Que c'est long un tour du monde ... des nouvelles des 4 irréductibles

Publié le par Nam

Petit tour des 4 irréductibles qui sont toujours en mer dans ce Vendée Globe. Et pour démarrer cet article la transition est toute trouvée avec l'article de ce début de semaine sur le dopage, honneur donc aux dames avec Karen.

 

 

Karen sur le point de craquer

Prise au piège d'une dorsale anticyclonique Karen fait du surplace et cauchemarde que son calvaire se prolonge indéfiniment : ne pas avancer c'est déjà dur, mais voir les collègues s'éloigner, l'arrivée ne pas se rapprocher et les difficultés être toujours là (plus d'énergie, mal de dos, absence d'eau et j'en passe ...) et bien il y a de quoi ne pas avoir le moral et c'est ce qui arrive à Karen qui est sur le point de craquer nerveusement. A t'elle emmené à bord des anti-dépresseurs ? Où commence et où s'arrête le dopage ? Comme pour l'assistance vaste débat auquel vous pouvez participer sur le forum Gens de Mer.

Aller tiens bon Karen ... tu es mon anti-héro préféré dans ce Vendée Globe (cf article Karen et Ellen) !

 

 

Benoit n'a plus le goût

Lui qui pourtant nous avait habitué à suivre tranquille son petit bonhomme de chemin, prenant même le temps de 'philosopher' en route ... et bien pour lui aussi rien ne va plus. Il écrit dans son livre de bord hebdomadaire dans l'Humanité "j’ai beau me rapprocher chaque jour un petit peu plus des Sables-d’Olonne, je n’en vois plus la fin. La lumière est belle, la mer aussi, mais curieusement je n’arrive pas à en profiter comme je devrais. L’impatience me ronge et je ne parviens pas à me défaire de ce sentiment".

Aller tiens bon Benoit ... la ligne est sans doute pour aujourd'hui !

 

 

Raphaël en bave aussi ...

Mais curieusement ça ne me fait pas aussi mal au coeur que pour les 2 concurrents cités précédemment. Non pas que je ne porte pas Raph dans mon coeur mais plutôt parce qu'au contraire on le connaît bien l'animal et on sait combien il est résistant à l'adversité (il en est à sa 3ième 'tentative' de Vendée Globe) ... la preuve de cette résistance : sur son bateau hors d'âge de plus de 14 tonnes au gréement blessé et qui prend l'eau quasiment depuis le premier jour (!), il ne peut s'empêcher de positiver "C’est un très bon bateau qui peut encore aller plus vite avec quelques améliorations" (sachant que Raph est parti sur cet engin car il n'a pas trouvé les finances pour terminer son bébé flambant neuf qui dort pétrifié sous un hangar, les travaux à peine effectués moitié).

Aller tiens bon Raph ... la ligne d'arrivée de ton 1er Vendée Globe en course est en vue, là juste à portée de main !

 

 

Anne Liardet face à une grosse avarie

Depuis quelques jours sa dérive bâbord est fendue, elle a explosé le puits de dérive, provoquant une voie d’eau. Pour réparer Anne a tout de suite mis à la cape et a appuyé le bateau sur tribord pour que l’eau ne pénètre plus dans le bateau. Nous offrant un nouvel épisode de l'inépuisable saga "à la voile on ne va pas toujours où l'on veut" (parabole de la vie de tous les jours de chacun d'entre nous) : pendant qu'elle répare sa dérive Anne se met à la cap et Roxy dérive plein sud à l'opposé de sa route qui bien sur est cap plein Nord elle, pour regagner les Sables (vous remarquerez au passage toute la complexité du langage maritime : d'habitude on lui reproche de multiplier les mots de vocabulaire spécifiques, mots pas toujours faciles à comprendre pour un néophyte et bien ici c'est l'inverse 2 mots (dérive et cap) trop 'génériques' qui sont utilisés tous les 2 à 2 reprises et avec des significations assez différentes ... le tout dans la même phrase qui malgré mes effort n'a pas pu être 'simplifiée' d'avantage sous peine de devenir inexacte !).

