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Vendredi 25 février 2005

Une info pour les ‘supporters’ de Charles Hedrich arrivé dans la nuit de Lundi à Mardi à Lorient après son tour du monde en marge du Vendée Globe :

Dimanche 27 février à partir de 18h le village de St Nicolas de Véroce (74) fête Charles Hedrich.

 

 

Vous êtes les bienvenus pour entourer Charles lors de son retour ‘à la montagne’ prélude à la réalisation de son 3ième objectif : l’ascension de l’Everest !

Jeudi 24 février 2005

 

Pour tout savoir sur l'arrivée de Charles Hedrich à Lorient après son tour du monde en marge du Vendée Globe en 128 jours. Je vous conseille la lecture du reportage et de l'interview exclusive de l'envoyé spécial de Nam sur les lieux j'ai nommé Ryme. Qui ne fait pas les choses à moitié car non seulement il a accepté de passer une nuit blanche mais en plus il vous offre un magnifique diaporama (cliquez en haut à droite).   

 

Allez Ryme, vas-y il y a encore 5 concurrents officiels et 2 hors course ... ça nous promet plein d’émotions, de belles photos perso d’arrivées aux Sables.

 

J'espère que Ryme ne m'en voudra pas mais comme le lien sur son site n'est pas 'fixe' (il change à chaque nouvel article et il est aussi prolixe que moi l'animal) et bien je reproduis ici l'intégralité du texte dont vous pouvez retrouver la version originale à l’adresse  http://perso.wanadoo.fr/remy.peyrard/remy/commentaires2004.html (moyennant un peu d’ascenseur !) ou encore là http://spaces.msn.com/members/lautrevie/Blog/cns!1p0okZR2LqavdDb1wL1Gmnyg!429.entry. Bref l'article est ici mais je ne suis par l'auteur de cette merveille, j'ai juste réalisé une mise en page Nam.

 

 

Lundi 22/02/05 107ème jour de course / Je voudrais te dire : J'ai fait cette nuit un rêve étrange

 

J'ai rêvé que Madame Patricia Hedrich m'avait informé de l'arrivée de Charles Hedrich à Lorient. "Rendez-vous à dix heures à la villa Margareth. Trouvez la villa Margareth à Lorient, rien de plus simple... un tout à la base de la marine Nationale qui m'indique gentiment que je devrais voir direction l'Armor plage au port de Kernevel. La villa Margareth est un très joli bistro sur le port de plaisance, dans une ancienne villa bourgeoise. Comme c'est un joli rêve, Patricia Hedrich est là, avec ses enfants, sa mère, et des amis de Charles. Les conditions météos particulières que connaissent les concurrents dans le golf ont également retardé Charles. Il ne sera là que vers 19H. En attendant les enfants jouent comme ils peuvent sur la plage, et nous allons partager un plateau de fruits de mer. Comme dans les rêves, il n'y a pas de suite logique mon rêve reprendra à 20 heures avec un casse-croûte en commun, et Monsieur Hedrich Père qui se joint au groupe. Patricia, depuis le matin se bat avec un agenda. A croire qu'elle rédige le livre de bord depuis la terre. Il s'agit d'organiser un rendez-vous entre un hélicoptère et des cadreurs, de trouver de l'éclairage pour les mêmes journalistes. Un Lorientais passe saluer. Une étudiante fait un TPE pour son Bac et va avoir l'exclusivité de sa vie. 01 heures trente. Patrick Favre skipper pressenti, mais qui n'a pas pu prendre le départ de ce Vendée Globe et trois journalistes de TV Breitzh viennent prendre un dernier pot. Patricia partie avec les préparateurs du bateau et son fils aîné sur un Zodiac nous appellent, Charles entre dans la baie de Lorient. Comme dans tous les beaux rêves, on nous distribue des coupes vents blancs "Objectif 3 Première Mondiale" et nous embarquons, amis de longue date, enfants et étudiante sur un Zodiac blanc. Après une vingtaine de minutes, à 02h09 précisément nous distinguons un voilier tout blanc, sans marque de sponsor. Pourquoi dans les rêves tout est toujours tout Blanc ? Dans mon rêve, même certaines routes bretonnes étaient blanches, de Givre et de neiges mêlés.

