Autour de l'équateur

Publié le par Nam

Thème 1 : la course

Le point sur "la régate" en ce début de 3ième semaine

Ils sont encore tous les 20 en piste, aucun abandon à déplorer pourtant ils n'ont jamais été aussi vite, impressionnant ! Les premiers ont franchit l'équateur jeudi matin dernier soit après 10 j 12 h de course soit une moyenne de 13,3 nœuds depuis le départ : une vitesse qu'on n'arrive même pas ça atteindre en pointe sur nos bateaux de croisière.

Plusieurs courses dans la même course (voir photo)

La flotte est définitivement scindée en trois groupes bien distincts. Il est d'ors et déjà impossible aux retardataires de revenir sur le groupe précédent car les 3 groupes naviguent avec un système météo d'écart. En tête : Le Cam, Riou, Josse, Jourdain, Golding et Thomson; dans cet ordre : 4 français, 2 anglais; le vainqueur est parmi eux ... faites vos jeux. A moins que vous ne préférez parier pour le gagnant de la consolante (contenant quelques inconsolables qui ont raté le 1er wagon comme  Dick ou Thiercelin) voire parier pour le gagnant du groupe 3 "bateaux vétérans et féminines". A chacun sa course on vous dit. Il y en a même 2 qui sont "hors course" : Norbert le traminot autrichien qui est derrière tout le monde sans concurrent direct et Charles Hedrich qui poursuit sont tour du monde en pirate puisqu'il est partit avant tout le monde.

 

 

Thème 2 : le pot au noir

Présentation géographique du pot au noir

Zone redoutée des marins depuis les Grandes Découvertes, cette zone de convergence intertropicale où les Alizés de l'hémisphère Nord rencontrent ceux de l'hémisphère Sud, est un endroit peu agréable, un peu près centré sur l’équateur, avec des orages terribles, un vent très instable en orientation comme en intensité variant de nul à très fort très rapidement (de 5 à 45 noeuds témoignent certains concurrents), le tout avec une mer désordonnée. Pot au noir, parce que c'était l'endroit choisi par les bateaux négriers, qui emmenaient les esclaves noirs d'Afrique vers l'Amérique, pour jeter à la mer tous les malades et ceux qui ne représentaient pas un bon prix à la vente, allégeant ainsi au maximum le bateau pour s'extirper de cette zone et gagner au plutôt les Amériques. Les anglais appèlent cette zone "Horse Latitude" à croire qu'eux jetaient plutôt les chevaux par dessus bord.

 

Concrètement la vie des skippers dans ce chaos de vents ... (par Nick Moloney)

Pris dans le Pot-au-Noir pendant trois jours, Nick Moloney a bataillé ferme pour s’en sortir au plus vite.

« Je nŽai jamais fait autant de changements de voiles en une journée… 15, lŽun après lŽautre. Toutes les combinaisons possibles y sont passées, de grand-voile arisée / trinquette à grand voile haute / spinnaker… Je suis très, très fatigué… Mais je suis enfin de lŽautre côté… JŽai barré toute la nuit. Quand le soleil sŽest levé, il restait quelques grains, puis jŽai touché du vent plus stable. Je suis crevé ! Ces trois derniers jours, j’ai dû dormir 3 heures en tout. Mes mains sont tout abîmées par les changements de voiles. »

 

2 utilisations originales du pot au noir

Il n'y a pas de mode d'emploi pour traverser cette zone mouvementée.

L'astuce de Vincent Riou pour anticiper les sautes de vent souvent liées aux nuages dans une nuit d'encre : « Heureusement, il y avait des éclairs pour nous aider à voir un peu le ciel car la nuit était très noire ».

Marc Thiercelin est, depuis le départ, en panne de désalinisateur (appareil embarqué par tous les concurrents qui transforme l'eau de mer en eau potable), il profite des pluies providentielles du pot au noir pour faire le plein d'eau douce. Il a récupéré l'eau accumulée dans sa grand voile pour remplir 4 gros bidons de 25 litres chacun. Quand on vous dit qu'il pleut dans le pot au noir, c'est pas qu'un peu !

 

 

De temps en temps on oublie la régate et on part en "marche arrière sous voile", si si !

