Le Carnet de Bord de Charles Hedrich

Mardi 11 janvier 2005 2 11 /01 /2005 00:00

Charles Hedrich coureur initialement inscrit sur la liste du Vendée Globe est parti le 19 Octobre Hors course. Un différent avec le propriétaire du bateau l'en a empéché. Mais l'essentiel est préservé puisque Charles se dirige actuellement vers le Cap Horn. Il souhaite enchaîner trois épreuves : Le Paris Dakar en Moto (réalisé en 2003), le tour du monde à la voile sans escales et sans assistance ( en cours ) et ensuite l'Everest ( 2006). Un enchaînement jamais réalisé par un même sportif.

Suite à ce différent, j'ai du sauter dans la peau du reporter pour vous faire partager cette aventure. A partir de maintenant, grâce à Nam, je le ferais chaque semaine pour vous informer sur le tour du monde de Charles.

 

 

 

Par Patricia Hedrich - Publié dans : Le Carnet de Bord de Charles Hedrich
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Dimanche 16 janvier 2005 7 16 /01 /2005 00:00

Charles Hedrich a franchit le Cap Horn cette semaine. Patricia, son épouse, vous apprendra dans un prochain article dans quelles circonstances exactes il a passé ce Cap mythique et quel est son état d’esprit maintenant qu’il est « sur le chemin du retour ».

 

En attendant pour ceux qui ne connaissent pas Charles, voici son 1er communiqué de presse, rédigé peu après son passage de l’équateur. Cee communiqué, reproduit ici intégralement, présente l’homme, son défi et les raisons de son départ ‘hors course’.

(Cet article est spécialement dédicacé aux Sodeboys du PC Course itinérant qui j’espère auront eu la curiosité de venir rendre visite au site Non Officiel du Vendée Globe).

 

 

 

      COMMUNIQUE DE PRESSE   :

     Charles Hedrich reste déterminé à boucler son tour du monde

 

Charles Hedrich, coureur initialement inscrit sur la liste du Vendée globe, devance toujours les concurrents officiels de 2 500 milles et reste déterminé à boucler son tour du monde sans assistance et sans escale. Parti le 19 octobre hors course, à la suite d’un différend avec le propriétaire du bateau, le skipper d’Objectif trois se dirige actuellement ( 37.05 Sud , 5.39 Ouest ) vers le Cap de bonne espérance. Privé de liaisons satellites pendant huit jours et ne pouvant signaler sa position, Charles Hedrich navigue depuis bientôt un mois « à l’ancienne ».

 

 

Charles Hedrich poursuit son tour du monde sans assistance et sans escale. Il a rencontré des conditions météo plutôt favorables avec « du grain et du vent » et franchi l’Equateur lorsque les concurrents ont pris le départ le 7 novembre. Au passage du Pot au noir, le calme plat a alterné avec des trombes d’eau et des vents violents (35 nœuds) et instables. Charles se dirige vers le Cap de bonne espérance à une allure qui le satisfait, avec un vent de 12 à 20 nœuds. Mais ce premier mois de navigation a été marqué par de nombreuses péripéties.

 

A la mi-octobre, Josh Hall, le propriétaire du bateau, refuse le renouvellement de la licence radio, élément indispensable pour valider le dossier de départ  du Vendée globe, et tente vainement de saisir Objectif Trois le 11 Octobre. Charles Hedrich lève les voiles le 16 octobre de Lorient, dépasse les Sables d’Olonne le 19, et part définitivement pour  accomplir son projet sportif. Craignant d’être arraisonné, il navigue au large des eaux territoriales, à plus de 200 miles des côtes espagnoles et portugaises. Personne ne connaît sa position exacte, hormis lui-même...

Quelques jours après son départ, le Lyonnais s’ouvre un doigt en sciant une pièce : quatre pansements font office de points suture. Après avoir porté un gant pendant 10 jours, Charles considère aujourd’hui que la cicatrisation est bonne...

 

Le 29 octobre, en déclarant le bateau volé, Josh Hall obtient que les lignes satellites soient coupées: plus de communication, plus de prévisions météo… « Seul le téléphone Iridium de secours qui m’appartenait fonctionnait. J’étais déjà dans un état d’esprit d’autonomie et de réelle solitude. Je navigue à l’ancienne…Christophe Colomb n’avait même pas de compas ! », explique l’ancien officier de la marine marchande. Les communications sont rétablies 8 jours plus tard.