02 Heures trente cinq arrivée au ponton. Patricia Hedrich me présente à Charles, et je balbutie quelques mots de félicitations au nom de la communauté des internautes, dont je suis le seul représentant ce soir. Charles en retour dit qu'il a beaucoup apprécié le soutien, les mails et les sites perso des internautes. Et voilà le petit cortège regagnant, les chaudes salles de la Villa Margareth. Tout est incohérent, dans un rêve ! Même un bistrot qui ferme à 21h mais dont le patron resterait éveillé toute la nuit pour entretenir une douce chaleur au travers d'un poêle Gaudin. Dans mes rêves aussi, je peux écouter l'interview et même y participer, partageant une bière autour d'une table ronde avec le skipper. Les habitués des arrivées Aux Sables relèveront les incohérences.

 

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- Quand on s'appelle Charles Hedrich, patron d'une entreprise de chasseur de tête qui marche, pourquoi se retirer et se lancer dans un Vendée Globe?

Par amour de la compétition. J'étais déjà pilote de moto sur le Dakar et autres raids. Je ne gagnerais jamais le Dakar par ce que je ne suis pas assez "top". Le pilotage d'une moto demande un apprentissage qui doit démarrer très tôt. Et je n'ai pas commencé assez tôt pour être tout en haut. J'ai les réflexes et la connaissance pour être un bon, mais je ne serais jamais un tout bon.

 

- Alors vous voulez gagner un Vendée Globe ?

Non, j'aimerais bien en refaire un (Patricia m'avait dit qu'il aurait bien voulu mettre le clignotant à droite et refaire un tour de la calotte glacière), mais je ne serais jamais au top financièrement et techniquement. Je pourrais me placer, jamais gagner. Par contre la voile me semble être un domaine à m'a porté et j'aimerai bien me lancer à la conquête de record en trimaran solo ?

 

- Battre le record de Mac Arthur ?

Non Pas dans ce sens. Mais il y a de nombreux autres records à battre.

 

- Vous êtes parti précipitamment et en délicatesse avec le propriétaire de votre bateau. Où en êtes-vous ?

Je viens d'obtenir à mon profit la saisie conservatoire du bateau. Les mouches ont changé de cul d'âne.

 

- Alors racontez-nous votre Vendée Globe ?

Quand je me suis lancé dans le projet Vendée Globe, je ne savais pas ce que c'était qu'une trinquette. Pour la qualification du Vendée Globe, je suis parti sur la Transat Anglaise alors que je n'avais jamais envoyé une voile d'avant. Et même en course, on ne peut pas s'entraîner à faire une quinzaine d'empannages à suivre. En moto, on répète des passages, des techniques. Là je n'ai pas eu le temps. Mais j'apprends vite. A la suite des ennuis avec mon charmant propriétaire, qui aurait bien voulu louer une deuxième fois le bateau, à un autre concurrent (je n'ai pas eu de nom juste dans murmure Tolkien ? ndlr) j'ai eu un entraînement insuffisant. Le bateau a été très bien préparé, mais insuffisamment testé. Je n'ai pas eu le temps de terminer mes préparatifs. Je suis parti sans un gramme de protide. Juste dix litres d'huile, des Kilos de miel et des pâtes. Mais les pâtes au miel... au bout d'un moment... on s'en lasse. De toute façon depuis l'équateur, je n'ai que des pâtes ! il m'en reste 10 kilos. (Sourire, car chez Charles le sourire est une deuxième nature, rictus figé au coin de la lèvre dès qu'il vous adresse la parole, ou vous écoute.) En partant j'ai été obligé de faire le tour des eaux territoriales françaises et espagnoles, car j'avais peur que mon charmant propriétaire (décidément il doit être vraiment charmant. je devrais peut-être le rencontrer... ouïe pas taper) me fasse arraisonner. Le charmant propriétaire a fait couper les communications satellites. Je n'ai pu avoir de fichier météo que par le téléphone de secours qui était ma propriété. Au début, j'étais donc forcément handicapé par rapport aux autres concurrents en distance de parcours, et en moyens météo. Mon plus grand regret est que la direction de course m'ait totalement ignoré.

