). En tout cas 4m50 de tirant deau cest rédhibitoire pour déambuler le long de la côte à la recherche dune crique sympa pour passer la nuit au mouillage ;-).
Vu sur le site officiel du Vendée Globe, les bons mots des journalistes
Imaginez la scène. Xavier part surfer sur Internet (ben oui je sais les concurrents eux surfent pour de vrai sur les vagues), donc Xavier part à la recherche des dernières nouvelles du Vendée. Dans la liste des actus il voit le titre suivant "Anne Liardet A LA COTE". Et là mon sang ne fait qu'un tour puis se glace ! Quoi Anne est à la côte ? Elle s'est pris une île de nuit, elle a été roulée sur la plage par de vilaines déferlantes ? Non, rassurez-vous en fait Anne "a la cote" : c'est la plus populaire des skippers/skippeuses, c'est elle qui a reçu le plus grand nombre de mails sur le site du Vendée Globe. Ouf je suis quitte pour une frayeur gratuite, ils sont quand même pas très malins ses journalistes ! Faudrait pas qui me la fasse trop souvent la blague, je commence à me faire vieux.
Sponsors
- Cocasse : Anne Liardet navigue dans les doux Alizés et d'après le communiqué de presse "elle n'a même pas un T-shirt sur elle". Mais que fait son sponsor ? Roxy est la marque de vêtements féminins de surf QuickSilver !
- Pour les Axembliens : Protertia sponsorise Benoît Parnaudeau (MAX HAVELAAR / BEST WESTERN / PROTERTIA FM)
A la semaine prochaine pour les premiers surfs dans le grand sud.
Dominique Wavre (Téménos) : "Les 50e sud : l'Océan indien et le Pacifique sud. C'est dans ces zones là que l'on vit les choses les plus denses. On y va par effraction, l'été, car ce serait impensable d'y aller l'hiver. Ça peut de temps en temps être de la survie mais c'est fascinant."
Voici une info très intéressante pour suivre le Vendée Globe à côté de chez vous.
Du 10 novembre 2004 au 5 février 2005, le PC course itinérant-Sodebo sera successivement présent dans les centres commerciaux de dix villes françaises.
Au programme :
- les vacations radio avec les skippers.
- Diffusions de films avec des images inédites des précédents Vendée Globe, bornes Internet
- Jeux concours (jattends de savoir quels seront les lots à gagner)
Le calendrier, 4 j danimations sinstalleront du mercredi au samedi dans chacun des dix centres commerciaux retenus.
Du 10 au 13 novembre 2004, Caen, centre Saint-Clair Carrefour
Du 17 au 20 novembre 2004, Lille, centre Lomme
Du 24 au 27 novembre 2004, Nancy, centre Saint Sébastien
Du 12 au 15 janvier 2005, Lyon, centre carrefour Vénissieux
Du 19 au 22 janvier 2005, Toulouse, centre porter Carrefour
Du 26 au 29 janvier 2005, Mérignac, centre Mérignac soleil
Du 2 au 5 février 2005, Nantes, centre Beaulieu Carrefour
la 10ème ville nétant pas confirmée à ce jour (qui rêve de Chambéry ?)
Résumé de la semaine
Ils sont partis et preuve de la qualité du plateau ils sont encore tous les 20 en mer, aucun abandon après une semaine de portant à fond la caisse (cela nétait jamais arrivé en 4 éditions du Vendée Globe).
Les brèves en cascade (3 courtes histoires reliées entre elles)
- Devinette. Parmi les bateaux sur la ligne de départ il y a un peu de tout : des bateaux flambant neufs mis à l'eau en 2004 et d'autres bateaux 'reconditionnés' ayant plus de 5 tours du monde sans escale dans la quille (dont un à l'envers !). Devinez qui on trouve à bord des 2 bateaux les plus anciens ? Les deux femmes : Anne Liardet (Roxy) et Karen Leibovici (Benefic). Vous avez dis macho les marins ?