Aller tiens bon Anne ... ton rêve d’une vie de navigatrice va bientôt être exaucé et tes 3 enfants seront à l'arrivée pour partager cette joie avec toi ! (et peut-être y aura t'il une autre bonne surprise : le rachat du bateau vainqueur PRB par ton sponsor ... ce ne sont que des bruits de pontons mais peut-être bientôt cela deviendra un beau cadeau pour ton retour à la course après une belle parenthèse familiale ... une belle reconnaissance pour la brestoise !).

 

Anne Liardet sur Roxy ... qui a fait tout les Vendée Globe + un record autour du monde épique à l'envers avec Philippe Monnet (d'ailleurs toujours proprio du bateau et qui l'a 'prêté' à Anne pour ce tour du monde ... sacré cadeau !)

 

Ce fameux Golfe de Gascogne

Ces 4 là doivent encore affronter le Golfe de Gascogne qui on le sait n'est pas une partie de plaisir en cette saison, écoutez Bruce Schwab (Ocean Planet), le dernier concurrent arrivé à ce jour de 'mise sous presse' : « Autrement il fait très froid. Il fait plus froid que dans le sud parce que là en plus j’ai le vent de face alors qu’il était portant là-bas. J’ai eu des grains cette nuit et dans l’un d’eux, j’ai même eu de la neige ! » ... c'est ce qui attend Benoit c'est sûr, pour les autres la météo leur réserve peut-être d'autres surprises par forcément plus agréables.

 

 

Faut que ça tienne !!!

La hantise de la casse occupe tous les esprits, Anne par exemple craint pour son gréement qui se relâche de jour en jour, le mat va t'il finir par tomber ? Anne Liardet "J'en ai ras le bol. Roxy est très fatigué. Le gréement se relâche toujours, les fuites augmentent au niveau du puits de dérive. Le bateau cogne, tombe, il est secoué dans tous les sens. On se demande comment ça fait pour tenir."

Benoit témoigne aussi très bien de cette angoisse des derniers miles "Pour l’instant, je dois continuer à faire une route propre, même si je commence à devenir un peu parano. Chaque choc me fait flipper. J’ai peur que quelque chose arrive. Ce serait vraiment bête à quelques jours de l’arrivée. Rester concentré, rester concentré..."

Ce serait vraiment dommage si près du but surtout qu'aucun accident / avarie grave n'est venu perturber le Vendée Globe 2004 à ce jour ... pourvu que ça dur (Note 1) !

 

 

(Note 1) certains ont quand même vraiment eux très chaud aux fesses et sont passés près de la correctionnelle : Alex T. et son trou dans le pont; Norbert S., Bilou, Nick M. ou encore Mike G. avec leurs quilles baladeuses ou encore Conrad H. et sa voie d'eau en pleine tempête dans le Pacifique ... la liste n'est pas exhaustive bien sûr ... mais aucune vie en danger, aucun bateau abandonné en mer et tous (à l’exception de Nick M.) ont ramené au port leur barque par leurs propres moyens ... chapeau les pros …

 

[et je le dis en toute admiration moi qui ai (honteusement ?) appelé la SNSM à la rescousse après une nav de nuit parce que l’absence de vent conjugué à une panne moteur, à un mouillage qui ne tient pas par 20m de fond, à la fatigue de 24h de nav en continue et un courant de marée qui portait à 2 nœuds bien sonnés sur la pointe de Penmarch me faisait penser qu’il y avait danger d’atterrir au pied du phare d’Eckmühl sur les roches de ‘Grounini’ qui malgré leur nom sont loin d’être suffisamment généreuses pour accueillir tendrement une coque !

A ma décharge il faut bien reconnaître que souvent en mer le danger c’est la terre ! Et si cette expression peut sembler paradoxale au premier abord, sur l’eau elle se révèle très fréquemment d’une cruelle exactitude !]

 

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. Révision 1.0 du 4/03/2005 : ajout de la dernière phrase autour du danger en mer c’est la terre …

 

 

Publié dans Vendée Globe 2004

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N
Exact je corrige. Merci.
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E
Tu as oublié la perte de la quille pour Mike Golding, je crois.
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