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Samedi 1 janvier 2005

 

Chers tous,

 

         En ce début d’année Lani inaugure un nouveau type d’article sur le blog Nam dédié au Vendée Globe 2004. J’ai constaté avec surprise que beaucoup de personnes « non navigantes » suivaient de très près le Vendée Globe. J’avoue que c’est un peu pour ces personnes que je connais très mal je bien dois le reconnaître que je me suis lancé dans l’écriture de quelques pages non officielles sur le Vendée Globe. Lani a eu la gentillesse de m’expliquer comment lui avait découvert cette course extraordinaire et pourquoi il l’aime autant. Il nous fait partager son expérience qui remonte au Vendée Globe 2000 !

 

Bonne lecture et surtout bonne année 2005 à tous que vos vœux les plus chers se réalisent dans les prochains 365 jours,

 

Nam

 

 

Pourquoi je suis le Vendée Globe ? Un terrien explique sa passion

 

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"Tu n'as jamais navigué au large, sur aucun bateau, tu n'habites pas en Vendée et tu es un passionné du Vendée Globe… Comment cela se fait-il ???"

 

Cette question m'a été posée par plusieurs personnes depuis Novembre 2000, date à laquelle les internautes ont pu poser des questions et discuter du Vendée Globe avec des "navigants" et des professionnels de la voile. Je vais essayer de vous répondre, en ce qui me concerne personnellement.

 

Ma profession de représentant me conduit depuis 1998 à des passages en Vendée très réguliers et relativement fréquents. Les Vendéens sont très fiers de "leur" course, et en parlent très souvent, surtout dans les mois entourant l'épreuve. De ce fait dès Septembre  2000, j'entendais parler de cette course et on me demandait ce que je pensais des choix de certains skippers et toutes sortes de questions au sujet du VG…

Je me suis donc mis à rechercher des infos sur tout ce qui touchait à la course et ce par le web surtout. Je lisais tout ce que je trouvais concernant la course, et là est venu le forum du site officiel du VG2000, sur lequel j'ai d'abord été un lecteur assidu, n'osant pas dire à  ces "marins" que je n'y connaissais rien et que je n'avais jamais mis les pieds sur un voilier pour l'instant. La première fois que j'ai écris sur le forum, c'était pour demander ce que voulait dire: "empanner"… et là, étonnement complet : j'ai reçu une dizaine de réponse avec des explications plus ou moins détaillées et plus ou moins techniques… Révélation : un "terrien" pouvait donc poser des questions aux "marins" sans passer pour un c** .  Et je n'étais pas le seul dans mon cas sur le forum, je l'ai su par la suite.

Depuis, cette course est pour moi un événement très passionnant. Je la suis de près. Cette année le site est complet et très technique (sauf un truc : il manque un forum…).

 

J'ai réussi à comprendre les cartes météo, avec le sens des vents qui changent autour des dépressions et des anticyclones suivant le côté de l'équateur. Et on apprend l'existence de certaines îles dans ces contrées peu connues, c'est passionnant pour celui qui veut bien se donner un peu de mal au départ… Il est vrai qu'au début c'est un peu décourageant de ne rien comprendre à la direction prise par un bateau… Pourquoi vont-ils frôler les plages brésiliennes alors qu'ils doivent passer le Cap de Bonne-Espérance? C'est quoi ce "Pot-au-Noirs" ? Pourquoi l'anticyclone de St Hélène est-il si craint des coureurs? On finit par le comprendre avec les suivis de courses et tentatives de records.

Tout cela était facilité par le forum du site officiel qu'avait voulu Philippe Jeantot, car des "spécialistes" nous répondaient sans sourciller, avec quelques boutades (gentilles) quand même…

 

Cette course est seule dans son genre, c'est une course extrême où tout peut arriver, du plus heureux au pire… Il est vrai que les avancées techniques et les restrictions par le règlement de sécurité font qu’en 2000 il n'y a pas eu heureusement de drame humain, et en 2004, il en sera je l'espère de même. Mais pour partir pour une course comme celle-là, seul sur un bateau, dans des milieux aussi hostiles que les mers du Sud, il faut une certaine dose de courage (et peut-être même d'inconscience, mais je ne le pense pas). Le courage, la force et l'endurance ont toujours été des sources d'admiration pour les humains, et ces skippers qui quittent les Sables d'Olonne sur leur puissante monture au mois de Novembre, tous les quatre ans, pour plus de trois mois de mer sans aucune assistance, forcent l'admiration des spectateurs.

