Karen et Ellen racontent, chacune à leur manière, leur tour du monde

Publié le par Nam

2 femmes, chacune en solo autour du monde sans escale sur un bateau, toutes les 2 possèdent un prénom qui se termine en 'en'. Là s'arrête la ressemblance car si Karen participe au Vendée Globe sans le sous sur l'un des plus anciens bateaux de la flotte (ancien cigare rouge de VDH); Ellen elle essaye de ravir le record du tour du monde le plus rapide à Francis Joyon avec sous ses pieds un bateau flambant neuf construit sur mesure pour elle par un sponsor "en or" ... Mais là n'est pas le plus important. Leur vraie différence se situe ailleurs : l'une a des motifs sérieux de se plaindre et ne pipe pas mot quand l'autre plutôt bien lotie geint sans discontinuer. Petit comparaison de paroles recueillit en mer de l'une et de l'autre.

 

 

Question de Philippe Eliès journaliste au Télégramme de Brest "Après une descente de l'Atlantique plutôt agréable, vous avez l'air d'en « baver » dans l'océan Indien ?"

Réponse de Karen : "Ah, ça oui ! Là, c'est chaud : il y a 40-45 nœuds de vent. J'en bave, mais ici, tout le monde en bave. Alors, je ne vais pas passer mon temps à me plaindre : ce n'est pas dans mon tempérament".

 

Pour info Karen a été victime en août dernier d'un accident de voiture, occasionnant une fracture d'une vertèbre et du sternum. Après être passée sur la table d'opération, elle a pris le départ du Vendée Globe avec deux plaques de ferraille et huit boulons à l'intérieur dans le dos. Les mouvements du bateau sollicitent en permanence son dos, sans parler des douleurs que cela provoque (elle porte une ceinture dorsale et avale moult calmants), elle estime ses capacités physiques diminuées de plus de 40 % !

 

 

 

Voici en comparaison quelques courts extrait d'un e-mail d'Ellen ...

 

"Me voilà assise à la table à cartes, absolument trempée, une fois de plus. Ces 10 dernières heures, j'ai déjà changé de vêtements deux fois …"

"J'ai du effectuer de nombreux changements de voiles. C'est assez stressant d'aller renvoyer un ris en pensant que vous allez sans doute devoir le reprendre à peine une heure plus tard."

" Les heures passant, cette tempête s'est avérée pire que celle de Noël. Des rafales à plus de 45 nœuds, une mer déchaînée, des vagues qui déferlaient de partout, et un tourmentin de 15m2 qui nous semblait gigantesque. On n'a pas arrêté une minute."

 

Coupons court aux complaintes de Miss Ellen .... si vous voulez vraiment jugez par vous même de la dure vie qu'elle mène prenez le temps de lire un message au hasard de son site http://www.teamellen.com/ .

 

 

Mon propos n'est pas dénigrer la belle Ellen, ni de minimiser ses efforts et sa peine, tout ce qu'elle raconte est certainement exact et, je n'en doute pas un instant, pénible même à vivre. Sa performance est d'ailleurs remarquable plus de 3 jours d'avance sur Francis Joyon sur IDEC à la date de rédaction de ces lignes ! Mais je souhaite juste mettre en avant le fait suivant : au lieu de sombrer dans une litanie sans fin de petits malheurs, certains navigateurs (dans l'exemple pris ici : une autre navigatrice) moins bien lotis savent à travers leur tout du monde nous faire partager d'autres émotions ... faire vivre d'autres valeurs ... Personnellement sur moi ça ne produit pas le même effet, et sur vous ?

Publié dans Vendée Globe 2004

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Lanidrac 06/03/2005 16:34

Je pense que cela vient de son équipe de communication et donc des besoins pub de son sponsor... car, autant que je m'en souvienne, pendant le Vendée Globe 2000-2001, Ellen ne "pleurnichait" pas plus que Michel Desjoyaux ou Roland Jourdain ou Catherine Chabaud.

enond 04/03/2005 13:53

Je crois que l'esprit du Team Challenge Offshore et l'esprit d'Ellen sont très liés. Je crois que cette équipe est née de l'association de Mark Turner et d'Ellen Macarthur et je pense que c'est leur esprit à tous les deux. Ellen est comme ça, l'équipe est pareille et c'est leur façon à eux de communiquer. Moi, je suis comme Nam, ça ne me fait pas rêver, mais apparemment ça plait à beaucoup de gens, peut-être parce que comme ça ils ne sentent pas seuls à se plaindre. :o)

Hervé 06/01/2005 14:25

Bien sûr, Ellen emploie un ton plaintif, mais je pense qu'elle nous ramène bien à la difficulté de ce qu'elle est en train de réaliser. Bien entendu, Joyon l'a réalisé l'an dernier sans autant médiatiser les souffrances, mais la difficulté à maîtriser un tel trimaran et le stress engendré par la vitesse et le bruit d'une telle machine font de ce tour du monde un exploit et pas une partie de plaisir.

Il faut comparer la course d'Ellen (et de ses prédécesseurs)avec les bateaux engagés en équipage dans le Jules Vernes ou l'Oryx Cup plutôt qu'aux monocoques du Vendée.

PaT 06/01/2005 13:51

Mais oui c'est dommage de ne pas mettre plus en avant les aventures de tous et notamment de Karen ... elle est dure la loi du marché mais il faut manger et parfois (trop souvent mais je ne vais pas cracher dans la soupe non plus) la pub commande

PaT 06/01/2005 13:41

En effet, Nam je te trouve un peu radical ... C'est plus, à mon avis, un problème de politique de communication, culture tabloïd des britanniques oblige.Je reçois les communiqués des autres navugateurs de l'Offshore Challenge, ils sont écrits dans la même veine fantastico-pleurnicharde.Je ne crois pas que ce soit la vraie personnalité d'Ellen qui transparaît là, ni celle de Nick Moloney du même Team, en course dans le Vendée Globe.