 

- A quoi ressemble le grand sud ?

Pour mon premier jour dans le grand sud, j'ai chaviré. J'étais tout de suite au parfum. J'étais à l'intérieur. J'ai entendu un énorme grondement qui approchait et le bateau s'est couché. Je n’ai pas eu peur pour moi. On sait que le bateau flotte. Et même s'il ne flottait plus on a deux canaux de survie. On s'enferme dedans avec de l'eau et de la nourriture. Non j'ai eu peur pour le bateau, peur de la casse, car pour moi c'était la fin de mes projets. Et puis on attend. Un moment d'ailleurs, ça ne va pas si vite que ça, que le bateau se remette à l'endroit. Pour moi ça a été une constante. Que le bateau revienne en excellent état. Et il est en excellent état, à part un étai de solent. Pas grave ajoute le préparateur en plaisantant, de toute façon tu n'aurais pas su le remonter. Pour le reste pas de problèmes particuliers dans le grand sud. Des empannages sauvages quand même. C'était ma hantise par ce qu'on a toujours peur de casser. J'avais m'a retenue de baume toujours tendue au maximum à cause des conditions particulières dans lesquelles je faisais cette course. Un empannage sauvage c'est une heure et demie de manoeuvre. D'abord tu t'habilles, par ce que tu ne vas pas sortir en pyjama rose. Ensuite tu t'attaches, car le bateau gîte entre 45° et 60°. Tu vides les ballasts d'un côté et transfert de l'autre. Car tu as trois tonnes qui poussent du mauvais côté et il faut d'abord retrouver une assiette convenable. Ensuite tu reprends ta voile et tu vois si tu ne dois pas refaire un empannage. A chaque fois que j'ai eu un empannage sauvage c'est la centrale (des pilotes Geneviève, la partie informatique qui intègre données vents, route, vitesse, pour maintenir le cap du bateau) C'est la centrale qui a lâchée? Et ça mon charmant propriétaire devait le savoir qu'il y avait un problème sur la centrale ? D'ailleurs à la fin j'ai débranché les instruments pour être plus stable.

 

- Comment avez-vous géré le sommeil ?

Pas de problème, je dois avoir une adaptation naturelle... Ah si... J'ai eu aussi un problème de maux de tête au début de la course Ah le monstre n'est pas parfait ! Ndlr). Je me suis dit mais Charles qu'est ce qui t'arrive, tu n'as jamais eu ça. Un truc auquel je n'avais pas pensé. Je suis parti sans oreiller. Et sur un bateau en carbone, même qu'en tout va bien il y a des vibrations en permanence. Et moi ça me faisait vibrer l'intérieur de la tête quand je la posais sur la cloison. J'ai un casque à bord. Un casque léger comme pour le roller, pour monter en haut de mât. Je l'ai mis et n'ai plus eu de maux de tête. Ca arrêtait de vibrer à l'intérieur.

 

- Et les glaçons ?

Je n'ai pas eu de problème non plus. En raison de mon statut particulier, je suis passé bien au nord. Mon point le plus haut dans le sud, c'est le cap Horn, mais là on ne peut pas faire autrement.

 

- Le Horn justement, vous l'avez vu ?

