Benoit est arrivé ... vive Benoit !

Publié le par Nam

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) était au départ de ce Vendée Globe un parfait inconnu pour moi. Mea Culpa ce n'est pas n'importe quel marin ce Benoit : ministe chevronné, préparateur de 60 pieds Open réputé, Benoit est loin d'être un novice de la course au large ... simplement il vivait dans l'ombre des grands noms de la voile et/ou de leurs projets. Mais avec son tour du monde j'ai découvert un mec en or qui navigue propre, porte un message sympa pour le commerce équitable, a entretenu en mer des liens étroits avec les autres concurrents particulièrement quand ils étaient dans les difficultés et surtout le must : son parcours sur ce Vendée Globe est d'une limpidité étonnante. Ce mec fait plaisir à voir et à entendre, tout son projet est cohérent, par exemple il s'est élancé à bord d'un bateau qui lui ressemble (lire le 1er thème) : simple et éprouvé avec comme seule ambition de boucler la boucle en respectant avec application les règles (Note 1) ... et il l'a fait ! Je vous propose quelques petites réflexions pour mieux apprécier le bonhomme au lendemain de son arrivée en 10ième position de ce Vendée Globe.

 

 

Max Havelaar : un bateau simple et éprouvé

Benoit évoquait dans l'un de ses premiers messages le plaisir d'être en mer, le couple que forme l'homme et son bateau "Je me rends compte que le bateau est costaud. Ça donne confiance. Je lui parle, je l’encourage. Il y a un perpétuel dialogue entre nous. Quand il souffre, il craque, ou produit des bruits anormaux. Je suis toujours à l’affût du moindre son que je ne connais pas. Et quand il est content, l’eau qui glisse sous sa coque le fait ronronner."

Ah être en mer, en symbiose avec un bateau … et quel bateau ! Un vieil engin que certains observateurs au départ du Vendée Globe étaient limite de considérer comme des 'épaves' en comparaison des bateaux flambant neufs ou superbement préparés et équipés comme l'étaient respectivement le Bonduelle de Le Cam ou le PRB de Riou. Ces observateurs pourtant avertis avaient le sentiment à regarder Max Havelaar le bateau de Benoit mais aussi d'autres bateaux (en particulier ceux des 4 derniers dont je parlais pas plus tard qu’hier)  ... que jamais ils ne serraient en mesure de finir leur circumnavigation sans un arrêt au stand !

Pour vous donner une idée de la brutalité et de la véracité de ce sentiment qu'on peut prendre en pleine face en musardant sur les pontons des Sables, je vous propose de comparer 2 photos.

 

Voici le chariot d'écoute de grand-voile de PRB : une belle courbe dessinée pour la performance. Vincent Riou possède là une arme redoutable pour régler la puissance de son moteur (la grand-voile). Avec un chariot pareil il peut maîtriser, contrôler, doser aux petits oignons et en fonction des conditions l'allure dans les 3 sens du terme de son PRB (les 3 sens du mot allure =  vitesse, direction mais aussi beauté).

 

A contrario voilà 'le dispositif' permettant de régler la grand-voile sur le Max Havelaar de Benoit. Pas grand chose à dire : c'est pour le moins rustique, les possibilités de réglage sont élémentaires ! Avantage indéniable : il y a très très peu de chance pour que ça lâche !

 

 

 

Le chrono : une petite déception pour Benoit ?

Benoît Parnaudeau (Max Havelaar) : « Avant de partir je pensais fort à Titouan Lamazou [le vainqueur du premier Vendée Globe, en 1989-90], car nous avons des bateaux de la même époque et qu'il avait fait une belle course en 109 jours. C'est mon objectif. »

A son grand regret alors qu'il était dans les temps lors de son passage au Cap Horn, la remontée de l'Atlantique a été tellement laborieuse que ce chrono pourtant à sa portée n'aura pas été égalé !

 

 

To be continued ... demain la suite pour ceux qui ont aimé ce premier épisode ... mais il sera réservé aux accros car il n'y aura pas de photo ‘aguicheuse’. En effet j’avais annoncé à mes fidèles lecteurs une photo perso de Max Havelaar croisé au large de Belle-Ile en mer du temps où le bateau s’appelait 60ième Sud et était aux mains de Didier Montduteguy (dont Benoit était le préparateur) … mais je n’ai pas remis la main sur cette photo de bel engin rouge au près en train de laisser littéralement sur place … une image inoubliable pour le marin balbutiant que j’étais alors !

 

… A demain et après-demain !

 

 

(Note 1) les instructions de course précisaient que les skippers devaient donner quotidiennement des nouvelles du bord et Benoit s'est astreint à les respecter à la lettre, au propre comme au figuré, en envoyant un mail par jour au comité de course. Résultat ? ... plus de 116 cartes postales du grand large ... un pur bonheur pour les passionnés comme vous et moi fidèlement retransmises sur le site Officiel.

 

Publié dans Vendée Globe 2004

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