- Du coup il y a bel et bien une course dans la course. Avant le départ Karen Leibovici annonçait "On va se faire notre course avec Anne Liardet, Benoît Parnaudeau et Norbert Sedlacek". C'est très clair : le départ a été express grâce à des conditions portantes, la flotte s'est éclatée en 2 groupes dès les 1iers jours. Voir la carte des positions au 4ième jour de course. Sauf qu'aux 4 retardataires annoncés s'ajoute Raphaël Dinelli que je serai tenter de surnommer "le poisseux" et pas seulement sur ce Vendée Globe mais pour toute sa carrière nautique !

- Petit inventaire des déboires de Raphaël Dinelli. 1ière participation au Vendée Globe : parti hors course sur l'ex-bateau de l'organisateur (Philippe Jeantot), il chavire dans le Sud et est miraculeusement repêché par Pete Goss alors que son bateau coule. Décidé à re-tenter sa chance autour du monde, il décroche un sponsor (Sodébo), fait construire un engin de vitesse, mais Sodébo finit par lui préférer Thomas Coville ! Il se lance donc dans sa 2ième participation au Vendée Globe sur un bateau d'occasion et heurte un cétacé dans la descente de l'Atlantique; obligé de s'arrêter pour réparer il termine hors course, attendant Yves Parlier en chemin. Pour cette édition 2004-05 il se lance dans la construction d'un nouveau bateau mais faute de budget (il n'est pas arrivé à vendre son ancien bateau, avec un arceau arrière particulièrement laid) il doit se résoudre à repartir autour du monde en réarmant "l'invendu". Et devinez quoi ? Il se prend quelque chose dans la quille dès le 2ième jour de course avec une voie d'eau à la clef ! Heureusement qu'il est persévérant le bonhomme. J'en connais quaurait lâché le truc pour moins que ça !!!
Petit cours de manoeuvre en solitaire : 2 écoles pour le changement de bord au portant
Ecole numéro 1 : Hervé Laurent (UUDS)
Vous avez dû comprendre à la lecture de l'édition précédente que j'avais un petit faible pour Hervé Laurent, un navigateur parfaitement inconnu du grand public, il a choisit de longer l'Espagne là où tout le monde à plutôt été chercher une meilleure glisse et moins de vent au large, loin à l'Ouest.
Hervé Laurent (UUDS) "Le fait de faire plusieurs empannages par 45 nuds de vent, c'est très enrichissant et rassurant pour la navigation dans le Sud."

Ben ouais on ne boxe pas du tout dans la même catégorie. Juste un petit rappel : nous lors de notre dernière croisière estivale nous avons eu une pointe à 43 noeuds (pas 45 établit), nous étions 6 à bord (il est tout seul), sur un bateau de 11m (le sien en fait 18), avec une mer plate puisque sous le vent du Golfe de Saint Tropez (lui a 5 m de creux), nous étions sous GV seule à 2 ris : c'est marrant ça m'est pas venu à l'idée de faire un empannage juste pour voir ce que ça donnait ! D'ailleurs tout le monde n'a pas la même technique ...
Ecole numéro 2 : Sébastien Josse (VMI)
"Il y avait 33 nuds de vent et jai planté dans une vague. Jai donc trouvé plus prudent de mettre la trinquette. [...] Je suis très prudent. Une preuve : au lieu dempanner (changer damure au portant, une manuvre toujours délicate dès que le vent forcit) jai préféré remonter au près pour virer de bord."
Le jour où l'empannage est trop "chaud" s'en souvenir et ne pas hésiter à faire comme les pro. Par contre attention ça paraît facile comme ça, mais ce qu'il ne dit pas l'animal c'est qu'au près le bateau penche, que ça mouille sérieusement et qu'en plus on ne surfe plus sur les vagues mais on les prend en pleine face genre manège diabolique.
Paroles du chouchou de la semaine
Extrait d'une ITW de Karen Leibovici.
En août dernier, un accident de la route a bien failli ruiner ses espoirs de courir le Vendée Globe : « On m'a refusé une priorité et j'ai terminé ma course dans un mur ». Le diagnostic du médecin fut dur à entendre : « Fracture d'une vertèbre et du sternum ».
« Vendée Globe oblige, j'ai demandé à être opérée trois jours après l'accident ». Ce qui fut fait. Depuis « J'ai deux plaques de ferraille et une dizaine de boulons à l'intérieur », dit-elle.