Non je suis passé de nuit dans des conditions pas très clémentes. J'ai une anecdote d'ailleurs au sujet du Horn. Je l'ai passé en même temps que Dick et Mac Arthur. Patricia a fait appel aux deux équipes pour savoir si un hélicoptère pourrait faire des images de mon bateau en même temps. La seule réponse est un mail de l'équipe Mac Arthur. Ranges toi, il y a Hélène qui arrive. (ce n'est pas tout à fait les termes du mail dont Patricia m'avait parlé précédemment, mais ça revient au même, ndlr)

 

- A quoi pense-t-on quand on a passé le Horn ?

On pense que ce n'est pas fini, qu'il reste 35 jours. Et les pires conditions de vents, je les ai eus après le Horn des vents de plus de 70 noeuds. Mais je ne suis pas le seul. J'étais à proximité de Molloney quand il a perdu sa quille. Je l'ai fait savoir tout comme j'étais le plus proche de Wavre quand il a eu son incident dans le pacifique.

 

- Et dès à présent vous préparé l'Everest ?

Oui mais l'Everest c'est avant tout du mental et du physique. Parmi les trois projets, c'est celui pour qui ceux qui me connaissent ne se disent pas que c'est pure folie. Ce qui n'était pas le cas pour le Dakar et je ne parle pas du Vendée Globe.

 

-Vous avez déjà fait des expéditions dans l'Everest ?

Oui j'ai déjà fait un ou deux petits sommets... (7 300 et 7 500 mètres m'avait dit Patricia ! ndlr)

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Je voulais te dire, j'ai fait un rêve exceptionnel.

 

Je vais mettre en ligne des photo perso sur un blog: http://spaces.msn.com/members/lautrevie/

 

Samedi 19 février 2005

 

Je trouvais que Patricia, qui a pourtant les clefs de la maison, ne donnait plus beaucoup de nouvelles sur le blog de son mari Charles Hedrich parti autour du monde en marge du Vendée Globe ... et pour cause ... elle travaillait d'arrache pied à faire un site officiel que vous pouvez retrouver à l'adresse : http://www.charleshedrich.com/  

 

PS : DomH était aussi en attente des positions pour mettre à jour ses superbes cartes, retrouver les dernières positions communiquées sur http://hausser.ch/IMG/jpg/Objectif3_VG2004-2005.jpg

 

 

Mardi 1 février 2005

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Charles Hedrich, parti hors course du Vendée Globe, se rapproche de l’Equateur,   bord à bord avec Joe Setten , et se prépare à éviter les zones de calme du Pot au Noir. Il profite des accalmies relatives pour réparer la casse. Il est attendu sur la terre ferme la deuxième quinzaine du mois de février. Denis Horeau, le directeur de course du Vendée Globe, l’a informé qu’ il ne l’accueillerait pas aux Sables d’Olonne. Le skipper d’Objectif 3 n’a pas encore pris sa décision.

 

Après les conditions de navigation difficiles rencontrées dans l’Océan Indien et dans le Pacifique, Charles Hedrich et Objectif 3 soufflent un peu depuis qu’ils ont franchi le Cap Horn. C’est l’occasion de réparer les diverses avaries qui se sont déclarées. Début janvier, les deux pilotes automatiques, le principal et celui de secours, avaient déclaré forfait juste avant le Cap Horn. Une réparation temporaire avait permis à Objectif 3 de poursuivre sa route à vitesse réduite et dans des conditions de navigation précaires. Mais lorsque la mer devenait très forte, Charles était contraint de barrer en permanence. Après le passage du Cap Horn,  le skipper a profité des accalmies pour réparer définitivement les pilotes. « Trois heures le nez dans l’électronique au détriment de la progression », dans la course au large il faut savoir trancher dans les priorités.

Et lorsque les instruments de mesures refusent définitivement de fonctionner, Charles navigue à l’ancienne ce qu’il, au bout du compte, apprécie. Mais ce type de panne  reste  « une épée de Damoclès, très usante pour les nerfs. Si l’on est en régate, la course est finie ».