- dans le golfe de Gascogne Roland Jourdain : (« Sill - Véolia ») : « C'était une belle première nuit ! La mer est restée plate et le vent a gentiment oscillé de droite à gauche. J'ai juste pris une bâche en plastique dans la quille, je me suis arrêté et fais une marche arrière pour l'enlever. »

- dans le pot au noir le même Roland Jourdain (aussi appelé « Bilou ») a vite trouvé l'origine de son manque de vitesse qui était imputable à un morceau de filet de pêche coincée dans la quille. Bilou a mis son 60 pieds face au vent pour entamer une marche arrière afin de se défaire de cet « hydrofrein ». La chasse pouvait reprendre de plus belle.

- Raphaël Dinelli (« AKENA Verandas ») : « J'ai eu une première frayeur cette nuit. Le bateau a percuté quelque chose, probablement du matériel de pêche. Après, il y avait un bruit en permanence dans le fond de la coque. J'ai donc effectué deux marches arrière (bateau face au vent et voile à contre) et j'ai vu une grosse planche d'environ 3 m et des bouts sortir sous le tableau arrière. Je pense qu'elle était coincée sous la quille. J’ai cru que j’avais réussi à enlever tout ce que j’avais pu prendre dans la dérive ou dans la quille. Je suis reparti et deux ou trois heures plus tard j’ai entendu comme un bruit bizarre en fond de coque. J’ai refait une marche arrière et là, une planche en bois est sortie de dessous le bateau. »

- Jean-Pierre Dick s'est fait de belles frayeurs ce matin à la barre de son Virbac-Paprec. Après avoir constaté qu'un filin de dix mètres s'était bloqué dans sa quille, il a tenté de le décoincer en faisant marche arrière. En vain, l'obligeant alors à se mettre face au vent et à plonger sous son bateau, avec des palmes et un masque pour couper l'intrus.

Toutes ces mésaventures sur une descente de l’Atlantique seulement. Faut dire que leur quille descend à 4,50 m sous l’eau … ça ramone (et encore c’est la limite de la jauge, je suis sûr que les architectes navals (?) rêvent de faire bien pire pour gagner en performance). En tout cas 4m50 de tirant d’eau c’est rédhibitoire pour déambuler le long de la côte à la recherche d’une crique sympa pour passer la nuit au mouillage ;-).

 

Vu sur le site officiel du Vendée Globe, les bons mots des journalistes

Imaginez la scène. Xavier part surfer sur Internet (ben oui je sais les concurrents eux surfent pour de vrai sur les vagues), donc Xavier part à la recherche des dernières nouvelles du Vendée. Dans la liste des actus il voit le titre suivant "Anne Liardet A LA COTE". Et là mon sang ne fait qu'un tour puis se glace ! Quoi Anne est à la côte ? Elle s'est pris une île de nuit, elle a été roulée sur la plage par de vilaines déferlantes ? Non, rassurez-vous en fait Anne "a la cote" : c'est la plus populaire des skippers/skippeuses, c'est elle qui a reçu le plus grand nombre de mails sur le site du Vendée Globe. Ouf je suis quitte pour une frayeur gratuite, ils sont quand même pas très malins ses journalistes ! Faudrait pas qui me la fasse trop souvent la blague, je commence à me faire vieux.

 

Sponsors

- Cocasse : Anne Liardet navigue dans les doux Alizés et d'après le communiqué de presse "elle n'a même pas un T-shirt sur elle". Mais que fait son sponsor ? Roxy est la marque de vêtements féminins de surf QuickSilver !

- Pour les Axembliens : Protertia sponsorise Benoît Parnaudeau (MAX HAVELAAR / BEST WESTERN / PROTERTIA FM)

 

A la semaine prochaine pour les premiers surfs dans le grand sud.

Dominique Wavre (Téménos) : "Les 50e sud : l'Océan indien et le Pacifique sud. C'est dans ces zones là que l'on vit les choses les plus denses. On y va par effraction, l'été, car ce serait impensable d'y aller l'hiver. Ça peut de temps en temps être de la survie mais c'est fascinant."

 

Publié dans Vendée Globe 2004

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