Dernière "ligne droite"

Publié le par Nam

Pour tout comprendre de l'arrivée et compte tenu de l'importance de cet évènement j'ai appelé à la rescousse pour cet article Vincent Riou (extrait de son carnet de bord publié sur Ouest-France) et Jean-Yves Bernot (célèbre routeur qui tient chronique sur Libération). Comme d'hab leurs analyses sont agrémentées de quelques commentaires perso.

 

 

Les jeux sont faits

 

Vincent Riou "Côté régate, le décalage existe (ndlr, il était 180 milles plus au nord que Jean lors de la rédaction de ces lignes dimanche 30 janvier au soir). On a jeté la boule et on regarde tourner la roulette. La distance au but est trompeuse, elle sera significative quand nous aurons viré tous les trois et mis le cap sur Les Sables-d'Olonne".

 

Et oui Vincent est monté chercher du vent à une latitude plus Nord (quasi celle de Brest) que la position des Sables donc forcément à un moment il s'éloigne du but alors que les 2 de derrière, Jean Le Cam et Mike Golding, continuent de s'en rapprocher.

 

 

Il reste une décision à prendre

 

Vincent Riou "Je reste concentré sur la dernière grande décision à prendre : virer au bon moment. Et ça m'occupe à 100 %."

D'après le pointage de 16h sur le site officiel, il semble que Vincent est viré de bord dans l'après-midi du lundi 31 janvier.

Concernant cette décision du bon moment pour virer de bord c'est un grand classique connu de tout naviguant.

 

En croisière, vous êtes au près dans une mer hachée, en train d'essayer péniblement de doubler un cap et à bord ça donne : "bon quand est-ce qu'on vire ? Si on vire trop tôt et que finalement on ne passe pas : faudra tirer un contre-bord puis à nouveau revirer, ça va être sportif ! Si on vire trop tard on rallonge la route et au choix (selon l'heure et la saison) : on rate l'heure des douches ou le bar sera fermé et il faudra dire adieu à la bière fraîche en terrasse !"

 

En régate ce choix donnerai plutôt un truc du genre : "Bon cette putain de lay-line elle est où ? Si on passe au dessus on perd la régate, si on vire trop avant on risque d'être contraint à un virement de bord supplémentaire en plus dans l'embouteillage de l'arrivée à la bouée !"

 

Dans tous les cas il faut prendre cette décision en appréciant des tas de paramètres : le meilleur compromis cap/vitesse du bateau, les prévisions de vent (à plus ou moins long terme), éventuellement les courants qui peuvent augmenter sensiblement la dérive et bien sûr la concurrence ... la stratégie en bateau ce n'est pas un vain mot !!!

 

Ca y est les 3 ont virés mais pas sûr qu'ils arrivent tous les 3 à ne faire qu'un bord (prévision vent H+24h)

 

Puis ... de la vitesse pure

 

Vincent Riou « On va chercher à grappiller des dixièmes de noeuds, peaufiner des réglages. Il y a toujours à faire sur le bateau, beaucoup de boulot. Je n'ai pas envie qu'on soit bord à bord, mardi, pour la dernière ligne droite. »

Jean-Yves Bernot confirme : "Ce Vendée, superbe de stratégies subtiles se termine en course de pilotage."

 

Voilà un sprint final 'tout schuss' en ligne droite vers les Sables avec des gars HS, des bateaux certainement éprouvés et une date d’arrivée (ETA) qui malgré leur meilleure volonté ne cesse de reculer pour aujourd’hui être ‘affinée’ dans la nuit de mercredi à jeudi … à moins qu’il ne faille encore tirer un bord sur la fin du parcours, tout est encore possible …

 

 

Que font les 2 de derrière ?

 

Malgré de grandes déclarations ils ont l'air de faire quasiment la même trajectoire ne pouvant pas tellement profiter de la 'supériorité' de leurs bateaux plus récents en prenant une route différente avec des allures plus proches du vent. Pour en avoir le coeur net il faudrait pouvoir suivre l'avancée des concurrents sur le site officiel ... mais c'est peine perdue ... la cartographie ESRI a littéralement explosée sous la demande.

Publié dans Vendée Globe 2004

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