 

Tout en skippant Objectif trois, « Charles s’est organisé comme au bureau, en vrai professionnel », estime son épouse Patricia. « Il gère les avocats, les actions juridiques, la presse, les communiqués… et n’oublie ni sa famille, ni ses copains ».

 

Son départ précipité n’a pas permis de peaufiner certains détails matériels : les voiles neuves n’étaient pas tout à fait ajustées et le moteur auxiliaire de fonctionne pas comme prévu. Le marin doit donc gérer sa consommation d’électricité sur le moteur principal, c’est à dire être économe. « J’ai appris la consommation de chaque machine pour les optimiser », explique Charles Hedrich.  « C’est le printemps dans l’hémisphère sud et mon cockpit est un vrai sauna : pas de ventilateur (ça consomme) et le capot est fermé lorsque je navigue au près ».  Hier, il a croisé pour la première fois son reflet, sur l’écran  du GPS. « Pas rasé depuis un mois, j’ai un look assez maudit ». Autre contrariété, pas de recette pour cuisiner les poissons volant : « Chaque nuit, ils  sont livrées tout frais à mes pieds ».

 

 

Le moral de Charles Hedrich est bon : il a choisi et apprécie cette expérience pleine de liberté et d’actions. Depuis le 7 novembre, ses questions récurrentes sont : où sont les autres ? Comment avancent-ils ? Quels sont leurs positions et leurs classements ? Il ne peut malheureusement pas s’inspirer de ses voisins : ils sont tous derrières.

 

Quand vont ils me rattraper ?

 

Charles Hedrich, 46 ans, marié, 3 enfants, s’est fixé comme objectif d’enchaîner trois épreuves sportives de haut niveau : le Paris-Dakar en moto (6e en 400cm3 en 2002-2003), le Vendée globe ( 2004 ) et l’Everest ( 2005- 2006 ).

 

 

Précisions sur le différend entre Charles Hedrich et Josh Hall

Le différend est apparu en juillet, à la suite d’une demande délai de paiement de loyer. Depuis, le tribunal de Lorient  a fixé la caution à verser, au montant restant dû de la location jusqu’au 30 juin 2005, augmenté des intérêts de retard. Le paiement de cette somme a été remis au tribunal et la main levée a été prononcée le 30 septembre, après crédit effectif sur le compte.

 

Contact : Patricia Hedrich

Par Nam - Publié dans : Le Carnet de Bord de Charles Hedrich
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Mercredi 19 janvier 2005 3 19 /01 /2005 00:00

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE 

Cap Horn : le rendez-vous des aventuriers

 

Charles Hedrich (Objectif 3), Jean-Pierre Dick (Virbac) et Ellen Mac Arthur (Castorama) ont franchi tous trois le Cap Horn dans les dernières 24H. Parti hors course du Vendée Globe le 19 Octobre, Charles Hedrich a été doublé par les premiers concurrents de la course  le 26 décembre, au large de la Nouvelle Zélande. Profitant d’une accalmie dans le Pacifique, il s’est offert un « footing régénérant ».  Il y a deux ans, cet ancien officier de la marine marchande décrochait la 6eme place du Dakar en moto dans sa catégorie : 400 cm3.

 

 

Quel est le point commun entre le coureur du Vendée globe Jean-Pierre Dick, Charles Hedrich, parti hors course et Ellen Mac Arthur qui tente actuellement de battre le record autour du monde en solitaire et sans escales de Francis Joyon ? Le Cap Horn bien sûr, le rendez-vous mythique des grands aventuriers de la mer. La démonstration par l’absurde a été faite hier soir, les trois improbables compagnons de route ayant rejoint dans une tranche de 24 Heures l’Océan Atlantique à seulement quelques heures d’intervalles.

 

Depuis près d’une semaine, Objectif 3 affronte une sévère dépression, aux côtés de Virbac de Jean-Pierre Dick qui a lui cassé sa bôme. Charles Hedrich privilégie la sécurité mais progresse à un rythme soutenu. Il a franchi l’Equateur le 7 novembre,  passé le Cap de Bonne Espérance le 23, puis le cap Leeuwin le 10 décembre et enfin le Cap Horn cette nuit. Une performance tout à fait honorable pour un néophyte de la course au large.

