Après 1 mois de course : les premiers abandons

Publié le par Nam

Chers tous,

Voici la nouvelle édition du Canard du Vendée avec tenez-vous bien pour commencer un SCOOP, une info capitale qui est passée inaperçue dans l'actualité de cette semaine !!! Sinon je vous propose une nouvelle fois de vous plonger avec moi dans cette aventure qu'est le Vendée Globe : abandons, avaries, une course qui fait rêver, concours de bricolage, les surfs dans le sud (et oui encore, c'est quand même pour ça qu'ils sont venus !) et un article technique très court sur les radars.

Bonne lecture à tous,

 

Le scoop !!!

Cette semaine pendant que les connurent du Vendée Globe affrontent les mers du sud en solitaire à la barre de leurs voiliers, Jean-Pierre Raffarin a faillit chavirer, oui vous avez bien lu : 'Jean-Pierre Raffarin a faillit chavirer' en empruntant une pénichette sur la Seine. L'eau est froide au mois de décembre, INCROYABLE, non ?

J'ai appris la nouvelle dans la chronique "C'est dans le journal" du jeudi 09/12/04 tenue par Jean-Yves Chaperon et entendue sur RTL au volant de ma voiture au cours d'un déplacement professionnel. Imaginez ma stupéfaction, voici un extrait de la chronique :

"Le Parisien nous raconte que hier soir, la navette fluviale Bercy-Matignon qui emmenait sur la Seine Jean-Pierre Raffarin et trois ministres que sont Jean-François Coppé, Dominique Bussereau et Hervé Gaymard a failli chavirer, prise dans des remous. Il paraît que le chef du gouvernement est resté stoïque".

Je n'ai pas retrouvé l'info dans le Parisien mais par contre pour vous garantir que c'est n'est pas de l'intox voici mes sources (voir aussi la PJ car j'ai des doutes sur la persistance de ces pages web) :

- http://www.rtl.fr/rtlinfo/info_chroniquesint.asp?chroni_id=244080  

Quand je vous dis que tout est relatif ! Donc si quelqu'un vous demande "c'est quand même drôlement dangereux de faire le tour du monde en solitaire à la voile, non ?" Vous pourrez répondre sans sourciller "Ah bon pourquoi ? C'est pas plus dangereux que de prendre un bateau mouche sur la Seine".

 

Avaries et Abandons : le bal est ouvert

Cette semaine pas de nouvelles du classement, après juste un mois de course l'actualité est ailleurs et prend la forme d'une question "qui reste en course et dans quel état ?"

- 1er abandon : mon photographe préféré Hervé Laurent (safran arraché au ras de la coque / cause : OFNI / début d'Océan Indien / parades : avoir des safrans relevables ou avoir un safran de secours)

- 2d abandon : Alex Thomson (vit de mulet arraché et trou béant sur le pont / cause : au près dans 60 noeuds de vent / début d'Océan Indien / parade : ne pas y aller, les autres concurrents sont passés au nord de la dépression là où les vents sont portant)

- 3e abandon : Norbert Sedlacek (Brother) (quille pendulaire risquant de partir par le fond / cause : au près dans 60 noeuds de vent / Atlantique Sud / parade : aucune le matos peut avoir des faiblesses)

Avaries de cette semaine :

- Conrad Humprhreys (Hellomoto) : safran diminué de moitié, remplacé au mouillage

- Joé Seeten (Arcelor) : safran arraché, changé en mer (!)

- Jen-Pierre Dick (Virbac) : plus de générateur pour fabriquer de l'énergie électrique

- Raphaël Dinelli (Les vérandas) : étai cassé (câble tenant le mat sur l'avant), son mat menace de tomber.

Et oui les choses sérieuses ont commencées et c'est maintenant qu'il faut tenir le coup physiquement comme matériellement ou encore sur le plan psychologique car après l’Afrique du Sud, pas d'arrêt au stand possible avant l'Australie ou la Nouvelle Zélande. Il s'agit maintenant de franchir un désert liquide long de plusieurs milliers de kilomètres …. Je vous conseille de jeter un oeil à une carte pour prendre la mesure du défi !

 

Une course qui fait rêver ... même les meilleurs !

Philippe Poupon qui comme beaucoup de coureurs (et de non coureur ... suivez mon regard) vit au jour le jour la course, était présent à la vacation ce mercredi 8 décembre. Philou c'est à lui tout seul un pan entier de l'histoire nautique à travers de nombreuses victoires et surtout la célébre saga des "Fleury Michon" sur une ou plusieurs coques.

Par exemple Philou c'est 2 participations au Vendée Globe. 1ière édition du Vendée Globe : abandon dans des conditions épiques qui resteront longtemps gravées dans nombres de mémoires : Fleury Michon couché sur le flanc les 2 mats dans l’eau, dans les parages de l'Afrique du Sud lors de la descente de l'Atlantique, le ketch immobile dans une position d'équilibre parfait théoriquement impossible pour un voilier rapport à sa quille et à la loi 'culbuto' ! Après 36 heures passées à la verticale, c’est Loïck Peyron (à qui ont doit des images hors du commun) avait remorqué Fleury Michon. Les efforts conjoints du remorquage dans l'axe du vent et la tentative désespérée de Philou sciant son mat d'artimon étaient venus à bout de cette situation extraordinaire. Puis Philou termine troisième lors de la deuxième édition du Vendée Globe.