Les exploits de certains skippers forcent aussi l'admiration et rajoute à l'attrait de la course auprès du public, je pense. Quand vous suivez les réparations du mât par Yves Parlier, seul sur une plage de l'île Stewart, vous avez envie de voir si d'autres auront des problèmes similaires à résoudre.

Cette année, il est plus difficile pour le commun des mortels de savoir le nombre de "fervents spectateurs" de la course, car il n'y a pas de forum officiel pour le constater directement… seuls le PC Course peut le savoir…

Bien sûr au niveau France, il y a moins de gens qui suivent le VG que de spectateurs sur tous les terrains de foot, mais il faut comparer ce qui est comparable…

 

Personnellement j'ai toujours comparé cette course  "Vendée Globe" aux "24 heures du Mans automobile", autre épreuve d'endurance mythique. Là aussi le nombre de participants est limité pour raison de sécurité, là aussi les "montures" sont très puissantes et là aussi les risques physiques sont énormes. Ces 24 heures et ces pilotes ont aussi un certain nombre et un nombre certain de fervents admirateurs (j'en fais partie…)

 

Je n'ai pas retrouvé le même engouement pour les autres épreuves de voiles de la part de non navigants sur les forums. Même pour la Route du Rhum, on ne ressent pas la même ferveur, il y a suivi de la course et des positions, mais pas, ou beaucoup moins, de discussions sur les tactiques de course et autres faits de course.

Les tentatives de record ne sont pas suivies de la même façon… et pourtant, ce sont des exploits aussi.

Personnellement, je suis beaucoup d'épreuves de voile et de tentatives de records divers, mais l'ambiance n'est pas la même que pour le VG.

 

Quand on a eu l'occasion de se trouver aux Sables d'Olonne au moment du départ ou arrivées de concurrents du Vendée Globe, il y a un autre attrait au suivi de la course. Il se dégage une telle ambiance au Port Olonna que l'on est pris d'une envie d'y traîner le plus longtemps possible quand on y est, et d'y retourner le plus tôt possible. Cet attrait persiste même longtemps après la course. Sur les quais, dans les ateliers du port et dans les bars et restaurants du coin, on entend parler du VG très longtemps après l'arrivée du dernier voilier et bien avant le départ de l'épreuve suivante. Je dirais même que cela se ressent dans tout le département de la Vendée.

Personnellement, avant 2000, j'allais voir mes clients des Sables d'Olonne sans aller marcher sur les pontons de Port Olonna, et cela je ne peux plus le faire… je passe au moins une heure dans le coin du port, quitte à manger très rapidement le midi, avec le plaisir de pouvoir parler quelques fois avec des skippers comme VDH ou Dinelli qui sont régulièrement là bas, leur port d'attache étant Les Sables d'Olonne.

 

En bref, je pense que c'est la singularité de l'épreuve et la performance humaine qu'elle demande qui sont les attraits de cette course fantastique auprès du public, navigant ou terrien.

 

Nota : suite au VG 2000, un des internautes du forum m'a embarqué sur son voilier (de plaisance) pour une virée de 3 heures dans la baie des Sables d'Olonne, pendant laquelle nous avions eu la joie d'être escortés par un banc de marsouins. Quels souvenirs !!!

 

Bonne année 2005, en suivant les exploits de nos skippers préférés.

 

Bon vent à tous, navigants et terriens,

 

Lani

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J’espère que cet article n’est que le premier d’une une longue série de contributions venues de tous horizons, pour faire partager les émotions que le Vendée Globe vous procure. Alors tous à vos plumes …

 

Vendredi 31 décembre 2004

C'est bien connu un marin (qui plus est solitaire) ça pue ! Rapport aux cirés qui même s'ils ont fait des progrès énormes restent quand même bien étanches dans les 2 sens : la transpiration 'fermente' à l'intérieure et la voile restant une activité 'sportive' … En plus certains jours il n'est pas question de quitter son ciré une seule seconde car une sortie sur le pont peut s'imposer à tout moment sans prévenir.

 

Conclusion : de temps en temps la toilette s'impose, ne serait-ce que pour éviter les irritations, les infections ou encore les mauvaises odeurs (quoique tout est relatif car certains concurrents baignent dans des relents de gas-oil et que la toilette du bonhomme n'y changera rien!). Si il fait bon sur le pont et qu'une eau douce tempérée tombe du ciel (c'est la cas à l'approche des tropiques) : c'est le pied. Dans le Sud il faut un peu adapter la solution.