 

Pilotes automatiques défaillants

Cette partie de la course fut éprouvante pour le marin et pour le matériel. Le 2 janvier le bateau s’est encore a moitié couché. Au début de l’Océan Indien, une déferlante avait déjà roulé le 60 pieds à 90°. Une lampe torche a été emportée et un projecteur de pont a rendu l’âme, ce qui complique les manœuvres de nuit. Le génois, l’une des voiles qui sert le plus actuellement, s’est décousu à deux endroits en faseillant. Que faire ? Attendre qu’il s’explose totalement ? Le rouler définitivement ? Ou monter au sommet du mat pour l’affaler ?

Enfin, les deux pilotes automatiques du monocoque, le principal et celui de secours, ont  tous deux lâché début janvier. Très délicat  alors d’abandonner la barre. «Difficile de réparer dans ces conditions », peste Charles Hedrich. « Lorsqu’on est à la barre, on n’est pas ailleurs. Et puis comment croiser les informations  pour trouver la solution ? Comment tester la réparation ? C’est ça la vraie solitude ! » Le 5 janvier  toutefois, Charles est parvenu à réaliser une réparation satisfaisante. Mais le pilote reste capricieux : lorsque le vent souffle, le bateau peut brusquement devenir incontrôlable et les risques de casser le mât sont alors très importants. Dans de telles conditions, dormir est une gageure. Cette épée de Damoclès génère un fort stress nerveux.

 

 

Un « footing régénérant »

La traversée du Pacifique s’est cependant avérée plus sereine que celle de l’Océan Indien. Elle a offert un peu de calme à Charles qui peut enfin lever la tête et prendre le temps de se regarder : « Je ressemble à une bête sauvage avec mon épaisse moustache et mes cheveux coupés courts, mais seulement par endroit. Pas facile d’être un bon coiffeur sans miroir, ni assistance … » Ce néophyte de la course au large savoure la vie à bord et prend goût à cet environnement si particulier qui lui devient, au fil des jours, de plus en plus familier. Le 25  décembre au matin, Charles s’est même offert un « footing régénérant » sur son 60 pieds. Durant une petite heure, torse nu, il a enchaîné méthodiquement une série d’allers-retours de 18 m, la mer étant enfin praticable.

 

Bien qu’il soit hors course, Charles Hedrich compare chaque jour la progression des concurrents du Vendée globe. Il connaît par cœur leur classement et s’efforce de maintenir sa position. Sportif polyvalent il réclame aussi le classement de la coupe du monde de ski alpin, en bon moniteur de ski, et se prépare à entraîner ses trois fils à la compétition dès son retour. Enfin, il n’oublie pas le classement du Dakar.

 

Objectif Trois première mondiale

Les 25 et le 31 décembre ont réchauffé le cœur du solitaire. Au regard du chemin parcouru, Noël a été une vraie fête. Le passage à la nouvelle année a été célébré deux fois, compte tenu des 12 heures de décalage entre les deux hémisphères. Ce fut aussi l’occasion de se rappeler qu’il y a tout juste deux ans, Charles Hedrich affrontait le désert du Dakar en 400cm3 et accomplissait ainsi son premier objectif. Après ce tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale, Charles Hedrich défiera l’Everest. Une trilogie que personne n’a jamais réalisée.

 

Prochain communiqué : début Février

Par Patricia Hedrich - Publié dans : Le Carnet de Bord de Charles Hedrich
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Mardi 1 février 2005 2 01 /02 /2005 00:00

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Charles Hedrich, parti hors course du Vendée Globe, se rapproche de l’Equateur,   bord à bord avec Joe Setten , et se prépare à éviter les zones de calme du Pot au Noir. Il profite des accalmies relatives pour réparer la casse. Il est attendu sur la terre ferme la deuxième quinzaine du mois de février. Denis Horeau, le directeur de course du Vendée Globe, l’a informé qu’ il ne l’accueillerait pas aux Sables d’Olonne. Le skipper d’Objectif 3 n’a pas encore pris sa décision.

 

Après les conditions de navigation difficiles rencontrées dans l’Océan Indien et dans le Pacifique, Charles Hedrich et Objectif 3 soufflent un peu depuis qu’ils ont franchi le Cap Horn. C’est l’occasion de réparer les diverses avaries qui se sont déclarées. Début janvier, les deux pilotes automatiques, le principal et celui de secours, avaient déclaré forfait juste avant le Cap Horn. Une réparation temporaire avait permis à Objectif 3 de poursuivre sa route à vitesse réduite et dans des conditions de navigation précaires. Mais lorsque la mer devenait très forte, Charles était contraint de barrer en permanence. Après le passage du Cap Horn,  le skipper a profité des accalmies pour réparer définitivement les pilotes. « Trois heures le nez dans l’électronique au détriment de la progression », dans la course au large il faut savoir trancher dans les priorités.