 

« Des pointes à 65 nœuds »

Après le passage d’un  grain, Charles a constaté que l’étai de solent, au pied du mat, était démis. Le skipper d’Objectif 3 a dû se rapprocher de la côte, plus au calme, pour réparer. L’étai remis en place, il a fallu consolider l’ouvrage avec du carbone. La réaction chimique a été terrible : « Une épaisse fumée s’est formée et j’ai dû tout jeter par-dessus bord avant que cela ne dégénère ! » La liste des réparations est longue. Le génois, qui s’était décousu en deux endroits, est en lambeau et s’est enroulé autour du câble. Seule solution :  grimper en haut des 26 mètres du mât pour le couper. Un baptême incontournable pour les candidats au tour du monde. La première tentative s’est soldée par un échec et Charles a dû battre en retraite en raison d’un grain trop important. Il s’est ensuite parvenu à se hisser par l’étai du génois, a coupé les bouts flottants au vent et entouré les lambeaux avec du scotch américain.

Par ailleurs, La météo s’est avérée plus forte que prévu ces 15 derniers jours. « Le vent n’a jamais soufflé aussi fort, avec des pointes à 65 nœuds. Refermer la porte d’entrée est une vraie lutte tant les rafales de vent sont puissantes ». Enfin, les coupures Internet compliquent considérablement le téléchargement des fichiers météo, ce qui mobilise le skipper pendant plus de deux heures pour un seul fichier.

 

Pas d’accueil aux Sables d’Olonne ?

Charles a appris par un article paru dans Ouest France le 17 janvier que Denis Horeau, le directeur de course du Vendée Globe, écartait la possibilité de l’accueillir aux Sables d’Olonne. Cette information l’a réellement surpris dans sa solitude, lui qui aura -si tout va bien- réussi un tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale. Le 20 janvier au soir, Denis Horeau a finalement pris contact avec le skipper d’Objectif 3 pour lui confirmer ses propos. Charles Hedrich  n’a pas encore décidé quel sera son port d’arrivée.

 

Par ailleurs, Charles a été très touché par le décès de Silvio Méoni, intervenu au cours du Dakar 2004, et qu’il avait eu le plaisir de croiser dans l’édition 2003 ou dans les rallyes raids 2002. Et de lui rendre hommage :  « J’ai eu une pensée pour lui, pour ce sportif déterminé qui aimait tant l’aventure et qui l’a payée au prix fort ».

 

Le skipper d’Objectif 3 devrait achever son tour du monde avant la fin du mois de février, réalisant ainsi son deuxième objectif. En Janvier 2003, il avait bouclé le Dakar en 400cm3. Son dernier challenge, l’Everest, reste toujours d’actualité. Mais Charles prend goût à la mer et envisage ensuite un nouveau défi : battre le record du tour du monde en multicoques.

 

 

Contact : Patricia Hedrich. Tel. 06 80 01 63 27 / 04 50 93 04 21

Email. Objectif3.premieremondiale@wanadoo.fr

Mercredi 19 janvier 2005

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE 

Cap Horn : le rendez-vous des aventuriers

 

Charles Hedrich (Objectif 3), Jean-Pierre Dick (Virbac) et Ellen Mac Arthur (Castorama) ont franchi tous trois le Cap Horn dans les dernières 24H. Parti hors course du Vendée Globe le 19 Octobre, Charles Hedrich a été doublé par les premiers concurrents de la course  le 26 décembre, au large de la Nouvelle Zélande. Profitant d’une accalmie dans le Pacifique, il s’est offert un « footing régénérant ».  Il y a deux ans, cet ancien officier de la marine marchande décrochait la 6eme place du Dakar en moto dans sa catégorie : 400 cm3.

 

 

Quel est le point commun entre le coureur du Vendée globe Jean-Pierre Dick, Charles Hedrich, parti hors course et Ellen Mac Arthur qui tente actuellement de battre le record autour du monde en solitaire et sans escales de Francis Joyon ? Le Cap Horn bien sûr, le rendez-vous mythique des grands aventuriers de la mer. La démonstration par l’absurde a été faite hier soir, les trois improbables compagnons de route ayant rejoint dans une tranche de 24 Heures l’Océan Atlantique à seulement quelques heures d’intervalles.

