A chacun son tour

Publié le par Nam

(sous-titre : de la bonne dimension des rêves)

 

Il y a des phrases toutes faites qui portent en elles un sens profond, par exemple : "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir".

 

Moi, à la lumière de ce Vendée Globe, je serais tenter d'inventer une phrase de mon cru, un peu moins lyrique : "pour vivre heureux ayons les ambitions de nos rêves ... en évitant de se tromper de rêve".

 

Pour illustrer cette formule maison je m'appuierai sur 2 concurrents de cette course, l'un plutôt malheureux (Marc Thiercelin) et l'autre plutôt comblé (Benoit Parnaudeau) ...

 

Marc et Benoit sont tous les 2 partis faire le tour du monde en solo à la voile, c'était pour réaliser leur rêve le plus cher mais avec des réussites bien différentes au regard de leurs ambitions.

 

Marc avec son expérience de plusieurs tours du monde en solo partait pour la régate et visait la victoire (il a déjà terminé second derrière Christophe Auguin dans le Vendée Globe 1996-97), il souhaitait aussi vivre une grande aventure maritime No Limit. Il s'est trompé de rêve : on ne prend pas le départ pour la gagne sur un bateau ancien, avec un budget limité, victime d'une préparation trop courte même si les choix techniques se sont avérés les bons (bateau allégé pour le petit temps). Par ailleurs on ne prend pas le départ d'une régate planétaire 'moderne' si l'on veut être libre de sa route (Marc a accusé le coup des portes dans le Sud imposées par l'organisation). Marc n'a pas rencontré le succès, il dit avoir été au bout de lui-même (il lui a fallu quand même 4 tours du monde en solo pour rencontrer ses propres limites, 3 Vendée Globe et 1 Boc-Around Alone !). Marc revient un peu 'abîmé' par cet échec, il n'était pas dans LA course, il n'était pas dans SA course. Marc s'en remettra sûrement, en tout cas souhaitons le lui, car c'est aussi avec les échecs que l'on se construit et que l'on avance dans la vie ... en tirant des bords à l'image de Raphaël Dinelli qui s'y est repris à 3 fois avant d'arriver à terminer un Vendée Globe, même si c'est en avant-dernière position et que tout son parcours était un peu dans la veine de son arrivée ... plutôt difficile.

 

 

Raph tire des "bords carrés" en vue de la ligne, Karen suit ...

 

L'histoire de Benoit quant à elle est plus simple car les gens heureux n'ont pas d'histoire, c'est bien connu. Benoit avait comme seule ambition : faire une boucle en solo, sans escale après avoir aidé les autres à réaliser ce rêve (Isabelle Autissier, Christophe Auguin, Didier Munduteguy). Son projet cohérent lui permet de terminer 10ième de ce Vendée Globe sur un bateau simple et éprouvé. Benoit a triomphé ... il revient grandit.

 

 

Comme quoi une fois s'être fixé ses propres objectifs, il faut essayer de monter un projet en cohérence avec ce rêve, sous peine de sérieuse déception ...

 

Publié dans Vendée Globe 2004

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