Et lorsque les instruments de mesures refusent définitivement de fonctionner, Charles navigue à l’ancienne ce qu’il, au bout du compte, apprécie. Mais ce type de panne  reste  « une épée de Damoclès, très usante pour les nerfs. Si l’on est en régate, la course est finie ».

 

« Des pointes à 65 nœuds »

Après le passage d’un  grain, Charles a constaté que l’étai de solent, au pied du mat, était démis. Le skipper d’Objectif 3 a dû se rapprocher de la côte, plus au calme, pour réparer. L’étai remis en place, il a fallu consolider l’ouvrage avec du carbone. La réaction chimique a été terrible : « Une épaisse fumée s’est formée et j’ai dû tout jeter par-dessus bord avant que cela ne dégénère ! » La liste des réparations est longue. Le génois, qui s’était décousu en deux endroits, est en lambeau et s’est enroulé autour du câble. Seule solution :  grimper en haut des 26 mètres du mât pour le couper. Un baptême incontournable pour les candidats au tour du monde. La première tentative s’est soldée par un échec et Charles a dû battre en retraite en raison d’un grain trop important. Il s’est ensuite parvenu à se hisser par l’étai du génois, a coupé les bouts flottants au vent et entouré les lambeaux avec du scotch américain.

Par ailleurs, La météo s’est avérée plus forte que prévu ces 15 derniers jours. « Le vent n’a jamais soufflé aussi fort, avec des pointes à 65 nœuds. Refermer la porte d’entrée est une vraie lutte tant les rafales de vent sont puissantes ». Enfin, les coupures Internet compliquent considérablement le téléchargement des fichiers météo, ce qui mobilise le skipper pendant plus de deux heures pour un seul fichier.

 

Pas d’accueil aux Sables d’Olonne ?

Charles a appris par un article paru dans Ouest France le 17 janvier que Denis Horeau, le directeur de course du Vendée Globe, écartait la possibilité de l’accueillir aux Sables d’Olonne. Cette information l’a réellement surpris dans sa solitude, lui qui aura -si tout va bien- réussi un tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale. Le 20 janvier au soir, Denis Horeau a finalement pris contact avec le skipper d’Objectif 3 pour lui confirmer ses propos. Charles Hedrich  n’a pas encore décidé quel sera son port d’arrivée.

 

Par ailleurs, Charles a été très touché par le décès de Silvio Méoni, intervenu au cours du Dakar 2004, et qu’il avait eu le plaisir de croiser dans l’édition 2003 ou dans les rallyes raids 2002. Et de lui rendre hommage :  « J’ai eu une pensée pour lui, pour ce sportif déterminé qui aimait tant l’aventure et qui l’a payée au prix fort ».

 

Le skipper d’Objectif 3 devrait achever son tour du monde avant la fin du mois de février, réalisant ainsi son deuxième objectif. En Janvier 2003, il avait bouclé le Dakar en 400cm3. Son dernier challenge, l’Everest, reste toujours d’actualité. Mais Charles prend goût à la mer et envisage ensuite un nouveau défi : battre le record du tour du monde en multicoques.

 

 

Contact : Patricia Hedrich. Tel. 06 80 01 63 27 / 04 50 93 04 21

Email. Objectif3.premieremondiale@wanadoo.fr

Par Patricia Hedrich - Publié dans : Le Carnet de Bord de Charles Hedrich
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Samedi 19 février 2005 6 19 /02 /2005 00:00

 

Je trouvais que Patricia, qui a pourtant les clefs de la maison, ne donnait plus beaucoup de nouvelles sur le blog de son mari Charles Hedrich parti autour du monde en marge du Vendée Globe ... et pour cause ... elle travaillait d'arrache pied à faire un site officiel que vous pouvez retrouver à l'adresse : http://www.charleshedrich.com/  

 

PS : DomH était aussi en attente des positions pour mettre à jour ses superbes cartes, retrouver les dernières positions communiquées sur http://hausser.ch/IMG/jpg/Objectif3_VG2004-2005.jpg

 

 

Par Nam - Publié dans : Le Carnet de Bord de Charles Hedrich
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