Le Vendée Globe : vu de la terre

Publié le par Nam

Vous vous souvenez certainement de l'article où j'évoquais la très très grosse peur que c'est fait Nick Moloney (Skandia) dans le Sud ... il disait avoir appelé ses proches pour leur dire "au revoir" (lire http://nam.over-blog.com/article-37090.html) !

 

Et bien voici (extrait de l'article "Carnets de bord", Ouest-France du dimanche 19 décembre 2004) la version des faits vue de terre. Et bien croyez moi ça fait tout aussi froid dans le dos.

 

 Flavie Caulier (photo de Franck Dubray) suit la course depuis leur maison de Saint-Lunaire (et oui David il y a des personnes qui habitent à l'année sur le super spot de 470 de ton enfance ... les veinards ... enfin pas tant que ça si tu lis la suite !). Je disais donc Flavie Caulier suit la course de son conjoint Nick partit autour du monde …

 

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J'ai d'abord eu des nouvelles de lui et de la situation par son coach, Mark Turner, qui m'a appelée en début de matinée mardi pour me rassurer et me dire que Nick allait bien, qu'il ne voulait pas m'appeler maintenant, qu'il avait peur de «craquer». J'essayais alors de me convaincre qu'il était sorti d'affaire, que le plus dur était passé.

 

Et puis, environ 3 heures plus tard, Nick m'a appelée. Jamais je ne l'avais entendu comme ça. Sa voix était vide. Il avait perdu absolument tout espoir. J'essayais de le motiver en parlant des prévisions météo, en lui disant que la dépression avançait plus vite que lui, que dans quelques heures ça irait mieux. Mais je ne comprenais pas... Il m'appelait en fait pour me dire au revoir. Il y a eu comme un flash dans ma tête. Tout a basculé. Les certitudes, la confiance, la foi... J'ai fondu en larmes. J'étais perdue moi aussi. Je n'y croyais plus, j'avais peur, je me sentais totalement impuissante. La seule chose que je pouvais faire, c'était continuer de lui donner espoir, de l'encourager, de lui dire tout mon amour...

 

Quand on a raccroché, j'ai fermé les yeux et des images de chaos sont venues s'entrechoquer dans mon esprit. Des montagnes d'eau en colère, le bateau brisé, Nick à l'eau, perdu milieu de nulle part, dans le froid et l'obscurité. Des appels au secours. Le vide en réponse... J'ai pleuré toute l'angoisse, le stress et la peur accumulés depuis le départ. Quelques heures plus tard, il me rappelait pour me dire que les premiers signes d'accalmie commençaient à se faire sentir. Le ton de sa voix avait changé. La peur était toujours présente mais il avait repris espoir.

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Voila, quand je lis un témoignage pareil je ne peux pas m’empêcher de me poser une question philosophique, digne d’une disserte à l’épreuve du bac.

Exprimez-vous sur le sujet suivant : "dans quelle mesure les moyens modernes de communication facilitent-ils la vie de l'entourage des coureurs resté à terre ?" Alors avec les nouveaux moyens de communication plus ou moins de stress ? Vaste question ; déjà posée dans l’article http://nam.over-blog.com/article-35169.html, thème 3 : Sujet pour l'épreuve de philo du baccalauréat 2005 ;  …. et restée sans réponse. Si vous avez un avis, j'attends vos commentaires.

 

Publié dans Vendée Globe 2004

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