 

Depuis près d’une semaine, Objectif 3 affronte une sévère dépression, aux côtés de Virbac de Jean-Pierre Dick qui a lui cassé sa bôme. Charles Hedrich privilégie la sécurité mais progresse à un rythme soutenu. Il a franchi l’Equateur le 7 novembre,  passé le Cap de Bonne Espérance le 23, puis le cap Leeuwin le 10 décembre et enfin le Cap Horn cette nuit. Une performance tout à fait honorable pour un néophyte de la course au large.

 

Pilotes automatiques défaillants

Cette partie de la course fut éprouvante pour le marin et pour le matériel. Le 2 janvier le bateau s’est encore a moitié couché. Au début de l’Océan Indien, une déferlante avait déjà roulé le 60 pieds à 90°. Une lampe torche a été emportée et un projecteur de pont a rendu l’âme, ce qui complique les manœuvres de nuit. Le génois, l’une des voiles qui sert le plus actuellement, s’est décousu à deux endroits en faseillant. Que faire ? Attendre qu’il s’explose totalement ? Le rouler définitivement ? Ou monter au sommet du mat pour l’affaler ?

Enfin, les deux pilotes automatiques du monocoque, le principal et celui de secours, ont  tous deux lâché début janvier. Très délicat  alors d’abandonner la barre. «Difficile de réparer dans ces conditions », peste Charles Hedrich. « Lorsqu’on est à la barre, on n’est pas ailleurs. Et puis comment croiser les informations  pour trouver la solution ? Comment tester la réparation ? C’est ça la vraie solitude ! » Le 5 janvier  toutefois, Charles est parvenu à réaliser une réparation satisfaisante. Mais le pilote reste capricieux : lorsque le vent souffle, le bateau peut brusquement devenir incontrôlable et les risques de casser le mât sont alors très importants. Dans de telles conditions, dormir est une gageure. Cette épée de Damoclès génère un fort stress nerveux.

 

 

Un « footing régénérant »

La traversée du Pacifique s’est cependant avérée plus sereine que celle de l’Océan Indien. Elle a offert un peu de calme à Charles qui peut enfin lever la tête et prendre le temps de se regarder : « Je ressemble à une bête sauvage avec mon épaisse moustache et mes cheveux coupés courts, mais seulement par endroit. Pas facile d’être un bon coiffeur sans miroir, ni assistance … » Ce néophyte de la course au large savoure la vie à bord et prend goût à cet environnement si particulier qui lui devient, au fil des jours, de plus en plus familier. Le 25  décembre au matin, Charles s’est même offert un « footing régénérant » sur son 60 pieds. Durant une petite heure, torse nu, il a enchaîné méthodiquement une série d’allers-retours de 18 m, la mer étant enfin praticable.

 

Bien qu’il soit hors course, Charles Hedrich compare chaque jour la progression des concurrents du Vendée globe. Il connaît par cœur leur classement et s’efforce de maintenir sa position. Sportif polyvalent il réclame aussi le classement de la coupe du monde de ski alpin, en bon moniteur de ski, et se prépare à entraîner ses trois fils à la compétition dès son retour. Enfin, il n’oublie pas le classement du Dakar.

 

Objectif Trois première mondiale

Les 25 et le 31 décembre ont réchauffé le cœur du solitaire. Au regard du chemin parcouru, Noël a été une vraie fête. Le passage à la nouvelle année a été célébré deux fois, compte tenu des 12 heures de décalage entre les deux hémisphères. Ce fut aussi l’occasion de se rappeler qu’il y a tout juste deux ans, Charles Hedrich affrontait le désert du Dakar en 400cm3 et accomplissait ainsi son premier objectif. Après ce tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale, Charles Hedrich défiera l’Everest. Une trilogie que personne n’a jamais réalisée.

 

Prochain communiqué : début Février

 
 
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