 

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) "Aujourd’hui c’est piste rouge avec bosses dŽenviron 3 m et toilette. Pour la toilette, c’est à lŽancienne : tu fais chauffer de l’eau à la bouilloire, puis tu en verses sur les lingettes spéciales grand bébé et tu te nettoies (température intérieure 16°, ça va)".

 

Ma maman dans mon jeune temps appelait ça une « toilette de chat » ...

Jeudi 30 décembre 2004

Extrait d'un article précédent (article complet ici) :

<<* "tactique/intox/méthode Coué" : si cette expression n’évoque rien pour vous, je peux (sur simple demande) vous préciser ma pensée quant à la forme que prend la communication des 2 leaders>> 

Voici donc le détail de ce que je souhaitais exprimer avec ces 3 mots.

 

- tactique : Comme le calcul de la route ou les manoeuvres sur le pont, tout ce que je dis est pensé, réfléchit, rien n'est laissé au hasard. Le tout forme ma tactique de course. La communication est juste une arme supplémentaire au service de la victoire.

 

- intox : Là c'est le passage à l'acte, la mise en oeuvre concrète de la tactique de communication défini avec un objectif clair : déstabiliser l'adversaire. Quand je prend le micro, il y a ce que je cache et il y a ce que je dis et surtout il y a le moment et la manière dont je le dis. Jean Le Cam est très fort dans cet exercice, voir imbattable ! Il traverse les pires endroits dans un magnifique sons et lumières digne du Puy du Fou (le pot au noir dans les orages par exemple), les portes (points de passage obligatoires dans le sud qui embêtent tous les coureurs) lui ça l'amuse (lire par ailleurs). Un dernier exemple pour terminer : Jean brevette un système de chauffage à air pulsé pour se réchauffer juste au moment où les premiers icebergs apparaissent... Vincent n'est pas en reste côté intox, par exemple ne comptez jamais sur lui pour vous dire la voilure qu'il porte lors des vacations.

 

- méthode Coué : "Tout va bien ... je vais bien". Vincent et Jean n'ont aucune avarie à déplorer ... bizarre non ? (rappelez-vous Bilou dans l'édition précédente qui a caché son avarie de rail de grand-voile jusqu'au Horn, l'obligeant à rester sous toilé dans le Sud). "Je vais bien ... Tout va bien ..." (se) répètent-ils à qui veut l'entendre.

 

 

Quand c'est moi qui vous le dis vous n'êtes pas obligés de me croire mais si c'est un concurrent de la course, c'est autre chose : la théorie exposée ci-dessus prend tout son poids.

 

La langue de bois des hommes de tête hérisse Dominique Wavre (Temenos). "Cette école de Port-la-Forêt - site de préparation à la course au large fréquenté par les Français du groupe de tête - qui dit sans arrêt que tout va bien même quand ça va mal - et chaque bateau à ce stade de la course a ses problèmes - de peur de communiquer sur ses faiblesses, c'est assez casse-pieds. Ça peut se comprendre dans une Solitaire du Figaro, mais dans le cadre d'un tour du monde où il y a une obligation de solidarité en cas de problème vu les endroits où nous passons, c'est idiot. D'autant qu'on est tous assez solides psychologiquement pour ne pas parier sur les difficultés des autres. Parce qu'elles relèvent de la vie normale d'un solitaire, nos problèmes intéressent le public et ne sont pas un aveu de faiblesse." (extrait d'un article du MONDE | 22.12.04 | 14h47 par Patricia Jolly)

 

Voila c'est dit ... le comité de course nous ennui avec ses communiqués 'grand public / formatés' où l'émotion perce trop rarement mais les coureurs, pour certains, ne sont pas étrangers à cette communication "sans vie" ...

Mercredi 29 décembre 2004

Vous vous souvenez certainement de l'article où j'évoquais la très très grosse peur que c'est fait Nick Moloney (Skandia) dans le Sud ... il disait avoir appelé ses proches pour leur dire "au revoir" (lire http://nam.over-blog.com/article-37090.html) !

 

Et bien voici (extrait de l'article "Carnets de bord", Ouest-France du dimanche 19 décembre 2004) la version des faits vue de terre. Et bien croyez moi ça fait tout aussi froid dans le dos.

 

 Flavie Caulier (photo de Franck Dubray) suit la course depuis leur maison de Saint-Lunaire (et oui David il y a des personnes qui habitent à l'année sur le super spot de 470 de ton enfance ... les veinards ... enfin pas tant que ça si tu lis la suite !). Je disais donc Flavie Caulier suit la course de son conjoint Nick partit autour du monde …

 

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J'ai d'abord eu des nouvelles de lui et de la situation par son coach, Mark Turner, qui m'a appelée en début de matinée mardi pour me rassurer et me dire que Nick allait bien, qu'il ne voulait pas m'appeler maintenant, qu'il avait peur de «craquer». J'essayais alors de me convaincre qu'il était sorti d'affaire, que le plus dur était passé.