Forcément, elle a perdu en mobilité, mais ça ne l'inquiète pas outre mesure : « Mon bateau est sain, tolérant et facile à mener ».
Chapeau Mademoiselle.
Bon vent à tous et à la semaine prochaine, sauf saute dhumeur ;-)
Chers tous,
Le Vendée Globe est parti. Pas besoin de vous faire un dessin ... vous imaginez bien que je vais suivre l'évènement de prêt.
Les médias vont certainement nous informer dans les grandes lignes : classement, casse, météo rencontrée par les concurrents et certainement aussi parler des aventures qui ne manqueront pas d'arriver à l'image des précédentes éditions : chavirage et sauvetage par un autre concurrent, chirurgie de la langue seul dans les 40ièmes rugissants, construction d'un mat de fortune dans une baie inhospitalière d'une île déserte.
De mon côté je vous propose pendant les 3 mois qui viennent de retrouver dans NAM les "coulisses décalées" de la course. Pas que je sois spécialement dans le secret des coureurs mais simplement qu'il y a des à cotés à ce tour du monde planétaire qui ne feront jamais la une des médias. Comme d'hab que des infos véridiques, traitées subjectivement par votre serviteur, selon ses humeurs, ses disponibilités. Premier jet aujourd'hui de la lettre NAM dans le style "Canard du Vendée".
Le décors : tout est relatif
Les concurrents du Vendée Globe vont parcourir en 3 mois et à la voile 23 000 miles soit à peu près la distance parcourue par un gros rouleur avec sa voiture en 2 ans (soit 20 000 km / an) sauf qu'eux ne font pas des pointes à 140 km/h sur l'autoroute mais plutôt à 40 km/h (autour de 23 noeuds quand même !) et qu'ils sont poussés non pas par un moteur à explosion utilisant de l'énergie fossile (quoique .. voir plus loin) mais par une énergie renouvelable : "le vent". Notre quotidien, le leur tout est relatif.
Autoportrait express d'un concurrent
Introduction : Hervé Laurent, skipper pro depuis 25 ans, inconnu du grand public qui a déjà couru le Vendée Globe.
Extrait d'une interview d'Hervé Laurent :
"Ce parcours correspond à ce que j'attends de la navigation hauturière. J'ai traversé 34 fois l'Atlantique mais j'ai envie de faire le tour du monde parce que c'est une autre dimension." (ndlr : moi si jarrive à faire une petite transat dans ma vie se sera déjà pas mal).
Q : Vos souvenirs du Vendée Globe : le meilleur, le moins bon ?
Hervé Laurent : "Le meilleur souvenir, c'est incontestablement l'arrivée. Le moins bon, c'est lorsque j'ai vu une muraille de glace à 200 mètres du bateau alors que je me trouvais à proximité de l'Antarctique. Je peux vous assurer que ça fait un frisson dans le dos." (ndlr : pour rappel leurs bateaux font juste 18m, quand on sait quun glaçon peut couleur un bateau de la taille du Titanic
pour vous faire une idée jeter un il à la photo jointe : un iceberg croisé par un concurrent dans le sud !).
Q : Comment pensez-vous gérer votre sommeil ?
Hervé Laurent : J'ai appris à ne jamais dépasser une demi-heure de sommeil et à m'endormir en moins de dix minutes." (ndlr : les plus grosses « nuits » des concurrents tournent autour de 4h30 de sommeil pour 24h, et pour le plus rapide il faudra tenir le rythme sur 90 jours).
Info ou intox : Jean Le Cam embarque un moteur de tracteur et Roland Jourdain roule au HDI ?
Et oui les 2 marins de la vallée de fous à Fouesnant qui ont construit ensemble leurs bateaux (2 sistership) n'ont pas choisit les mêmes moteurs ... question de philosophie.
Extrait d'une intervention de Jean Le Cam :
"Sur le moteur, nous navons pas fait les mêmes choix : jai une plate-forme rustique, un moteur de tracteur. Il est moins performant que celui de Bilou qui est un HDI"
Je vous encourage bien sûr à suivre la course en direct sur http://www.vendeeglobe.org