Et bien figurez-vous que Philou a avoué du bout des lèvres (il est discret le garçon) que l'envie d’être au départ dans quatre ans le démange très sérieusement.

 

Concours de bricolage : réparation de safran (et de la problématique "quand publier un article ?")

Conrad percute un OFNI, une de ses pelles de safran est arrachée, il mouille dans une baie du Cap de Bonne Espérance et se jette à l'eau pour réparer en montant son safran de secours. Moi impressionné je me dis ben voilà un mec qui gagne a être connu, plutôt fort l'animal c'est vrai qu'on connaît bien (chauvinisme oblige) les coureurs franco-français et un peu aussi les 'stars' étrangères (comme Mike Golding qui a quand même établit le record du tour du monde en solo et sans escale à l'envers contre les vents dominants...) « ce Conrad il est fort va falloir que je le suive de plus prêt ... » et je m'apprêtait à faire une chronique dithyrambique sur le monsieur et puis patatras tout s'écroule car un peu plus tard ... lisez plutôt.

Joé Seeten (Arceleor-Dunkerque) :« J’ai heurté quelque chose, c’est comme ça. Toute la pelle dans l’eau a été arrachée, la mèche coupée net au ras de la coque. Là, je viens de mettre mon safran de secours. C’était un peu une usine à gaz pour tout mettre en place, surtout qu’il y avait encore 20 nœuds de vent et environ deux mètres de creux. J’ai fait au plus vite, j’avais peur de me faire rattraper par l’anticyclone… J'ai remis en route à 8 heures ce matin sans jamais arrêter le bateau, sauf pendant 20 minutes pour enfiler le safran. Vous savez, c’est moi qui prépare mon bateau. Les safrans, je les monte et les démonte régulièrement, souvent lorsque le bateau est dans l’eau. J’ai donc révisé la question. Mais c’est vrai qu’avec Conrad (Humprhreys NDLR), nous avons exactement le même système… ».

Mêmes causes, mêmes effets, même matos mais pas du tout mêmes bonhommes. Joé l'avoue "J'avais révisé un peu pour maîtriser ce genre d'avarie". Morale de l’histoire : Conrad a fait fort mais Joé l'écrase à plate couture ... encore une fois tout est relatif !

 

Les grands surfs du Sud : y sont là ou pas ?

Vincent Riou (PRB) "Nous sommes en avant du front perturbé. Plus on reste devant, mieux c’est. Ce matin, j’ai eu des supers conditions pendant deux heures avec une mer Ÿ arrière et 28 à 30 nœuds de vent. Le bateau avançait à 20 nœuds tout le temps. Mais ce sont des conditions de glisse qu’on ne trouve pas beaucoup."

Faut vraiment en vouloir non ? Les mecs ils partent 3 mois autour du monde et avec un peu de chance certaines journées ils arrivent à avoir 2 heures de navigation sympa : la coque qui part au surf dans les vagues et les voiles qui surfent sur le front d'une dépression. C'est clair l'être humain a vraiment une faculté unique : faire abstraction des pires moments pour ne conserver en mémoire que les moments de bonheur. Sinon comment expliquer qu'autant de navigateurs y retournent dans cette 'bouilloire' de l'océan Indien ?

Il paraîtrait d'ailleurs que ce meilleur qu'ils sont venu chercher est à venir ... Le même Vincent, qui vient de gagner sur ce tour du monde le surnom de Vincent "Le Terrible" (copyright Jean Le Cam depuis le début de la course) : "On m’a parlé d’un Pacifique plus clément avec une belle houle et des surfs. J’ai hâte d’y arriver car ici (ndlr l'Indien), c’est un peu la survie. Je me demandais hier comment je ferais pour naviguer dans cet océan en équipage. Quand appuyer sur l’accélérateur ? L’Indien, c’est vraiment une mer pourrie."

 

Du bon usage des radars et les contraintes que cela impose (article technique, niveau : confirmé)

Vous l'avez compris grâce au précédent article sur Jean-Pierre Dick et ses problèmes d'énergie le radar est le meilleur ami de l'homme : il détecte les cargos, les adversaires, les grains, les icebergs et assure conjointement avec le pilote automatique la bonne marche du bateau pendant que le marin solitaire s'abandonne à un repos bien mérité en mode polyphasé (c'est à dire un sommeil découpé en tranches de 20 min à 1h30 comme nos ancêtres qui restaient ainsi en éveil pour faire face aux dangers des bêtes sauvages, garder un oeil sur le troupeau, rallumer le feu et j'en passe ...). Rien n'est assez beau pour garantir le bon fonctionnement de cet 'oeil du capitaine'.

- Pour augmenter la portée des radars, les coureurs les installent en hauteur dans le mat mais avec l'angle de gîte les radars ne sont plus horizontaux ! Solution : monter les radars sur cardans !

- Les voiles je te les fabrique en carbone ou en kevlar ? Mike Golding (Ecover) « Dans la précédente édition, j’avais utilisé des voiles en carbone et j’avais rencontré des problèmes puisque le radar ne pouvait pas voir au travers. Maintenant, nous sommes de retour au Kevlar, en partie parce que le gain en performance ne vaut pas le coût supplémentaire du carbone. Mais aussi et surtout parce que la capacité de notre système de communication à passer à travers les voiles était primordiale. »

A bientôt,

Publié dans Vendée Globe 2004

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