 

Et puis, environ 3 heures plus tard, Nick m'a appelée. Jamais je ne l'avais entendu comme ça. Sa voix était vide. Il avait perdu absolument tout espoir. J'essayais de le motiver en parlant des prévisions météo, en lui disant que la dépression avançait plus vite que lui, que dans quelques heures ça irait mieux. Mais je ne comprenais pas... Il m'appelait en fait pour me dire au revoir. Il y a eu comme un flash dans ma tête. Tout a basculé. Les certitudes, la confiance, la foi... J'ai fondu en larmes. J'étais perdue moi aussi. Je n'y croyais plus, j'avais peur, je me sentais totalement impuissante. La seule chose que je pouvais faire, c'était continuer de lui donner espoir, de l'encourager, de lui dire tout mon amour...

 

Quand on a raccroché, j'ai fermé les yeux et des images de chaos sont venues s'entrechoquer dans mon esprit. Des montagnes d'eau en colère, le bateau brisé, Nick à l'eau, perdu milieu de nulle part, dans le froid et l'obscurité. Des appels au secours. Le vide en réponse... J'ai pleuré toute l'angoisse, le stress et la peur accumulés depuis le départ. Quelques heures plus tard, il me rappelait pour me dire que les premiers signes d'accalmie commençaient à se faire sentir. Le ton de sa voix avait changé. La peur était toujours présente mais il avait repris espoir.

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Voila, quand je lis un témoignage pareil je ne peux pas m’empêcher de me poser une question philosophique, digne d’une disserte à l’épreuve du bac.

Exprimez-vous sur le sujet suivant : "dans quelle mesure les moyens modernes de communication facilitent-ils la vie de l'entourage des coureurs resté à terre ?" Alors avec les nouveaux moyens de communication plus ou moins de stress ? Vaste question ; déjà posée dans l’article http://nam.over-blog.com/article-35169.html, thème 3 : Sujet pour l'épreuve de philo du baccalauréat 2005 ;  …. et restée sans réponse. Si vous avez un avis, j'attends vos commentaires.

 

Mardi 28 décembre 2004

Une rencontre longtemps attendue

Jean-Pierre Dick (Virbac) à l'entrée des mers du Sud : "Je suis entouré d'Albatros. Je suis vraiment super content de les voir enfin. Ils sont majestueux, très classieux. J'ai l'impression qu'ils me narguent avec un air hautain l'air de dire : 'qu'est-ce que tu fais chez nous ?' "

 

Les skippers partagent avec eux des moments rares

Patrice Carpentier (VM Matériaux) « Hier, il n’y avait pas de vent, cela m’a permis d’avoir une conversation avec une famille albatros. Je les entendais caqueter, ce qui n’arrive jamais d’habitude ».

 

Les Albatros assurent le spectacle

Vincent Riou (PRB) : « Des fois, on aimerait bien être à la maison, heureusement j'ai une cinquantaine d’oiseaux derrière qui font un magnifique ballet ».

 

 

Pour en savoir plus sur cet étonnant voyageur qu'est l'albatros

http://sciences.nouvelobs.com/sci_20050113.OBS6181.html

 

ou encore, voici un extrait d'article paru dans Le Figaro sous la plume de Martin Couturié (impossible de remettre la main sur le lien, donc je le site !) :

 

[Joé Seeten, en approche du cap Horn sur son Arcelor Dunkerque, ajoute : «Le respect est essentiel pour que cela fonctionne. Moi dès que je vais à l'intérieur, je dis à mon bateau de bien travailler et de se méfier. On s'entend bien, on s'amuse ensemble. Mais là, il doit s'ennuyer dehors. Il n'y a pas d'oiseaux.»

Les compagnons ailés adorent pourtant jouer avec les voiles et les courants d'air dégagés par ces drôles de bestioles qui filent sous la bise céleste. Ce jour-là, l'écrivain Ramon Gomez de la Serna a bien fait de se lever. «Les mouettes naissent des mouchoirs que l'on agite au départ du bateau.»]

 

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. Révision 2.0 du 24/01/2005 : ajout du complément pêché dans Le Figaro

. Révision 1.0 du 17/01/2005 : ajout du paragraphe "Pour en savoir plus"

 
 
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